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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 19:02

 

Lettre 1 : A propos de Marx et de la "spiritualité" dans la lutte

Salut Timothée,

 

 

« Il me semble qu'on peut aujourd'hui s'appuyer sur la pensée critique marxienne ; mais il faudrait repenser les modalités de la lutte : Marx est peu utile, il me semble, en ce qui concerne les modalités de la lutte (révolution « prolétarienne » restrictive, etc.).

 

Il faudrait je pense aujourd'hui insister davantage sur le rôle de la prise de conscience, et subvertir quelque peu le matérialisme historique dogmatique ; et cette prise de conscience ne doit pas concerner uniquement les prolétaires ; elle peut et doit aussi concerner les capitalistes eux-mêmes ; car les capitalistes eux aussi sont des individus aliénés, qui n'ont aucun contrôle sur la société qu'ils prétendent régir.

Un mouvement de révolution « spirituelle », ou « érotique-incarnée » (cf Marcuse, Henry, Girard, Benjamin), non-meurtrière, contre-violente, d’auto-défense pure, fondée sur la conciliation des intérêts des capitalistes les plus enfouis et ceux plus conscients des prolétaires, sur la prise de conscience, est ce qui m'intéresse.

Cela n’a rien d’interclassiste, attention : il y a une lutte pour abolir la bourgeoisie, lutte toujours brutale. Mais au fil de cette lutte, des stratégies ciblées des individus prolétarisés (qui sont toujours plus nombreux) pourraient faire en sorte que les détenteurs des moyens de production (et de destruction) désirent leur propre défaite…

Tu verras que la version cosmologique de l'éternel retour, comme « horizon », perspective possible (Chysippe : « ce n’est pas impossible »), joue un rôle potentiel dans cette résolution incarnée, si elle n’est pas extatique, dogmatique, autoritaire, mais se fonde hypothétiquement, comme attente sans atteinte (comme intuition érotique qui se pressent mais ne se dit pas : qui rend la vie trop précieuse pour qu’on continue à la bousiller).

 

Il ne faut pas oublier une chose très importante : Marx considérait que la violence est "la sage-femme de l'histoire" ; il pensait que la violence (donc le meurtre, dans l'absolu, peut-être !), jouait un rôle nécessaire dans la "fabrication" de l'histoire. Je connais certains militants trotskistes qui, dans un contexte révolutionnaire, ont des visées militaires, et seraient tout à fait prêts à tuer des capitalistes, s'il le fallait. Cela me paraît très dangereux : une révolution qui a du sang sur les mains est nécessairement un échec (elle déclenche alors nécessairement le cycle de la vengeance, ou le sentiment de la culpabilité). Il faut, je pense, aujourd'hui, très explicitement se désolidariser de Marx sur un point crucial : il faut refuser cette idée qu'une révolution est nécessairement violente/meurtrière. Personnellement, je suis un révolutionnaire, mais pas une seule seconde je ne voudrais tuer un homme, fût-il le pire des salauds, pour la révolution.

 

Marx quand il parle de cette « histoire » qu’on « fabrique » mécaniquement, évoque en fait la préhistoire barbare de la division naturalisée du travail (raciste, sexiste, classiste, esclavagiste, sur la base de la force et non du droit conscient et consenti).

Sortir de cette pré-histoire n'est plus meurtre "fabriqué", mécanique et errant, mais création intensive et luttant dans l'auto-défense et la projection fidèle.

 

La question se pose en termes simples : être ou non pour la peine de mort ; nous sommes aujourd'hui assez « moralisés » (souvent pour le pire, mais parfois pour le mieux, ou le « moins pire ») pour nous opposer au principe de la peine de mort ; donc, même dans un contexte révolutionnaire, nous ne pouvons vouloir tuer des individus, ou plutôt : le "prévoir" logistiquement, militairement, quand bien même ils seraient les pires criminels quant à eux.

 

Je pense ici à Trotski qui, dans Leur morale et la nôtre, dit explicitement que toute violence est justifiée, dans un contexte révolutionnaire ("la fin justifie les moyens", dit-il en substance). Trotski, qui était un militaire sanguinaire, est selon moi à bannir absolument.

