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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 05:57

LA mutilation de l’érotisme dans le spectacle

 

Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social, médiatisé par des images.

 

  1. Le désastre érotique

 

Quelles seront les images qui viendront médiatiser le rapport social dit « amoureux », aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales (ou occidentalisées), de telle sorte que ce rapport deviendra spectaculaire ?

Pour le savoir, il s’agirait de définir assez précisément la vocation d’encadrement « sexuel » du spectacle.

 

  1. Comme ensemble d’images promotionnelles, médiatiques, divertissantes, instructives, informatives, publicitaires, etc., massivement produites, et bénéficiant du monopole de la visibilité, le spectacle reste un système de propagande ventant quotidiennement la structure marchande, et entretenant quotidiennement le fétichisme marchand, au profit d’un système de domination impersonnel qui nuit à tous et à toutes, ou qui « profite », dans l’apparence, aux gestionnaires sans puissance, eux-mêmes désincarnés, de cet automouvement.
  2. Une telle structure marchande demeure intrinsèquement fonctionnaliste : elle suppose par exemple la différenciation naturalisée de « genres », assignant le « féminin » à la gestation, et à l’entretien domestique de la vie exploitable, et le « masculin » à la gestion ou au labeur « valorisable » économiquement. Elle suppose en outre la différenciation de « sexualités », « productives » ou « stériles » (hétérosexuelles ou non), susceptibles ou non de maintenir les cycles biologiques et économiques de « l’espèce humaine » : des discriminations ou dévaluations découlent bien sûr de cette différenciation. Les images du spectacle, donc, structurellement, diffusent en toute cohérence une idéologie naturaliste et patriarcale, homophobe et transphobe, afin de consolider l’existence d’un patriarcat barbarisé, marchand (religion du capital), puisque leur vocation est l’entretien d’une autovalorisation économique dissociatrice. Le spectacle, structurellement, fut et reste idéologiquement pétainiste.
  3. Néanmoins, au fil de l’extension de la marchandisation du monde, la structure marchande se voit contrainte d’« intégrer », au moins relativement, celles et ceux qu’elle doit exclure a priori. Cette intégration ambivalente repose sur le maintien de détermination standardisées, typologiques, qui entretiennent des différenciations essentialistes, et des rôles assignés, mais plus subtilement. Ainsi, les femmes, LGBT, traditionnellement dévalué-e-s, « à cause » de leur « sexualité » dite potentiellement « passive » ou « stérile » qui les déqualifie, accèdent à une certaine « reconnaissance ». Mais cette « reconnaissance », dans un système d’intégration qui doit maintenir des séparations fonctionnelles, implique d’autres « genres » d’assignations stéréotypées, qui finissent par mutiler insidieusement les complexités subjectives ou intimes qui s’y soumettent.
  4. Non seulement dans le monde compartimenté du travail, mais aussi dans celui de la consommation ou des loisirs, qui sont les deux faces d’une même vie prolétarisée, dépossédée, réduite à une pure dimension de survie biologique, c’est une intégration qui réduit, occulte, oblitère, qui s’affirme toujours plus explicitement. Exclusions, inégalités, ou dévaluation insidieuse dans le monde du travail, restent associées à un système structurellement viriliste, « reproducteur », ou patriarcal. Quant aux images publicitaires...

 

2) Lutter contre le désastre :

 

Perversion, pansexualité revendiquée : nul humain ou vivant ne possède un ou même « deux » genres.

Dans Le loup des steppes, de Hesse, le « loup » reçoit une lettre qui lui indique que sa revendication de deux personnalités, l’une solitaire et sauvage (loup), l’autre policée (humain) est en fait la pauvreté en soi. De fait, nous n’avons pas deux aspects, mais une infinité d’âmes qui se chevauchent, en fonction de nos expériences ou rencontres.

Il en va de même pour les genres. Un homme n’a pas une « dimension » féminine. Il assume l’infinité des genres possibles, soit le non-genre. Sexuellement, il vit cette dimension ludique. Les prêtres et vendeurs de toc voudraient l’épingler, mais il est imprenable. Il est réversible indéfiniment, elle ou x ne se laisse pas cerner, car on ne le ou la ou x reconnaît plus comme « genré-e ». Maîtrisant tous les codes, et n’en choisissant aucun, cet individu choisit la voie de la perfection perverse ; c’est ainsi qu’il vivra une sexualité proprement créative et humaine, non soumise à l’injonction biologique utilitariste, gestionnaire et médiocre. Il est l’être révolutionnaire en soi.

Les réseaux sociaux, sites de rencontres, standardisant les relations amoureuses ou sexuelles, bousillent toujours plus ces possibilités, ce pourquoi ils sont les organes du pouvoir par excellence A abattre ?

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