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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 19:35

Manies enjouées

 

Un individu exalté, et se croyant guéri, s’adresse à un ami :

 

« Comme je vous l'ai dit précédemment, j'ai cru souffrir très longtemps de ce qu'on a pu appeler "manie", et de ce que j'appelle, quant à moi : "décompensations". Ce mot simple, en apparence, renvoie selon moi à toute une somme de pensées souvent peu attentives, mais bien présentes, et qui s'entrechoquent aujourd'hui enfin au coeur d'une allégée, cette ondine tiède en sa patience radicale ou reliée. Je ne saurais vous faire une liste exhaustive, tant son écoulement est indéfini, mais je puis toutefois vous tracer quelques signes. Voilà comment ma fantaisie la baptise, cette "vilaine pisseuse" (je présente mes excuses par avance : je suis parfois un peu gris-voix... ; pour ma défense, je dirai que mon intention n'est pas de faire des mauvaises blagues, bien au contraire... ou bien !) :

 

Voici l'écartelite, la lacération, la crucifixion, la "nymphomanie", le "gésir", la passion romantique, la surabondance d'une vie qui tend infiniment à commettre un suicide/meurtre impossible, la sur-patrie d'un dernier homme désolé ou déserté, la successanéité absocale, radilue, ou problématinssible, la virilité qui martèle la virine, l'égocentrisme, la mégalomanie, l'eunuque, l'asexué(e), le nihilisme sceptique-dogmatique qui oublie sa dialectique affirmative, et de là, sa non-niaise quoique adolescente révélation (adolescent esseulé : Peter Pan l'orphelin...), oui bien la confusion totale, sans politesse, du sentant et de la sentie, le cogito perverti (Araignée trop centrée), la tautologie ultime en sa clôture malsaine, la tautégorie absolue, l'idée indexe d'elle-même non assez indécise, l'artiste puant sans nez qui veut se débarrasser du bien pesant charpentier, l'écrit qui bouche la parole, la circoncision, la vengeance par trop souffrante qui accuse (ainsi coupable et bêtement châtiée...), la lourdeur trop légère, oui bien l'homophobie qui refoule ou séduit son homosexualité, la Sodome qui trop se tend ou trop se détend, l'impatience, l'avidité, la sottise "inconsciente", l'irresponsabilité illusoire, le mur, la chute ou l'envol infinis, la singerie, l'auto-affection peu reluisante d'un terrestre "extra" qui se sent étranger, l'anthropophagie anorexique et boulimique d'un capitalisme-communisme, un Etat apparemment figé, un abrahamisme sadomasochiste, une quarantaine dans la quarantaine, une maçonnerie franche qui s'autodétruit en un goût de quelque sublime sauvagerie, un handicapé qui s'incinère dans le four d'une "merveilleuse" rationalité, un gitan qui pénètre et viole frénétiquement sa sédentaire ébullition, un noir qui séduit son négrier, une danse circulaire-effrénée qui immobilise quelque juteuse farandole, une Slovène ou des Lumières qui transfigurent ou ass-hommes une Montée Verdie, une tragédie farcesque qui perd sa comédie, un monstrueux grotesque qui fustige sa trivialité, un père qui aime son divorce et oublie ainsi son fils ou sa fille, un soleil qui étrangle sa lune, un trop Grand Midi-Minuit qui aveugle sa petite demi-heure, un occident-accident blanchi qui ne peut plus sentir son orient-pieds-nus-botté-chapeauté, et réciproquement, un "sens" par trop unique qui délaisse son asymptote-litote, son arabesque rare, sa catharsis, son double-6 (sagesse qui irrite), oui bien un "Dit Haut Nié" qui exécute, Barbare, un "Trop Long Appeau", et ainsi oublie son "Pan" puant ou bien pesant (Zeus), un "Catégorique" qui annule son "Jugement", et ainsi oublie le JC relié, oui bien un Titan-Thanatos-Theos (Rhôdin-Nietzsche) qui a perdu Son Rée, son rein, sa pisse, mais aussi son Paul, son loup, oui qui a snobé sa salvatrice qui omet une sale eau, un doute, sa Camille, son fou, oui certes un feu qui déteste sa mer et ainsi nie ses rejetons, oui déteste sa mère cette terre-ondulée-colorée-tiédie-proutée-salie-mesurée-fabriquée-nuancée, oui certes le soulagement malpropre d'un corps trop pur et trop propre en sa peste-asthmatique-si-da-cancer-lèpre-néguentropie-constipation-diarrhée-rhume-sans-nez, le vacarme qui assourdit la poétique lyre endormie dans sa gaieté, l'Air-raque-mythes-mite qui oublie sa Parménide et lui enlève sa mutine Pladiotine, sa petite androgyne, secrète et ironique, oui bien, oui bien : une migraine ophtalmique...