 

Concernant la finalité, et le diagnostic critique, nous, les anticapitalistes, nous sommes tous d'accord : cette société patriarcale, raciste, et inégalitaire, est à abolir. L'homme socialisé, ou incarné (Arendt n’aimait pas ce mot ; on utilisera aussi "incarné" miraculeux, au sens non surnaturel, au sens de la naissance, de l’enfance, de la nouveauté de chaque être), dans un contexte autonome, auto-organisé et cosmopolitique, fédéré, est ce que nous voyons au bout du chemin. Mais reste à s'entendre sur les moyens pour y parvenir ; sur les moyens, nous ne sommes pas toujours d'accord. Or, précisément, il faut d'abord parler des choses qui fâchent.

 

 

Benoît

 

 

 

Lettre 2 : réponse à Timothée à propos de l’essai cosmologique sur l’éternel retour (Liamine Touhami et moi-même)

 

 

« Coucou Timothée,

 

point sensible : la métempsychose "à l'identique" ; nous pouvons « suggérer » positivement l’hypothèse selon laquelle des séquences identiques se répètent, mais nous ne pouvons pas encore « établir » raisonnablement que c'est la même "intériorité", la même "âme", qui « resurgit » ;

Liamine néanmoins est convaincu que nous pourrions travailler sur ce sujet pour trouver une issue positive (tout l'enjeu est bien là : déterminer une validation expérimentale satisfaisante de la métempsychose à l'identique) ; pour l'instant, concernant la métempsychose, nous n'avons qu'une base intuitive ou subjective équivoque, indéfinie : la réminiscence dans l'amour, le pressentiment, le déjà-vu...

Les synchronicités néanmoins se situent à la fois sur un plan subjectif (psychologique) et objectif (physique) : il existe en effet une version physique des synchronicités, que Liamine expose brièvement (dans le cadre de sa physique qualitative bergsonienne, il parlera de "prévisualisation")

 

 

Ce qui fait le liant entre une pensée physique bergsonienne et une pensée politique marxienne, c'est le concept de qualité : on réhabilite le qualitatif (la durée chez Bergson, la vie subjective chez Marx) dans une perspective révolutionnaire ou au moins résolue (non-meurtrière, mais qui s’auto-défend) : émancipatrice, luttante.

 

 

A très bientôt,

 

Benoît

 

Lettre 3 : la question de la violence dans la lutte

 

Salut à toi,

 

Je pense que sur la question de la violence, nous sommes entièrement d'accord : elle n’est pas évitable. Je ne suis pas non plus un béni-oui-oui, et je suis conscient des forces en présence. Seulement, il y a une chose à laquelle je tiens : il ne s'agira jamais de promouvoir la « nécessité » du meurtre (cf. Trotski, Lénine, Mao, etc.).

Consommer, travailler, c’est « participer » passivement, malgré soi, et contre ses intentions souvent « humanistes », à une ultra-violence dite « lointaine » (exploitation sauvage, guerre, etc.), mais qui de fait est comprimée contre ma consommation et mon travail de « citoyen » d’un centre urbain impérialiste ou métropolitain…. Il est stupide de dire qu’on pourrait être « non-violent », car tout ce que je fais de « banal » ou de « serein » dans le quotidien du désastre interconnecté globalement engage une ultra-violence ailleurs qui se perpétue.

Lutter, se révolter, saboter les organes de la destruction (armes, obnubilations, fétiches, aliénations),casser, peut être « moins violent », paradoxalement, ici, que l’ultra-violence qu’on m’impose de prolonger en m’imposant de simplement survivre comme consommateur-travailleuse moderne de « nos » « démocraties/libérales » (oxymores).

 

Avec mon groupe de militants, nous évoquons souvent cette question de la violence : dans le contexte d'une grève, ou d'une manifestation, il est légitime de se défendre ; et la défense peut impliquer des moyens violents. Il ne s'agit pas de tendre l'autre joue...

 

Mais j'aimerais que tu envisages aussi d'autres moyens. Je pense que la non-violence d'un Martin Luther King, d'un Jésus, sont en fait des moyens ultra-violents symboliquement d'une radicale efficacité (avec toutes les limites que cela implique : Martin Luther King a besoin de son Malcom X, évidemment).

