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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 13:50

Cet article montre les analogies entre Hegel et la série indigente "game of thrones". Hegel est une pensée de la destruction (son Aufhebung put engager l'extermination des juifs), et structurellement patriarcale.

L'article n'émet pas de critique directe, mais montre simplement les analogies de structures entre la pensée hégélienne (de la destruction) et la série.

Les séries américaines diffusent des messages capitalistes qui peuvent s'appuyer sur des structures typiquement négationnistes.

On notera que, de façon lamentable, les altercapitalistes nationalistes de Podemos seront fascinés par cette série crypto-fasciste.

Les deux émissions ci-dessous, avant analyse, précisent les questions de l'antisémitisme de Hegel, et de la structure patriarcale-coloniale du complexe académique hégélien.

On notera finalement que la vedette indigente Markus Gabriel "louait" le "mérite" des séries obnubilantes états-uniennes, comme collaborateur dans le désastre. Ci-dessous, une critique radicale de ce pseudo-penseur. 

La "pop philosophie", abjecte et dérisoire

1. L’esprit dans Game of Thrones

Selon la Phénoménologie de l’esprit de Hegel, la raison est l’esprit en tant que la certitude d’être toute réalité est élevée à la vérité. Le mouvement de la raison est le devenir de l’esprit. L’esprit est essence en et pour soi qui à soi est effective comme conscience et se représente à soi. Ainsi le mouvement de Game of Thrones est un moment de l’esprit allant vers soi : il tend vers l’état de droit constamment, soit vers la raison réalisée dans le peuple, sans pour autant y parvenir, pour l’instant. Varys incarne cet idéal.

L’essence spirituelle est la substance éthique. L’esprit est l’effectivité éthique, le Soi de la conscience effective à laquelle il fait face, ou qui se fait face comme monde effectif objectif. Chaque personnage de Game of Thrones tend à se retrouver soi dans l’essence-commune qui fait face, dans la mondanité publique qui fait face : ainsi Tywin Lannister cherche constamment à projeter son nom, son blason, sur l’être effectué public. Il devra en passer par le sacrifice de sa singularité.

La substance est le fondement non dérangé et non dissous, le point de départ de l’agir de tous. L’esprit étant l’égalité à soi juste, inflexible, la substance est l’essence du bien se sacrifiant, en laquelle chacun accomplit son œuvre propre et en prend pour soi sa part. La substance est l’être dissous dans le soi, l’essence vivante et effective. En la substance, chaque personnage de Game of Thrones peut maintenir son agir : cette substance est le trône de fer lui-même, comme symbole. L’esprit est le mouvement par lequel ce trône se réalise positivement, tout en restant égal-à-soi-même.

L’esprit est l’essence réelle absolue qui se porte soi-même, soit l’essence comme dissolution des moments qui sont la certitude sensible, la perception et l’entendement. La conscience qui est face à l’objet est dissoute en l’esprit. Ainsi Brandon Stark, le zoman, transcende-t-il le percevoir immédiat vers la vision animale de son destin. Il est lui-même le monde, tout comme le monde est lui-même.

L’esprit comme conscience est à soi effectivité vivante, objective : le zoman. L’esprit comme autoconscience est son objet et son être pour soi : Tywin Lannister, qui se projette dans l’Etat. L’esprit comme raison est conscience immédiate de l’en-soi-pour-soi : Varys et son idéal. Varys a l’objet comme déterminé rationnellement en soi, par la valeur de la catégorie.

L’esprit est la vie éthique d’un peuple, comme vérité immédiate. Il est l’individu qui est un monde. Il sursume (Aufhebung) la belle vie éthique. La belle âme est dépassée et conservée par la vie éthique du peuple. Dans l’esprit, la justice comme effectivité peut se manifester : Varys, dans sa fourberie, dans sa façon de se salir constamment les mains, préserve l’Etat, le droit, et l’équilibre des forces en présence.

