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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 12:16

Une certaine forme de compassion « aimante », quoique insidieusement méprisante, sera certainement plus efficace, au sein d'une stratégie guerrière, si elle est dirigée « contre » l'ennemi, que la haine pure qui projette de prendre les armes. De même, s'il s'agit d'humilier profondément l'adversaire, le cynisme le plus cinglant sera une arme bien faible, comparée à la surpuissance de la pitié aristocratique, prodiguée à de pauvres, médiocres individus, auxquels on ne souhaite pas accorder l'honneur de sa propre détestation (il s'agirait de réserver sa haine pure à de plus nobles ennemis).

« Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ». Si l'on y réfléchit, cette sentence, adressée à Dieu, aux disciples, comme aux ennemis, est d'une efficacité guerrière redoutable. Elle est en outre le cynisme porté à son extrémité, et qui se renverse en « amour », amour pas moins humiliant pour l' « aimé » misérable, seulement digne de pitié, de pardon.

La « non-violence », l'être-compatissant face à l'ennemi, celui du Nazaréen, de Gandhi, ou de Martin Luther King, est de fait l'ultra-violence, l'arme de destruction symbolique, massive, absolue : elle humilie plus que tout cynisme, et détruit infiniment plus l'adversaire, aux yeux des guerriers acquis à la cause, et aux yeux dudit adversaire lui-même, que la haine la plus pure conjuguée à la force la plus brutale.

Jésus le premier était de fait d'une méchanceté ultime, son amour est la haine, la soif de destruction et de domination, portées à une telle puissance, qu'elles se renversent en compassion dégagée atomisant psychiquement quiconque fait face et répond à cette « non-violence » omnipotente par la violence physique bête et méchante (Jésus comme aïkidoka).

En outre, Diogène lui-même, le grand cynique, est un « petit joueur » en comparaison de ce Jésus... lequel Jésus réalisa les plus hautes aspirations du plus terrifiant cynisme, et ce dans la joie et la bonne humeur (sans pour autant, d'ailleurs, se sentir obligé de se masturber physiquement sur la place publique).

Jésus est le plus grand chef de guerre de l'histoire, ainsi que le plus grand humiliant. En lui le Dieu juif destructeur et vengeur aurait manigancé son ultime ruse...

Néanmoins, sa stratégie a eu aussi des limites : sans auto-défense, on finit par s’exposer à une mort possible. Dans une perspective de pluralité des tactiques, on retiendra sa leçon grandiose. Mais on éviter à l’avenir de tendre l’autre joue. C’est la défaite assurée, puis la vengeance (inquisition, patriarcat, colonisations, capitalisme).

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Published by ben - dans Ethique

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