Jésus par exemple utilise la compassion comme arme d'atomisation psychique de l'adversaire : celui qui est pris en pitié est infantilisé de ce fait, et il sera moqué, ridiculisé. Il n'impose plus le "respect" : ses armes sont des "hochets" ridicules, ses "troupes" des petits soldats de plomb (hélas, ces "jeux" immatures sont atroces aussi : il est ici absolument effrayant ; Chaplin a manqué cette description de l'effroi dans son dictateur, hélas ; rien de "drôle" dans le massacre de masses mené par un gamin atrocement dissocié et gloussant hideusement).

Dénoncer les capitalistes dans le sens où ils n'ont aucun contrôle sur la production, c'est aussi cela : c'est les prendre en pitié, d'une certaine manière, c'est montrer qu'ils sont des esclaves eux aussi, aliénés au fétiche marchand, et soumis à l'automouvement d'une valeur qu'ils ne connaissent pas intrinsèquement. Si les individus qui prétendent abolir leur système viennent en annonçant qu'ils sont là pour les libérer, pour leur faire prendre conscience de leur détresse, de leur déprise, ils ne seront pas reçus de la même manière que des individus militarisés prêts à en découdre...

 

Dans le même ordre d'idées, il faut à tout prix montrer que les "riches" ont un vécu psychique d'une pauvreté abyssale, et qu'ils sont foncièrement malheureux ; à cela s'ajoute la culpabilité de l’infanticide atroce (que les climato-sceptiques, comme Trump, essayent de refouler tant elle est insupportable) : ils soutiennent un monde dans lequel périront peut-être leurs petits-enfants (cf problème écologique) ; dans le contexte de l'éternel retour, la culpabilité est multipliée à l'infini : une rhétorique très puissante peut s'enchaîner... Le jour où les capitalistes eux-mêmes comprendront que ce qu'ils désirent le plus au monde, c'est le post-capitalisme, l’autonomie et l’auto-organisation fédérée et intégrée, incarnée, qui articule le local et le cosmopolitique sans que le local soit écrasé, la lutte a plus de chances de remporter des victoires (et c’est sous la pression de ces luttes que ces « possédants » auront cette prise de conscience ; le local pourra exprimer ses projections universelles-concrètes et s’enraciner tout en étant dans le lien...)

 

Sur un point également, on peut les « convaincre » (par la lutte, donc, qui est aussi dialogue, après les confrontations) : les (anciens) capitalistes ne deviendront pas moins « riches », en termes de biens ou de désirs satisfaits, même, dans le post-capitalisme dont je parle ;

 

En effet, je crois que cette parole a du sens : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins" (définition marxienne du socialisme) ; je dirais aussi : « de chacun selon ses dispositions, à chacun selon ses désirs ». (la personne handicapée, par exemple, ne l’est plus, si ses dispositions propres, que personne d’autre n’a, peuvent satisfaire de façon singulière les désirs collectifs, et les siens propres).

Marx pensait que le post-capitalisme était une société de l'abondance : tout le monde pourrait être riche (posséder beaucoup en termes de biens matériels, et satisfaire tous les désirs, pour des hédonistes très peu exigeants) ; tous les désirs seraient satisfaits, et l'activité ne serait pas contrainte. Cela est possible, si l'on y réfléchit : certes, les ressources naturelles sont limitées ; mais dans un contexte post-capitaliste, émancipé du fétiche-marchandise, incarné, il n'y a plus l'injonction du profit : dès lors, la recherche, guidée vers la découverte de nouvelles techniques qualitatives, soigneuses, attentives aux désirs conscients et besoins concrets des individus qui les auront décidés collectivement et de façon directement démocratique, et de nouvelles énergies, fera un bond considérable (il faut bien comprendre que le capitalisme est un frein gigantesque à la recherche de nouvelles techniques, viables écologiquement et humainement ; je suis persuadé que, dans une société post-capitaliste, nous pourrions avancer beaucoup plus rapidement, par exemple, vers la guérison ou rémission très durable, du sida et des cancers) ;

