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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 15:01

La vidéo commence au moment où le visage de la jeune femme victime d'un système appelle à l'aide

Disney est un monde dont la finalité économique et sociale est le maintien de rapports de production et de reproduction normalisés, dans un système capitaliste, travailliste et biologiciste, classiste et patriarcal, où les rôles de chacun et chacune sont déterminés a priori.

La forme esthétique ou narrative creuse d'un dessin animé Disney dissimule mal une vocation d'embrigadement de l'enfance, susceptible de maintenir dès le plus jeune âge des projections désirantes encadrées, pouvant reproduire les relations aliénantes et aliénées propres au salariat moderne : famille patriarcale, romantisme comme sentiment affectif/illusoire, quête épique comme détermination métronomique salariale enrobée d'une dimension "ludique" "fun" et consentie, pour faire oublier une dépossession généralisée et brutale.

La vedette Disney, de son côté, doit représenter tous les types de personnalités rendus disponibles par la matrice de dessins animés.

Elle est infantilisée, ou "encuculée", de ce fait, car même devenue adulte, elle doit représenter la niaiserie en soi.

La vedette, sur-"féminisée" ici, ou sursexualisée, continue à être, comme vedette "Disney", estampillée "jeu pour enfant", mais lorsqu'elle est forcée de prendre des pauses lascives dans des "clips" indigents, elle se fait à elle-même, et à l'enfant en danger qu'elle est, une grande violence. Elle se retrouve à être contrainte de jouer une fonction libidinale/marchande qu'elle ne tolérerait pas à l'état conscient.

On remarque ceci, par exemple, chez Miley Cyrus, ou encore chez Ariana Grande (cf We love Disney).

La vedette, ici, instrumentalisée, prolétarisée psychiquement, contrainte de faire ce que son éthique réprouverait, délabrée et abîmée depuis son enfance, jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par une autre vedette plus jeune ou plus fringante, mais pas moins victime, sera dans une situation tragique, qui est aussi ambivalente que l'obscénité économiciste d'une épopée disney, et aussi peu consciente d'elle-même que celle d'un individu ayant subi le mauvais sort d'une méchante sorcière.

En fin de compte, la créativité, la sensualité, le jeu et le rire, sont mis au service du pire et de l'abject : l'expression libre devient production, l'épanouissement et le rire d'un enfant contrôle et gestion.

Puisque tout industrie culturelle de masse joue aussi un rôle politique de propagande, d'obnubilation (qui nous fera oublier que la structure marchande n'est pas qu'un "jeu" "fun" et "divertissant", mais consolide aussi la précarité et la guerre touchant hommes, femmes et enfants), cette personne ici surexposée jouera une fonction idéologique qu'elle ne peut assumer, comme créative, mais qu'on lui impose de façon autoritaire, et malgré elle. Cette politisation du rire et de la création, lorsqu'elle s'adresse finalement à des jeunes gens, devient une entreprise totalitaire effrayante.

Toutefois, au sein même du désastre animé/automatisé, se niche peut-être parfois certaines tentatives de sublimation : une ironie pointe, un détournement de l'obscène, vers des rires moins mesquins, semble vouloir se dire. Un auto-sabotage des publicitaires et vendeurs de rêve? On ne saurait le dire, mais celui qui saisirait cette occasion, ou celle, serait à coup sûr un-e alchimiste bien inspiré-e, vers la révolution au sens strict.

Hélas, ce qui attend bien souvent ces vedettes éphémères : la déception, l'isolement, l'oubli, et le délabrement final... Il faudrait un Aliocha Karamazov pour protéger ces enfants en détresse...

La vedette qui veut casser les murs appelle à l'aide (cf Pink Floyd). Néanmoins, la mise en scène sur-sexualisée ne fait que consolider ces murs, la distanciation et l'idolâtrie dérangée. Chaque mur détruit ici est un mur édifié. Une mise en abîme tantalienne qui souligne le sadisme latent de la société spectaculaire et marchande....

Un masque éloquent

Sérénité et délicatesse, dans ce tapage spectaculaire

Un recueillement salvateur, au sein de ce flot d'images standardisées

Sincérité et beauté, qui subliment et absorbent

Tendresse et émotivité, au sein du spectacle patriarcal et aseptisé

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