Le monde éthique vivant est l’esprit dans sa vérité. Mais l’éthicité se perd dans l’universalité formelle du droit. L’esprit dès lors est dédoublé : il y a, d’un côté, le royaume de la culture (objectif), et, de l’autre, le royaume de la foi (essence). Les dieux et les hommes s’opposent, les intérêts sont contradictoires. Un homme de la garde de nuit, ainsi, devra parfois violer la loi sacrée des dieux, pour préserver les intérêts politiques de ses supérieurs, et pour préserver l’Etat en général, ou le royaume des sept couronnes.

2. L’éthicité

Il s’agit d’abaisser l’essence à l’effectivité. Ce que représente en soi le trône de fer est un symbole, une image, une représentation. Son devenir-esprit, son effectuation, ce sont les personnages qui doivent l’accomplir. Chaque combat singulier, pour être compris dans sa vérité, doit être ramené à l’essence-commune qui est l’idée du trône, mais celle-ci ne trouve sa réalisation que dans chaque combat singulier. C’est ainsi que, malgré eux (cela se fait derrière leur dos), les personnages de Game of Thrones concourent à une même fin. Lorsqu’ils l’auront compris (quoique certains, morts, ne pourront l’appréhender), l’esprit sera achevé, ainsi que la série, très certainement.

L’essence éthique est différenciée : il y a la loi humaine et la loi divine. Le déclin de ces puissances, ou de ces masses éthiques, est leur accomplissement. Ce déclin est leur unification. Lorsque les dieux des sept couronnes, ou le Dieu de Stannis, ne font plus de l’ombre aux hommes, et lorsque les hommes ne font plus violence au sacré, alors s’achève l’éthicité concrète de l’esprit. Ici encore, c’est une autre manière de dire que la série peut se finir (si du moins elle tend vers une résolution finale satisfaisante rationnellement).

3. Le monde éthique, la loi humaine et la loi divine, l’homme et la femme

Il y a une opposition entre la loi humaine et la loi divine, donc.

La loi humaine est l’autoconscience en général, et non la conscience contingente singulière ; elle est la substance effective, l’essence-commune, l’esprit pour-soi qui se maintient dans la contre-apparence des individus, la conscience effective, qui est celle du citoyen du peuple, l’effectivité dans le peuple total, dans un esprit qui existe et vaut. Le représentant éminent de la loi humaine est Tywin Lannister : il est conscient de lui-même, de son nom ; il sacrifie son individualité au gouvernement, à l’essence-commune ; il imprime sa marque dans ce qui est public et visible pour tous, en tant qu’homme viril au sens strict.

La loi divine est violence faite à l’encontre de l’être pour soi individuel. La loi divine est substance immédiate ou étante, elle est le concept intérieur, la possibilité universelle de l’éthicité en général, elle est l’essence-commune éthique naturelle, soit la famille. Le personnage qui incarne éminemment la loi divine est Cersei Lannister : elle fait violence à son père, en tant qu’elle oppose à son intérêt humain l’amour sacré d’une mère pour ses enfants. Ses intérêts de mère, de femme et de sœur, renvoient à la possibilité en général de faire advenir l’éthicité du fils, du mari, et du frère.

La relation du membre singulier à la famille est une relation à la famille totale. La finalité est d’abord l’acquisition et le maintien de la puissance et de la richesse. Toutefois ce désir est médiat : il ne concerne pas la famille. Il s’agit ici de tirer la naturalité et singularité vers la vertu, pour l’universel. Un tel désir est bien celui de Tywin Lannister. C’est un pur blason familial qu’il faut élever à la dignité de l’immortalité liée à quelque empreinte en l’essence commune. La famille, qui est sous la garde de Cersei, toutefois comme symbole, est sous la tutelle de Tywin. Nous sommes ici bien sous le principe de la loi humaine, il ne faut pas s’y tromper ; et l’opposition entre le divin et l’humain, la famille et le gouvernement, est exacerbée dans un tel mouvement : Tywin paraît empiéter sur les prérogatives de Cersei.

A dire vrai, la fin positive de la famille est le singulier comme tel. Ce singulier de la famille, comme essence universelle soustraite à l’effectivité sensible, concerne le mort rassemblé dans la figuration. Tywin en tant que singulier, une fois mort, rassemble le blason qu’il a porté toute sa vie, et achève sa symbolique : un destin est tracé, et la loi humaine semble rejoindre la famille comme abstraction.