Ainsi, une optimisation maximale de l'environnement sera possible : l'abondance n'est pas autre chose ; j'ai vu un reportage il n'y a pas longtemps, le mec disait un truc intéressant : il existe des énergies libres (sans empreinte écologique, surabondantes sans effort) qui pourraient être disponibles aujourd'hui, mais les grands groupes monopolistiques/énergétiques capitalistes (nucléaire, pétrole), ont tout fait pour empêcher ce genre de recherches (l'Etat a d'ailleurs participé à cet empêchement : emprisonnement, destruction du matériel de recherche, etc.) ;

En fait, nous n'avons aucun besoin du pétrole ou du nucléaire ; c'est le pétrole et le nucléaire qui ont besoin des consommateurs dans un système capitaliste ; dans un contexte post-capitaliste émancipé, ce genre de recherches associées aux énergies libres ne seront plus empêchées, mais au contraire favorisées : la société d'abondance n'est pas autre chose (moteur à eau, etc.).

 

Ainsi donc, si les capitalistes comprennent qu'ils pourront posséder autant de biens qu'auparavant (société d'abondance, luxe pour tout le monde), ils doivent désirer inconsciemment un post-capitalisme qualitatif et incarné. Ils ont tout à perdre dans le capitalisme : culpabilité, travail monotone et aliénant, quantitativisme déshumanisé, absence de sécurité (leur sort est entre les mains des prolétaires qui les haïssent ou qui les font manger). Ils ne veulent rester dans le capitalisme que pour une seule raison : ils possèdent beaucoup de biens. Mais ils comprennent inconsciemment qu'ils conserveront les mêmes biens dans une société qualitative attentive aux besoins concrets (abondance), ils comprennent inconsciemment qu'ils ont tout à gagner au sein du post-capitalisme émancipateur : ils seront aussi "riches" qu'auparavant, et en outre, leur culpabilité, leur aliénation au travail, leur absence de contrôle, leur déshumanisation, leur absence de sécurité, seront abolis. Ils pourront s'épanouir dans leur vie. C'est sous la pression de luttes sociales spécifiques que des prises de conscience du pouvoir auto-réifié se laissent envisager.

 

Un ressort certes est à considérer : les capitalistes peut-être jouissent d'une certaine "supériorité", d'une certaine domination. Dans la société post-capitaliste, tout le monde serait "riche" (en un sens qualitatif) : les capitalistes ou leur descendance ne seront plus "privilégiés", puisqu'il n'y aura plus d'inégalités. C'est là qu'un effort éthique doit être fait ; Spinoza peut être utile dans cette dialectique éthique : sa théorie des affects nous montre très bien que le dominateur, le prétentieux, est triste constamment (sa haine le détruit de l'intérieur).

 

Le souci moral doit être stratégique : il ne s'agit pas de dire aux capitalistes que ce qu'ils font est "mal" ; cela est ineffecient, voire risible. Non, la moralisation des capitalistes doit se faire en s'adressant à leur plus pur égoïsme : une certaine dialectique non-meurtrière, mais contre-violente, d’auto-défense (qui s’adapte aux répressions qui viennent punir les sabotages tactiques de l’ordre destructif) doit permettre leur prise de conscience : de fait, dans cette société du marché, ils sont profondément malheureux ; d'un pur point de vue égoïste, pour ne plus être malheureux, ils chercheront à dépasser le capitalisme...

 

Bien sûr, la critique du spectacle, ou de l'idéologie, n'est pas suffisante : il faut agir, lutter dans des collectifs (c'est ce que je fais, d'ailleurs, et ce que tu fais toi aussi de ton côté, toujours très laborieusement, et nous sommes une minorité « radicale » dérisoire, souvent criminalisée d’ailleurs, alors que nous voudrions apporter la paix, ou l’abolition du désastre).

Mais considère une chose : la parole est performative, la parole est un acte ; le travail intellectuel est aussi un faire ; la dialectique politique contre-violente est une action ; je me réfère ici à la conception arendtienne de la politique : la politique est production de paroles efficientes dans l'espace public ; dès lors, une modification radicale du matérialisme historique peut s'opérer : Marx ne voit pas assez que le théoricien est aussi un homme d'action (à moins que… je pense qu’en fait si, sinon il aurait moins écrit : Arendt mettrait Marx « en cohérence »).