 

Voici donc ce Kant-à-soi, dans sa montagne royale et métro-nommée par une nymphette imaginée, cette "main qui se hume" et sent de là le prolongement d'une telle auto-affection : son "Oeuvre", sa CRP.

 

Voici, ces jolies petites fleurs accrochées à mon chi-ass-i(s), ces vannes évaporées et concentrées sur une infixation en son incertaine évidence, les mannes acides et rudes d'une comptine.

 

Voici l'absence d'un drame qui se dédramatise par respect, en ce qu'il serait l'incarnation d'un devin. La conique, la conne, la comique, le con, la connerie, la connasse : ô racle, ô des espoirs... étoilée éclatée, jeu en raie-zoo, etc., indéfiniment.

 

Tout cela, bien sûr, est a priori une somme de mensonges délirants et incohérents. Je présente une fois encore mes excuses, s'il y a apparence de quelque coq ou autre âne. Mais il semble pourtant bien que vous m'avez disposé à déplier cette folie trop sage dans son délire. Je vous renvoie un éventuel ascenseur, mais il n'y aura qu'un "aller", du moins je l'espère.

 

 

Mais venons-au fait. Donnons un bref aperçu de ladite "phénoménologie du langage" qui nous occupe en ces lieux.

 

Premier moment :

 

Dans un premier temps, je reste dualisé. D'un côté il y avait ce son, ce vacarme d'un Livre masculin, ce tapage d'un Individu qui trop se confond avec telle ou telle minéralité massive (physique ou chimique...). D'un autre côté, j'avais cette mélodie trop saine, trop allongée, trop transparente, bien peu colorée en sa vie-zizi-bi-lité. Il y avait bel et bien tel manque d'attention, telle occultation dédoublée en tant que redoublée deux fois, d'une parole oubliant la non-parole, et réciproquement. Deux sens, de prime abord. Une guerre, apparente.

 

Deuxième moment

 

Poser l'équation de cette phénoménologie du langage, où un Mètre occulterait son esclaffée, et réciproquement.

 

1) Une forme matérialisant : grandeur, réalité, lien, manière (gérélième)

Cf Table de JC de la CRP

(Jugements et catégories de la Critique de la raison pure)

 

2) Une matière formée : teneur, pénétration, transparence, puissance, volonté, aspect, plasticité, pesanteur, centralité (algéodyne)

(Algèbre, géométrie, dynamique ; Thalès, Anaximène et Anaximandre, les milésiens)

 

3) Quatre sens pour cette forme-matière : propre (physique), général (biologie), spécifique (anthropologie), et singulier (individuation) (Phybiandrivide)

 

4) Un conflit : Apollon comme Dionysos prétendent détenir la forme de l'autre, et réciproquement (?)...

 

5) L'équation en question

 

a) Définitions

 

J = Jugement, Joie, Jaillissure, Je sus, Jésus, Je(u), Jeté

 

C = Catégorique, Cri, Crétin, Camp, Concentration, Confucius, Christ

 

AA = Appeau allongé, Apollon, Appât, Appris sain

 

H = Hache, (H)âme, Hombre, Homme

 

V = Vis, Vie, Bête, Bouddha, Bout d'i

 

D = Dit haut nié, Dionysos, Destructeur, Désastre

 

M = Mètre, Maître, Meneur, Mahomet, Moïse

 

E = Esclaffade, Epatée, Esclave

 

T = Thanatos, Theos, Titans, Témembré

 

SS = Serpent-Sifflement, Syphilis-Sida, Succession-Simultanée

 

b) Connexions

 

J/C = Disjonction infinie apparente

 

AA/H = idem.