Mais c’est seulement comme citoyen que le singulier est effectif et substantiel. Le singulier lorsqu’il appartient à la famille et n’est pas citoyen, est seulement l’ombre ineffective sans moelle. Pour les vivants, pour les hommes vivants, il s’agit de quitter la famille et de laisser son empreinte au sein de l’Etat, en tant que citoyen, ou en tant que conquérant politique. Le mort unifie loi humaine et loi divine, mais pour les vivants, ces deux lois demeurent opposées : ainsi, après la mort de Tywin, Cersei et Jaime peuvent s’opposer ; Cersei exigera par exemple que Jaime aille chercher leur fille commune, faisant passer les intérêts de la famille au-dessus des intérêts du royaume.

L’homme et la femme se connaissent : nous avons ici l’acte immédiat de se connaître d’une conscience dans l’autre et l’acte de connaître l’être reconnu réciproque. Il s’agit de l’acte naturel, et non éthique, de se connaître ; nous n’avons là qu’une représentation, une image de l’esprit, et non l’esprit effectif. Le connaître est aussi copulation, préservation de la famille : sensation de plaisir. Mais il peut s’élever à l’estime et au respect. Ainsi, Cat et Ned Stark ne se désirent pas initialement : mais par leur vertu, ils s’élèvent à la reconnaissance respectueuse de l’autre. Leur connaître naturel est aussi le symbole de la solidité de leur famille, d’autant plus s’il repose sur le sacrifice d’une sensualité purement jouissante. Ils sont dès lors l’image du royaume comme idéal (comme l’idéal de Varys).

L’image de l’esprit a son effectivité en un autre : en l’enfant, il y a un échange des générations, qui a sa permanence dans le peuple. Ce sont Sansa, Arya et Brandon Stark en lesquels Cat et Ned voient l’effectivité réalisée de leur union. Ils leur survivent d’ailleurs, si bien qu’ils auront à accomplir ou transmuer le destin que leurs parents ont aussi déterminé pour eux.

Il existe une relation sans mélange : la relation entre le frère et la sœur ; il y a ici un même sang, parvenu à son repos, ou à son équilibre. A priori, le frère et la soeur ne se désirent pas, n’ont pas donné à l’autre l’être pour soi, mais sont chacun individualité libre l’un en regard de l’autre. Cela étant, Jaime et Cersei consomment la relation incestueuse : c’est pourquoi il y a quelque chose de pourri à Westeros. La relation par laquelle doit advenir l’équilibre, l’éthicité-une et sans mélange, est précisément, dans Game of Thrones, mêlée à l’effectuation de l’image de l’esprit (l’enfantement). La psychopathie et la mort brutale de Joffrey est l’événement monstrueux en soi dans cette série. Non reconnu par son père biologique, qui ne se reconnaît pas en lui, et qui en outre est le régicide, celui qui viole la loi de l’essence-commune, le destin de cet adolescent précipite tout le royaume vers sa perversion absolue. Sa mort elle-même, qui laisse derrière elle un universel souillé, tant pour le peuple que pour la famille, fait plus de mal que de bien.

La sœur, la femme, la mère, incestueuse ou non, est de toute façon le féminin comme pressentiment suprême de l’essence éthique. Aux Pénates est attaché le féminin : le féminin intuitionne dans ces Pénates sa substance universelle, et sa singularité, non rapportée au plaisir. Ici bien sûr, Hegel est d’un sexisme patenté, fidèle à son époque, déplorable de ce point de vue. Mais pour ce qui est de décrire une histoire se déroulant dans une réalité féodale, Hegel est tout à fait à propos. Les affaires du foyer, Cersei s’en charge, et c’est ce qui fait sa force, c’est ce qui définit sa fonction. Elle renonce au plaisir, comme tout féminin à travers l’histoire, pour rendre possible l’éthicité du fils, du mari, du frère. Elle sert ainsi, indirectement, les intérêts du royaume, et la loi divine (le féminin, la famille) semble ici pouvoir s’accorder avec, ou compléter, la loi humaine (le masculin, le gouvernement). Une première unification possible est ici dessinée.