Bergson : celui qui parle est l'ami de celui qui écoute, même si la parole est critique radicale de celui qui écoute... L'ennemi est celui qui ne parle plus, qui maudit en silence, et qui veut faire violence, mutiler, violer, se venger sans que l'autre le sache.

 

 

La violence meurtrière dissociée, désastreuse, inconsciente, qui est celle d’un enfant blessé qui a oublié sa blessure, qui ne la comprend plus, qui la dit mal et la maudit, et qui veut se venger pour expier sa culpabilité, qui est sans mots, est ce qu'il y a de plus à craindre.

Les meurtriers qui « veulent » que le sida, le cancer, la destruction de la terre, la guerre, la mutilation de l’enfance, avant une extinction précoce de toute vie, soit « le seul avenir », ne le veulent pas vraiment : et lorsqu’ils le comprennent, grâce à des luttes soigneuses, l’éternité et l’incarnation sereine nous réunifient peut-être, indéfiniment, et simplement ; ce que leurs « mots » ont toujours dit (Abraham, Jésus, Mahomet, etc.) mais ce que leurs actes ont toujours trop niés (dissociation), il s'agirait bien un jour de le rendre plus effectif.

 

Vers une éthique appliquée (cf. Laurent Beaufils).

 

A plus

 

Ben.

Appendice : Une information à propos d'un traitement du cancer par les plantes, efficace mais "non rentable". Paradigme pour penser tout ce qui vient d'être dit.

 

(source : Neo-nutrition)

 


Il y a quelques mois, le monde entier apprenait l’existence de Madame Tu Youyou, une chercheuse chinoise récompensée par le prix Nobel de Médecine 2015 pour ses découvertes sur… une plante antipaludisme et anticancer : l’armoise annuelle (Artemisia annua).

Mais très vite, aux « bravos », acclamations et autres « standing ovations » de circonstance s’est substitué un étrange silence. 

Recevant une aussi prestigieuse distinction, n’importe quel autre lauréat enchaînerait les conférences aux quatre coins du monde, les interviews, les dédicaces, les échanges avec ses pairs pour continuer à promouvoir sa découverte et en faire bénéficier des milliers de malades. 

Mais dans le cas de Tu Youyou… c’est une autre histoire. 


 

 

Depuis l’attribution de son prix Nobel : plus rien ! C’est comme si elle avait disparu de la circulation. 

Il suffit d’aller jeter un œil sur la fiche Wikipédia pour comprendre que la chercheuse n’intéresse plus personne 



C’est simple : on dirait qu’elle n’a strictement plus rien fait depuis qu’elle a obtenu son prix !! 

Vous allez me dire « Mais c’est normal, elle a pris sa retraite !» 

Ah ? Cette chercheuse a consacré sa vie entière à cette plante : plus de 50 ans de recherches, d’échecs, d’expérimentations sur elle-même ! 

Et d’un coup, au moment même où la plus haute des distinctions doit lui ouvrir toutes les portes, lui assurer les meilleurs financements, elle arrête ? Pour quelqu’un qui a mis toute son âme dans ses recherches, cela n’a aucun sens. 

Mais comment expliquer ce phénomène ? 

C’est en fouillant dans les méandres de sa découverte que nous avons compris pourquoi un tel silence entoure aujourd’hui ses recherches 

Sont-elles devenues trop « gênantes » ? 

Je vous laisse juger par vous-même. 

Mais il faut dire que, dès le début, c’est un parfum de mystère qui entoure Madame Tu Youyou… 

 

Bombe naturelle contre le cancer 


Tout commence en 1967, lorsque le président révolutionnaire chinois Mao Tsé-Toung décide de lancer un programme secret de recherche sur le traitement du paludisme, maladie qui fait des ravages : le projet « 523 ». 

Pourquoi secret ? 

Car il repose sur l’étude des traitements de la médecine traditionnellechinoise. Une médecine méprisée par le nouveau régime communiste, parce qu’elle représente le monde d’avant la « Révolution culturelle »… 

Mais une jeune chercheuse en pharmacie de 36 ans, Tu Youyou, se voit confier le projet. 

Commence alors une incroyable aventure scientifico-secrète, faite de peurs, d’échecs et de découvertes… incroyables. 

