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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 05:26

Actualités inactuelles

Benoît Bohy-Bunel

 

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire

Avant-propos

Première partie : les événements dans le spectacle

Introduction de la première partie

  1. Evénements « nationaux »
  1. Janvier 2015
  2. Loi El Khomri : mouvement de lutte à la mesure du scandale, qui désigne d’autres insurrections à venir

 

 

 

  1. Evénements internationaux
  1. 2008-2016 : dévoilements réels et voilements spectaculaires du capitalisme en crise
  2. 11 septembre

 

Deuxième partie : la propagande esthétisée

Introduction de la deuxième partie

  1. La presse people, la misère en soi
  2. Le football-spectacle, un prétexte pour un autre jeu
  3. La télé-réalité, ou l’auto-dévoilement du principe spectaculaire
  4. Facebook, ou la désolation connectée
  5. La prolétarisation de la « littérature » de masse
  6. Le comique totalitaire
  7. Lorsque le « devoir de mémoire » « cinématographique » devient devoir d’oubli
  8. Le spectacle aristocratique de la vedette désinvolte
  9. La mutilation de l’érotisme dans le spectacle

 

Troisième partie : Idéologies spectaculaires

Introduction de la troisième partie

  1. Idéologies « politiques »

 

1° Séparations, réactions, esprits de vengeance

 

  1. Le conspirationnisme
  2. L’absurdité du déclinisme
  3. L’identité « nationale »
  4. Cynisme et bouffonnerie

 

 

2° Pseudo critique et critique radicale

  1. Cynisme du « développement personnel » contemporain
  2. Che guevara : figure spectaculaire de la révolution
  3. La critique radicale du travail face au spectacle

 

3° Ontologies politiques de la destruction

 

  1. L’homo oeconomicus, rationnel mais déraisonnable
  2. Sadisme et solipsisme bourgeois

 

 

 

 

  1. Idéologies « scientifiques »

 

1° Réductions totalitaires

 

  1. Le cerveau n’est-il qu’une machine ?
  2. Bêtise du transhumanisme
  3. Prévisualisation

 

 

 

2° Désirs morbides

  1. Stephen Hawking, ou l’unidimensionnalité du scientifique aujourd’hui
  2. Cédric Villani, pour une recherche au service de l’accumulation du capital
  3. L’accélérationnisme : obscénité et théorisation hors-sol

 

Synthèse de la critique des idéologies politiques et scientifiques de la destruction.

Une critique dialectique des Lumières

 

  1. Idéologies « écologiques »
  1. Les écueils d’une certaine « décroissance »
  2. Une écologie naturaliste tendanciellement patriarcale, homophobe et transphobe

 

  1. Idéologies « théologiques »
  1. L’antisémitisme comme obnubilation fétichiste-spectaculaire
  2. L’erreur des « vertueux » en matière de religion
  3. La manière de dire
  4. La compassion comme arme stratégique

Quatrième partie : Figures du spectacle

Introduction de la quatrième partie

  1. Certains « penseurs », très visibles mais clivés

1° Un panorama

 

Bruno Latour, un révélateur de la philosophie française contemporaine

2° Une certaine philosophie des masses

  1. Le cas Onfray
  2. Markus Gabriel, le Michel Onfray allemand
  3. Raphaël Enthoven, « philosophe de service »

3° Des ambitions excessives et dissociées

  1. Pseudo-critiques du dit « spectacle » : « Tiqqun, Baudrillard, Stiegler, Muray, Belhaj-Kacem »
  2. Edgar Morin, une vocation blessée
  3. Michel Serres, Stéphane Hessel, un optimisme malvenu ?

 

 

  1. Une « gauche » intellectuelle spectaculaire
  1. Frédéric Lordon, un mouton qui se fait passer pour un loup
  2. Vacuité du formalisme économique moderne : Althusser, Friot, Lordon

 

 

  1. Extrême droite

 

  1. Alain de Benoist : la bêtise nécessaire de toute pensée fascisante
  2. Renaud camus : dévoilement de la logique raciste

 

  1. Une pensée nietzschéenne-heideggérienne postmoderne tendancieuse
  1. L’adolescence nietzschéenne ne sera jamais anticapitaliste ou émancipatrice
  2. Heidegger, idéologue antisémite et bourgeois, ne peut être un critique du capitalisme

 

 

  1. Figures politiciennes spectaculaires
  1. Citoyennisme, protectionnisme, nationalisme
  2. Christiane Taubira propose ses remarques « philosophiques » aux bacheliers

 

 

Cinquième partie : Résister dans le spectacle, ou détourner pour mieux abolir

Introduction de la cinquième partie

 

    1. Stratégies possibles

 

      1. Les trois niveaux de la dialectique de la maîtrise et de la servitude. Aujourd’hui.
      2. Stratégie pratique La situation comme subversion

 

    1. Dépasser la production, faire émerger la création

1° Abolir le spectacle séparé pour engendrer un spectacle incarné

 

      1. La portée de la musique
      2. L’humaniste de notre temps, un pompier pyromane

 

2° Une réception attentive encourage l’action

    1. Melancholia, de Lars Van Trier, critique de la pulsion morbide de notre modernité
    2. Les « pauses » dans Blast, de Larcenet

 

  1. Sentir autrement
      1. Entendre et voir
      2. Percevoir comme Helen Keller
      3. Utopie « raisonnable » : une personne incarnée

 

Conclusion

 

 

 

Avant-propos

 

Cet ouvrage se propose de revenir sur les phénomènes spectaculaires, relatifs à la structure marchande, fétichiste et réifiante, de notre modernité tardive.