Ainsi la fille voit disparaître les parents avec une certaine quiétude éthique ; elle en vient à l’être pour-soi. Arya Stark à ce titre est un cas-limite : elle se réalise elle-même après avoir perdu ses parents. Mais ce n’est pas pour servir un foyer, mais pour combattre, « à la manière d’un homme ». Ici encore, une certaine « perversion », en vertu de l’éthique que portent les personnages de la série, et en vertu de l’éthique hégélienne, s’annonce : la loi divine de la famille est violée par le geste « masculin » d’Arya Stark. De même, Brienne de Torth viole cette loi depuis son enfance. Ici encore, quelque chose est pourri à Westeros : mais cette « pourriture », une forme de féminisme, est en fait certainement la clé d’une élévation à un moment émancipateur, post-hégélien et post-féodal. Daenerys Targaryen est l’incarnation de la possibilité de cette élévation. Elle affranchit d’ailleurs les esclaves, en même temps qu’elle affranchit son sexe.

Pour l’homme, singulier et universel se séparent : puisqu’il possède la force autoconsciente de l’universalité, il s’achète le droit du plaisir. Les grands seigneurs de Game of Thrones vont sans complexe côtoyer les bordels. Les prostituées, principe du plaisir singulier, sont la récompense pour le conquérant qui se sacrifie aux « intérêts » du royaume.

Le frère est le côté selon lequel l’esprit de la famille passe dans la conscience de l’universalité. La sœur est la gardienne de la loi divine, du foyer. Deux manières de se sacrifier : Sansa Stark et Robb Stark.

Les deux sexes surmontent ainsi leur essence naturelle et entrent en scène dans leur signification éthique. Mais la mort de Robb voit la balance pencher du côté de la loi divine en ce qui concerne les Stark. Néanmoins Sansa entre en politique avec Baelish. Et Brandon, le petit frère, ainsi que Jon Snow, portent la loi humaine et le blason de la famille Stark tel qu’il peut s’inscrire dans l’essence-commune.

Les enfants Stark visent le tout comme équilibre en repos ; en l’équilibre surgit une inégalité, mais il se trouve ramené à l’égalité par la justice, par cette justice du droit humain qui ramène à l’universel l’être étant pour soi s’écartant de l’équilibre. Ainsi Joffrey est-il tué, et Ned vengé.

Pour celui qui a enduré l’injustice, il peut la supporter ; son Erinye exerce la vengeance : son individualité, son sang, vit toujours dans la maison, sa substance a une effectivité qui dure. Ainsi Ned continue-t-il à durer. Baelish est l’instrument de cette vengeance, mais il est aussi l’allié de Sansa. Varys de son côté sauve Tyrion, qui fut l’époux de Sansa. La famille Stark, les enfants Stark, sont la clef : par eux l’esprit pourrait se réaliser, par eux le trône de fer comme symbole pourrait trouver son effectivité. Mais Varys soutient également Daenerys : l’éternelle ironie du féminin fomente son ultime ruse, son ultime inversion. En Daenerys, loi divine et loi humaine, Pénates et gouvernement, pourraient trouver l’unité. Une alliance entre un ou plusieurs Stark et Daenerys serait détonante. On suppose que Brandon Stark pourrait, en tant que zoman, aider Daenerys à contrôler ses dragons pour s’emparer du trône de fer et faire régner la justice. Mais ce n’est là que conjecture.

L’injustice relève de la nature : celui qui l’endure se tourne contre l’être, non contre l’essence- commune ; la conscience du sang de l’individu résout cette injustice : ce qui est arrivé devient une œuvre, quelque chose de voulu. Ni les Stark, ni Daenerys, qui ont perdu leur père, ne se tourneront contre le royaume comme essence-commune. C’est le destin comme nature qui a voulu cela : les êtres qu’il faudra tuer pour venger les morts ne sont pas des seigneurs, des individus virils ou politiques, mais des êtres renvoyant à une force, à une violence naturelle brute qu’il s’agit d’abolir comme contrainte. Cette violence faite au père est finalement voulue : elle transforme la vie en destin, en quête, en conquête.