En 1971, Tu Youyou réussit à guérir des souris et des singes atteints par le parasite du paludisme avec un extrait d’Artemisia annua.. 

Elle vérifiera sur elle-même l’innocuité de l’extrait avant de le tester sur des patients. 

Taux de succès : 90 %. 

La chercheuse a confirmé ce que savait intuitivement la médecine traditionnelle chinoise : l’artémisinine, substance active de la plante, est la source de ces résultats extraordinaires. 

Le régime communiste comprend alors tout l’intérêt qu’il peut avoir à faire connaître le talent de ses scientifiques. Les travaux de Tu Youyou sont dévoilés et permettent des découvertes sensationnelles surle cancer ! 
 

« D’autres recherches, comme celles de l’Université de Washington, menées par les Drs Narenda Singh et Henry Lai, vont montrer que l’artémisinine peut détruire rapidement près de 30 % des cellules cancéreuses du poumon ; mais en la combinant avec du fer, elle éradiquejusqu’à 98 % des cellules cancéreuses, en seulement 16 heures. [1] » 

L’explication : 

« Selon les résultats, "l’artémisinine arrête le facteur de transcription E2F1 et intervient dans la destruction des cellules cancéreuses du poumon. » 

Depuis, de nombreuses autres expériences ont été conduites sur différents cancers (prostate, intestins…), qui ont toutes prouvé que l’artémisinine combinée au fer détruit sélectivement les tumeurs cancéreuses. 

Le Dr Len Saputo, grand spécialiste mondialement reconnu des organes, a été jusqu’à qualifier l’artémisinine de « bombe intelligente pour le cancer[2] ». 
 

Le Dr Len Saputo est un médecin interniste diplômé de l’Université de Duke, aux Etats-Unis, spécialiste des organes (cœur, poumons, système digestif etc.). 
 


Les travaux de la petite chercheuse discrète du président Mao ont visiblement fait tache d’huile. 

Jusqu’à leur couronnement le plus spectaculaire : l’attribution d’un prix Nobel de Médecine, le prix de tous les prix, à Tu Youyou et son alliée de toujours, une petite plante que la tradition connaissait depuis la nuit des temps… 

Devant cette réalité, tous les journalistes du monde devraient se renseigner pour savoir QUAND, COMMENT, dans quelles conditions la formidable découverte de Tu Youyou pourrait bénéficier à des milliers de malades. 

Et quelles sont les autres plantes les plus prometteuses de la pharmacopée chinoise, celles qui seront certainement les traitements naturels les plus performants de demain. 

Mais on l’a dit, depuis des mois c’est le silence radio !!! Tu Youyou est retournée dans le plus grand anonymat. Et les journalistes sont passés à autre chose. 

Bizarre…vous avez dit bizarre 


Ce soudain désintérêt, pardon, me paraît bien trop étrange pour être honnête. 

Nous avons là une plante, une substance naturelle et donc très peu coûteuse, dont les propriétés thérapeutiques, attestées par de très nombreuses études, peuvent réellement changer la vie de centaines de milliers de malades qui souffrent. 

Et il faudrait tourner la page ? « Sans transition », comme on dit à la télévision… 

Le cas de lArtemisia annua est en réalité l’exemple le plus flagrantd’une volonté manifeste de cacher le grand pouvoir de guérison des plantes médicinales.
Et ce n’est pas le seul. 

Chaque jour, des études scientifiques apportent la preuve irréfutable de l’utilité des plantes dans des dizaines de maladies : 

  • La margosse, avec ses principes actifs, les glucosides triterpéniques, a montré qu’ils parvenaient à diminuer l’obésité viscérale (mais il faut la prendre à un moment un peu particulier).
     
  • Le mélilot et l'hamamélis luttent contre les varices et l'insuffisance veineuse. 
     
  • La belladone est non seulement un formidable calmant mais aussi un puissant antidouleur. 
     
  • Contre le stress, le totum du ginseng explique sa supériorité absolue sur les médicaments. 
     
  • Contre le diabète, le Garcinia Cambodgia aide à contrôler l’obésité, les triglycérides, le cholestérol ; cette plante est aussi intéressante dans la prévention des cancers. 
     
