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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 16:58

Recherche pédagogique autour de la possibilité de constituer le programme de philosophie de terminale en système, à partir d'un fil conducteur : la notion de liberté.

Recherche à l'usage des professeurs de philosophie.

Voici l'introduction de la recherche. Vous trouverez le texte intégral juste en-dessous, en pdf.

Introduction

Le programme de philosophie, pour les terminales générales et technologiques, est constitué d’une série de notions regroupées en grands thèmes. Une série d’auteurs de la grande tradition philosophique est également proposée dans le cadre de ce programme. C’est donc la pluralité qui prévaut dans le cours de philosophie de terminale : pluralité des points de vue et des thèmes abordés.

Le professeur devra contourner un écueil important : l’éparpillement. Si les élèves ont l’impression, tandis qu’il passe d’une notion à l’autre, qu’il n’y a pas de transitions possibles entre ces notions, qu’elles ne sont pas connectées entre elles, ils seront désorientés, et n’auront pas de conception synthétique de la philosophie, si bien qu’ils seront dès lors incapables de bien disserter.

Un premier objectif pédagogique du professeur de philosophie sera donc d’organiser en système l’ensemble des notions du programme. Il pourra ainsi faire l’effort de connecter entre elles, en amont, dans un cours d’introduction, ou à travers certaines transitions claires connectant les leçons entre elles, les notions déjà regroupées dans de grands thèmes. Ou encore, il pourra réorganiser lui-même l’ensemble des notions, pour rendre possible des synthèses plus aisées.

Ainsi, le pédagogue de la philosophie en terminale Cédric Eyssette, sur son blog (http://blog.eyssette.net/), a réorganisé, pour les terminales générales, le programme, en définissant cinq ensembles clairs : Éthique et philosophie morale, Philosophie de l’esprit, Philosophie de la culture, Philosophie politique et sociale, Épistémologie.

A l’organisation systématique de l’ensemble du programme, il faudrait peut-être toutefois ajouter une condition supplémentaire de la cohésion d’ensemble de l’année de philosophie en terminale, et de la compréhension claire par les élèves des enjeux de la philosophie : il s’agirait, éventuellement, de définir un fil conducteur qui permette, à l’intérieur du système, de connecter chaque notion séparée à toutes les autres, et toutes les autres à chacune. Ainsi, par exemple, les élèves, tandis qu’ils aborderaient la notion du « bonheur », pourraient-ils, grâce à ce fil conducteur, rattacher cette notion à toutes celles qui auraient déjà été traitées, et qui seront traitées par la suite. L’avantage pédagogique ne serait pas minime : ils pourraient mobiliser, dans leurs dissertations, ou dans leurs commentaires, de nombreux éléments du programme, et non pas rester focalisés sur des éléments trop catégoriquement découpés a priori.

Trop souvent, pour traiter un sujet de dissertation sur le bonheur, par exemple, un élève se contente d’utiliser le cours qui traite du bonheur. Il ne voit pas que les autres cours, traitant d’autres notions, peuvent aussi l’aider. Un certain fil conducteur connectant toutes les notions entre elles permettrait de lui faire contourner cet écueil.

Un fil conducteur possible pour connecter toutes les notions du programme de terminale entre elles pourrait bien être une notion du programme elle-même, particulièrement centrale et éminente. La notion de liberté pourrait être cette notion.

J’ai proposé, dans mon cours d’introduction à la philosophie, un extrait de Qu’est-ce que les Lumières ? de Kant, traitant de la distinction entre majorité et minorité, et de la liberté de penser par soi-même, de façon autonome. En découvrant les nombreuses possibilités théoriques de cette distinction, et de cette notion de liberté, j’ai décidé, dans plusieurs leçons, de réutiliser ce texte. Je l’ai utilisé, de façon latente, comme fil conducteur, ou comme transition. La notion kantienne de pensée majeure, autonome, ou libre, cette conception spécifique de la liberté, est ainsi potentiellement opérante dans les divers secteurs du programme : elle est une injonction éthique susceptible de trouver sa place dans la « Philosophie morale » ; elle concerne un fonctionnement de l’esprit, elle a donc sa place dans une « Philosophie de l’esprit » ; elle décrit le mouvement de la culture, elle a donc sa place dans une « Philosophie de la culture » ; puisqu’elle concerne aussi la liberté d’expression, elle a sa place dans une « Philosophie politique et sociale » ; elle renvoie implicitement à l’autonomie du sujet connaissant, qui dispose de principes a priori pour produire des jugements de connaissance, elle a donc sa place dans une « Epistémologie » (je réutilise ici les grands ensembles définis par Cédric Eyssete).

Cette idée d’un fil conducteur que serait la notion de liberté dans le programme de terminale (et en particulier la notion kantienne de liberté) pose plusieurs questions : comment présenter, en début d’année, cette notion de liberté, dans le cours d’introduction à la philosophie ? Comment faire en sorte que ce fil conducteur ne fasse pas oublier les autres notions du programme, et qu’il joue un rôle discret et progressif en vue d’organiser discrètement et progressivement le programme de terminale sous la forme d’un système cohérent ? Par ailleurs, comment réutiliser plusieurs fois, durant toute l’année, le même texte, et la même notion, ponctuellement, sans se répéter ? Dans ce contexte précis, de quelle façon faut-il traiter la notion de la liberté elle-même, lorsqu’il s’agit de la thématiser dans une leçon spécifique ?

Je tenterai de répondre à ces questions dans cette recherche, qui tente de dessiner les contours d’un système complexe fondé sur la complexité de la notion (kantienne) de liberté entendue comme fil conducteur, système qui envelopperait toutes les notions et tous les champs philosophiques concernés par le programme de philosophie de terminale (ES). Je m’attacherai plus précisément à analyser le programme des terminales ES pour une raison simple : je n’ai pas donné de cours cette année à des terminales L, et le programme des terminales ES est le plus varié, le plus complet, que j’aie eu à traiter.

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