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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 22:29

Pour aimer le plus profondément la vie, il faut commencer par affirmer la souffrance. C’est ce qui est le plus difficile. Lorsqu’une souffrance se présente à soi, une volonté d’en finir très souvent se manifeste. Ou encore : on voudrait se situer déjà après la souffrance. Pourtant nous pourrions comprendre que, pendant la souffrance, une intensité désirable veut se dire : cette réaction vive de notre corps, ou de notre âme, est un appel vers une libération.

Toute souffrance réveille quelque chose qui sommeille en soi depuis un certain temps, et qui veut se dire. La souffrance d’une rupture amoureuse, par exemple, est l’achèvement d’un mal-être qui hantait les anciens amants, et il faut que cet achèvement ait lieu. La souffrance sera ici l’explosion d’une tendance que l’on laissait sourdre douloureusement en soi, et elle est précisément la promesse d’une cessation de cette douleur. Il faut aimer cette souffrance, et en faire son trésor : il y a beaucoup de beauté en elle, car elle est comme un accouchement, et la certitude que quelque chose de nouveau se prépare.

Même la souffrance inutile, gratuite, insensée, peut être accueillie comme un don : elle est un rappel : la vie n’est pas chose à prendre à la légère, et tout grand malheur apporte sa part de révélation, précisément dans un tel contexte.

Affirmer la souffrance quand elle se présente : ne pas la fuir en souhaitant rejoindre plus tard un « monde meilleur ». Ne pas vouloir déjà qu’elle ait disparu avant même de l’avoir éprouvée.

Mais la formule exacte de l’amour véritable de la vie n’a pas encore été donnée ici. Cette formule est la suivante : « si tu devais avoir à revivre éternellement ta vie, à l’identique, fais en sorte que cela soit pour toi la plus belle des chances ».

Cette formule détermine deux choses : un amour effectif de la vie ; mais aussi : le fait de faire en sorte que ma vie soit la plus belle possible, à la manière d’une œuvre d’art.

Ce genre d’affirmation intervient dans les moments de grande joie. Mais dans les moments de grande joie, l’on se dit aussi : « toutes les souffrances que j’ai vécues auparavant ont aussi permis cette joie que je vis aujourd’hui ; j’affirme donc aussi la nécessité de ces grandes souffrances, puisque j’aime ce que je suis aujourd’hui, et, parce que je voudrais revivre une infinité de fois cette joie actuelle, je suis prêt également à revivre éternellement ces souffrances. »

Après avoir éprouvé de telles grandes joies, il se peut que l’individu de l’éternel retour éprouve à nouveau de grandes souffrances. Mais alors il pourra se dire : « puisque c’est ma plus grande joie qui m’a entraîné vers de telles souffrance, j’aime ces souffrances ; et, de même que je revivrai éternellement cette grande joie passée une infinité de fois, de même, je devrai bien revivre cette souffrance présente éternellement… ».

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