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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 20:30

Comme on le comprend dans ce texte, Alain de Benoist réchauffe des pensées éminentes (Hegel et sa critique de l'universel abstrait, Nietzsche et sa Généalogie de la morale, Marx et sa question juive) pour les mutiler et les simplifier à l'extrême. Hegel ne critique pas l'universalisme en soi, mais bien l'universel abstrait (certitude sensible, Phénoménologie de l'esprit), qui donne lieu à une indifférenciation de la pensée ; mais c'est pour mieux réhabiliter l'universalité concrète (éthicité) ; Marx critique le formalisme des droits de l'homme, mais il y a aussi un universalisme concret de Marx (internationalisme), ainsi qu'un authentique humanisme du jeune Marx. Nietzsche critique l'atomisme de l'âme judéo-chrétien, donnant lieu à l'idée abstraite d'Homme en soi, mais il ne faut pas oublier qu'il y a aussi un humanisme de Nietzsche, grand admirateur de Voltaire, et surtout un anti-nationalisme fervent du dernier Nietzsche. Il est totalement con de critiquer l'universalisme "en général" (ou encore la subjectivité "en général") sans avoir une démarche dialectique vivante et dynamique. Cela relève précisément d'une pensée abstraite, essentialisante, qui précisément prend racine dans le paradigme judéo-chrétien que prétend dénoncer Alain de Benoist. C'est pourquoi ce crétin n'est en fait qu'un idéologue, qui tort la signification des textes (qu'il est bien incapable de comprendre!) pour diffuser son petit message fascisant et nationaliste (nationalisme "européen"). Alain de Benoist, qui a soutenu par le passé l'Algérie "française" et le régime d'apartheid en Afrique du sud, est certes tout à fait cohérent lorsqu'il prétend nous libérer d'une forme de morale : en effet, lui-même étant une ordure notoire, un mec absolument infréquentable soutenant les pires horreurs dans le monde, il va de soi qu'il ne saurait être traversé une seule seconde par l'éthicité concrète! Sur ce point, la démarche est donc compréhensible. Mais il oublie aussi que Sade a pour maître spirituel Kant lui-même : l'immoraliste doit retenir la leçon du plus grand moraliste pour satisfaire ses pulsions (bonheur et vertu sont déconnectées) ; si bien que celui qui prétend se libérer de la morale (le "libertin" par exemple) reste sous la tutelle constante du moraliste, dans la mesure où c'est le moraliste qui a posé pour lui le diagnostic critique. Une petite révolte minable d'un cancre brouillon qui ne s'assume pas, et dont la médiocrité et à la mesure de la stupidité politique : voici le geste "libertin" d'Alain de Benoist.

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