Les concepts qu’ont su développer Marx, Lukàcs, et Debord, concernant ces phénomènes totalitaires propres au capitalisme, furent, à l’époque de leur thématisation, très clairs et très puissants. Dans la mesure où ils ciblent les contradictions internes aux catégories de base du capitalisme (marchandise, travail abstrait, argent, valeur), et dans la mesure où ces contradictions deviennent on ne peut plus explicites au sein de notre capitalisme tardif, en déclin, on peut dire que le fait de les thématiser aujourd’hui a beaucoup de sens, si l’on veut saisir les structures de notre dépossession et de notre déprise à l’égard du réel.

Néanmoins, de tels concepts furent encore formulés de façon assez abstraite, même s’ils critiquaient l’abstraction comme vecteur de destruction, et « revenir » à eux de façon purement académique n’est pas toujours complètement efficient, du point de vue de la transmission critique et de l’élucidation de « ce qui arrive » actuellement

Développer le germe révolutionnaire d’une théorie critique (ici, la critique marxienne, lukàcsienne et debordienne de la valeur, qui possède son unité), c’est aussi la rendre audible, la donner à voir, au sein de l’empiricité concrète du monde qu’elle désigne. C’est pourquoi les analyses qui suivent tentent de concevoir cette théorie critique comme un ensemble d’outils, qui devront permettre l’explicitation de faits contemporains très visibles et très tangibles, presque à la manière, parfois, d’un « journalisme théorique et critique », émancipateur, et susceptible de développer des vocations résistantes, ou la compréhension et la légitimation de luttes sociales déjà existantes.

Donner à voir cette théorie critique sera aussi l’occasion de donner à voir diverses dissociations à l’œuvre au sein de notre modernité : dissociation socio-économique, par laquelle l’individu au travail, ou exclu, est réifié et disloqué, subjectivement et objectivement ; dissociation sexuelle-patriarcale, par laquelle les femmes sont déqualifiées, d’abord dans la sphère privée, mais ensuite dans la sphère publique de la valeur, si elles y sont « intégrées » ; dissociation raciste-coloniale, par laquelle la division internationale ou nationale du travail devient le vecteur d’un racisme moderne structurel ; dissociation rationaliste-validiste, par laquelle un grand nombre d’individus sont conçus comme « inaptes », « invalides », « handicapés » ; dissociation technique-naturaliste, qui pose le problème écologique de façon urgente aujourd’hui.

Quelques auteurs ambivalents, mais complémentaires, seront aussi convoqués ici, pour donner parfois plus d’ampleur aux analyses : la notion arendtienne de « totalitarisme », la notion marcusienne « d’homme unidimensionnel », certaines intuitions benjaminiennes relatives à « l’esthétisation du politique », seront des « fils rouges » possibles dans mon cheminement critique. Les limites irréductibles de ces auteurs ressortiront aussi, en négatif, et seront dépassées par la prise en charge d’un concept de spectacle approfondi et remanié.

Mais ce sont aussi les limites d’un Debord, d’un Lukàcs et d’un Marx, qui seront finalement considérées. Car un outil critique n’est vraiment effectif que si on a pu le débarrasser de ce qui pouvait le rendre déficient, ou dépassé. L’autoritarisme tendanciel de ces trois auteurs, de façon très générale, sera systématiquement refusé, ce qui m’orientera d’ailleurs vers la critique radicale, finalement, de la catégorie de l’Etat, critique qui fut trop ambivalente, ou trop absente, sous la plume de ces auteurs.

La dimension polémique de cet ouvrage n’est pas gratuite : puisque ce qui se rend massivement visible aujourd’hui est très souvent une caution spectaculaire, elle est inévitable. Elle ne vise pas, néanmoins, des individus en chair et en os, mais les logiques qui les portent, souvent malgré eux. Les critiques qui les visent ne sont pas là pour les « attaquer » « personnellement », mais pour dévoiler certaines logiques de mystifications qu’il s’agirait d’abolir aujourd’hui, si c’est bien le désert moderne qu’il s’agit d’abolir.

De façon plus générale, c’est la métaphysique bourgeoise, et ses auteurs, qui seront le plus souvent et le plus systématiquement dénaturalisés, démystifiés et critiqués. La critique des auteurs contemporains n’a de sens que dans un tel contexte.

L’auteur de ces lignes, théoricien critique et militant anticapitaliste et anti-autoritaire, ne s’adresse toutefois pas simplement à des « camarades », mais aussi à tout individu soucieux de comprendre la désolation du monde contemporain, dont chacun souffre, directement ou indirectement, que ce soit de façon implicite ou de façon explicite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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