 

J/C//AA/H = idem.

 

J/C//A/H//V/D//M/E = idem.

 

SS = intercalé entre un T redoublé.

 

J/C = enveloppé apparemment par T/SS/T

 

 

 

c) Enonciation

 

Si :

 

J/C(AA/H/V/D/M/E) : T/SS/T

 

(Si JC a achevé d'aimer : testez)

 

d) Sens possibles de cette énoncé

 

Un Test : Un testament.

 

Un impératif : Dé-testez.

 

Dictons :

 

"Un peu de tout, pas trop d'une seule chose : trop d'amour tue l'amour".

 

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage".

 

« C’est si simple la vie ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y eut ce fameux pique-nique entre Pan/Zeus (Stendhal) et ses trois amis (TAA : les milésiens), mais aussi avec ces deux autres maîtres divisés-dédoublés, à savoir Dionysos (Nietzsche) et Apollon (Kant).

 

Il y eut d'abord 4 entrées, puis un plat de résistance, et enfin le dessert : Commencer, Commander, Agir.

 

Il y eut, cette fête, ce repas, ces rires, ces jeux, cette danse sur telle montée verdoyante, un air de paix qui fait aussi la guerre en son propre honneur sali.

 

Ce qui fut mangé : un Juge, le devenir d'un accouplement impossible et pourtant nécessaire, tel qu'il s'inscrit dans quelque succession simultanée ; mais aussi une Catégorique, jaillissement immédiat d'une relation copulant en elle-même de façon suspendue.

 

Oui, durant ce dîner sur l'herbe, il y eut un coup de Sifflet impromptu et improbable, bien qu'inévitable. Pour tout dire, celui-ci aurait été l'Affirmation proprement dite, telle qu'elle ne pourrait chaque fois jamais p-oser quelque Définitive Absolue réalité qui serait quelque peu bien identifiée. Cette Continuation, à son tour, serait quant à elle tout à fait ce Serpent infiniment Dérangeant, parce que trop Assuré d'un ordre envisageable. A ce titre, ce second serait un Démon, ou une Démesure, un Dit Disproportionné, en cela redoublé. Disons-le franchement, l'une autant que l'une, imprimée en elle-même de façon Assertoriquement problématique, serait bel et bien cette trop belle et trop bonne nouvelle parole qui nous aurait déjà Annoncé la venue d'un Amour Atrocement Angoissant : Tautologie Tautégorique, Thanatos, Théos, Titans.

 

Simplifions. Pour plus de clarté, baptisons-les ainsi ces 2 fâcheuses, sans toujours déjà rien sous-entendre :

 

-Il y aurait J (le su) et C (le cri), ou encore A (trop long appeau) et D (dit haut nié), c'est-à-dire T (traître tragique trafic), ou encore SS (su-ici-dés : successanéité qui serre les dents et étouffe), voire même T rappelé.

 

-Toutes les conversations de cette fin de soirée montagneuse et chaleureuse étaient donc concentrées sur le problème suivant : "Si-ci J-C (A-D) : T-SS-T" (Si JC a détesté ; si JC a dé-testé).

 

-Impératif catégorique : ce pique-nique. Mais commençons par le commencement.

 

A) Le commencement des maîtres-esclaffés : 4 entrées

 

1) Première entrée : le sens propre

 

a) Quoi ?

 

Une minéralité massive, un vacarme monstrueux. Le cosmos tout entier. Le physique.

 

Une forme, un contenant, une condition, ainsi que sa matière, son contenu, sa conditionnée.

 

b) La forme de JC propre

 

- Grandeur : universalité unique.

 

- Réalité : affirmation réelle.

 

- Lien : substance accidentée catégorique.

 

- Manière : possibilité impossible, problématique.