Le moyen terme qui rassemble le tout éthique est bien l’union de l’homme de la femme. Union, donc, de Daenerys et de Brandon Stark ? La suite nous le dira.

4. La faute et le destin

Le destin terrible engloutit les deux lois. La violence de l’homme, ou la désobéissance de la femme, l’un ou l’autre l’emporte finalement.

Dans ce contexte, agir c’est être en faute : l’homme qui réalise son essence fait de toute façon violence à la femme. La femme qui réalise son essence désobéit de toute façon à l’homme. Ned Stark en choisissant de devenir main du roi se met en danger : sa femme le perd finalement, elle est anéantie, et les intérêts du foyer sont mis à mal. Cat Stark veut sauver ses enfants : elle met en péril les intérêts politiques de sa famille de ce fait. Seule l’abstention, le non-agir, seraient dans ce contexte pure innocence (mais alors l’innocence d’une belle âme).

Le crime, c’est de mouvoir l’immobile, de produire au jour le possible : l’essence est dédoublée, l’homme et la femme sont séparés. A vrai dire, parce que nous pâtissons, nous reconnaissons avoir failli : Cat comme Ned, tandis que l’une désobéit et que l’autre fait violence, souffrent, pâtissent du fait d’agir comme ils le font.

La victoire de l’une des puissances et de son caractère est l’œuvre inachevée qui progresse vers l’équilibre des deux ; car le droit absolu est l’égale soumission des deux côtés, substance éthique comme destin tout puissant et juste. Deux options envisageables donc : une seule femme assume loi divine et loi humaine (Daenerys). Ou bien l’équilibre sera établi par l’alliance de deux principes vengeurs justes, l’un masculin, l’autre féminin (Daenerys s’unissant à Brandon, par exemple).

L’essence-commune s’engendre son ennemi intérieur, en même temps essentiel, soit la féminité en général, cette ironie éternelle de l’essence-commune. Celle-ci change par l’intrigue la fin universelle du gouvernement en fin privée, transforme son activité universelle dans une œuvre de cet individu déterminé, et renverse la propriété de l’Etat en une possession et parure de la famille. Cersei dans sa relation à ses fils illustre parfaitement cela. Daenerys transcende cela : elle veut venger son père (fin privée), mais elle porte aussi un idéal pour l’essence-commune (fin universelle).

La sagesse sérieuse de l’âge mûr, morte à la singularité (au plaisir) et ne pensant qu’à l’universel devient dérision pour la pétulance de la jeunesse immature et objet de mépris pour son enthousiasme. Les enfants de Cersei tournent en dérision l’attitude de Tywin. Mais Daenerys elle aussi tourne en dérision l’universel dérisoire du roi fou, son père, et le porte à sa suprême puissance, avec la fougue de sa jeunesse. Brandon et Jon Snow, mais aussi Arya, transcendent les idéaux de petit fonctionnaire de leur père, grâce à leur énergie.

La guerre est l’esprit et la forme ou le moment essentiel de la substance éthique, la liberté absolue de l’auto-essence éthique par rapport à tout être-là. La guerre fait sentir la force du négatif : il s’agit par elle d’opprimer vers l’intérieur la singularisation des individus, et de demeurer auto-actif vers l’extériorité, le négatif ayant ses armes en l’individualité ; la guerre fait sentir cette force aux systèmes singuliers de la propriété et de l’autostance personnelle. Autrement dit, la guerre préserve les intérêts de la loi divine et de la loi humaine, simultanément : elle anéantit la prétention des singularités. La guerre est une bonne chose pour les Lannister comme famille : Tyrion et Jamie sont menacés et dévoilent leur soumission à l’essence-commune, au royaume, et portent ainsi la famille vers son universel. Ainsi également des Stark (même morts), des Baratheon et des Targaryen. La guerre est une bonne chose pour le royaume : c’est l’intérêt du peuple qui est défendu, au moins formellement, et non plus celui des membres singuliers des familles. Varys ainsi favorisera la guerre (il favorise la guerre de Daenerys).

Une guerre arrive donc. Et c’est pour le bien des sept couronnes.

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