  • Etc. 
     

Je ne vais pas allonger la liste plus longtemps, mais la question qui se pose est évidemment : pourquoi est-ce que personne n’en parle ? 

Pourquoi ces informations ne font-elles pas la une des journaux télévisés ? 

Pourquoi, au contraire, les autorités s’activent-elles en coulisses pour interdire la vente des plantes médicinales, avec à la clé des risques énormes pour notre santé [3] ? 

La réponse va vous sidérer. 
 

Les vrais risques pour notre santé


Il faut regarder du côté des grandes multinationales du médicament pour comprendre quel est le véritable enjeu des entreprises de santé. 
 

Nous guérir ? 

Hmmm… pas vraiment. 

Les entreprises pharmaceutiques réalisent aujourd’hui des chiffres d’affaires proprement pharaoniques. En 2015 : 
 

  • Pfizer : 45 milliards d’euros 
     
  • Novartis : 44 milliards 
     
  • Sanofi : 37 milliards 
     
  • Merck : 35 milliards 
     
  • Etc. [4] 
     

Et elles n’ont aucun intérêt au développement de la médecine par les plantes. 

Au contraire. 

Car ces plantes, contrairement aux molécules chimiques, elles ne peuvent pas les « breveter », ni les vendre vingt, cinquante ou cent fois leur prix réel. 

Un spécialiste réputé des cancers du sang, le Pr Jean-Paul Vernant, a récemment déclaré dans une interview que les médicaments anticancer ont aujourd’hui « atteint un niveau de prix scandaleusement élevé » : 

« Il arrivera un jour où même des pays riches comme le nôtre n’arriveront plus à délivrer ces médicaments. Le prix de certaines molécules a atteint des proportions que de plus en plus de médecins, dont je fais partie, jugent presque immorales. » 

« En une décennie, le prix des nouveaux médicaments anticancéreux a pratiquement doublé, passant d’un coût moyen de 3700 à 7400 € par mois. Cette tendance risque de s’aggraver avec le développement de cette médecine dite “ciblée”, qui va favoriser l’émergence de médicaments de “niche”. [5] » 

Face à de tels enjeux financiers, il est logique que l’industrie du médicament fasse tout pour minimiser l’efficacité des plantes médicinales.
 

  • Soit en ne finançant pas les études qui permettraient de valider scientifiquement leurs bienfaits. 
     
  • Soit, lorsque ceux-ci sont révélés au grand jour, en prenant soin de parler des plantes comme d’une « alternative », d’une médecine « complémentaire », « un petit truc en plus, tant que ça ne fait pas de mal »… 
     

Leur message aux patients : « Mais oui, soignez-vous avez du foin si vous voulez… » 


Leur message aux médecins : « Soyons sérieux… Vous n’avez pas fait dix ans d’études pour prescrire de la soupe aux orties » 

Voilà comment, depuis des années, on a transformé les plantes médicinales en « idiotes du village de la thérapeutique », comme l’a écrit l’ethnobotaniste Pierre Lieutaghi. 

Et cela, ajoute-t-il, entraîne des conséquences insoupçonnables sur notre santé : 
 

« Trop de médecins, submergés par la production pharmaceutique, surchargent les clients d’une quantité de produits onéreux dont l’innocuité (absence de danger, ndlr) souvent affirmée demanderait plus que la confirmation des tests de laboratoire pour être acceptée sans sourciller. » 
 
« Comment, lorsquun médicament inconnu assaille en nous la maladie, est-il réellement possible de rester maître de cette bataille ? » 
 
« La plante, elle, et surtout si nous l’avons nous-même récoltée, si nous avons un tant soit peu étudié ses propriétés, est au contraire obéissante, et quand nous l’utilisons, notre volonté, notre maîtrise de nous-même ne sont plus tenues pour quantités négligeables. »


En d’autres termes, la plante peut déclencher un processus d’autoguérison dont le médicament chimique nous prive à coup sûr…"

 

Dans une société post-capitaliste, les découvertes de Tu You You seraient favorisées, encouragées, et ce genre de découvertes se multiplieraient. Aujourd'hui, elles sont empêchées, peu diffusées, et rares.

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