 

c) La matière de JC propre

 

- Une algèbre :

 

= Teneur : devenir-pénétration/devenir-impénétration (air, solide).

 

= Transparence : devenir-assèchement/devenir-écoulement (eaux, couleurs).

 

= Intensité : devenir-embrasement/devenir-refroidissement (feu, lumière).

 

- Une dynamique :

 

= Volonté : devenir-surgissement/devenir-évanouissement (mouvement en spirale).

 

= Puissance : devenir-explosion/devenir-implosion (apparition du conique).

 

= Centralité : devenir-habité/devenir-déserté (terriens en tant qu'extra-terrestres).

 

 

- Une géométrie :

 

= Plasticité : devenir-durcissement/devenir-ramollissement (chaleur).

 

= Pesanteur : devenir-alourdissement/devenir-allègement (attraction, gravitation).

 

= Aspect : devenir-courbe/devenir-chaos (sphère, parabole).

 

2) Deuxième entrée : le sens général, la sans-gêne

 

a) Quoi ?

 

Le vivant dans son ensemble, végétal ou animal. Joyeux festin. Sympathique plaisir. Friandises.

 

Une forme et une matière.

 

b) La forme de JC générique

 

- Grandeur : cellule démultipliée.

 

- Réalité : confirmation posée.

 

- Lien : dépendance éventuelle.

 

- Manière : vivre et mourir assurément.

 

 

 

 

 

c) La matière de JC générique

 

- Une algèbre :

 

= Teneur : devenir-séduction/devenir-refoulement (copulation, pet, merde).

 

= Transparence : devenir-pur/devenir-impur (eau, lait, pisse, laid).

 

= Intensité : devenir-rayonnant/devenir-mutilant (phéromones).

 

- Une dynamique :

 

= Volonté : devenir-survie/devenir-assouvi (inspirer, expirer).

 

= Puissance : devenir-éternel/devenir-mortel (respirer, aspirer).

 

= Centralité : devenir-meute/devenir-bannissement (sentir bon, puer).

 

- Une géométrie

 

= Plasticité : devenir-sain/devenir-malade (étron solide, chiasse).

 

= Pesanteur : devenir-chute/devenir-envol (reptile, oiseau, arbre).

 

= Aspect : devenir-courbé/devenir-droit (animal, végétal, humain).

 

3) Troisième entrée : le sens spécifique

 

a) Quoi ?

 

L'humain en tant qu'il occulte peut-être son animalité ou sa végétalité. Une anthropophagie étrange.

 

Une forme et une matière.

 

b) La forme de JC spécifique

 

- Grandeur : particule plurielle.

 

- Réalité : négation niée.

 

- Lien : hypothèse d'une effectivité.

 

- Manière : existence non-existante, assertorique.

 

c) La manière de JC spécifique

 

- Une algèbre :

 

= Teneur : devenir-bravoure/devenir-lâcheté (hardiesse, épopée).

 

= Transparence : devenir-franchise/devenir-hypocrisie (finesse, comédie).

 

= Intensité : devenir-séduction/devenir-répulsion (passion, tragédie).

 

 

- Une dynamique

 

= Volonté : devenir-joie/devenir-tristesse (désir).

 

= Puissance : devenir-plaisir/devenir-déplaisir (choix).

 

= Centralité : devenir-ami/devenir-ennemi (paix, guerre).

 

- Une géométrie

 

= Plasticité : devenir-coulant/devenir-sans pardon (exigence, respect, mépris).

 

= Pesanteur : devenir-dramatisation/devenir-dédramatisation (sérieux, farce, humour).

 

= Aspect : devenir-fierté/devenir-humilité (orgueil, modestie).

 

4) Quatrième entrée, le sens individué

 

a) Quoi ?

 

L'individu lui-même, tel qu'il se déguste lui-même, tel qu'il se séduit lui-même ou se hait lui-même : Pharma-cône, l'artisan.

 

Une forme et une matière.

 

b) La forme de JC individué

 

- Grandeur : singularité totale.

 

- Réalité : infinité limitée.

 

- Lien : disjonction commune ou réciproque (agent-patient).

 

- Manière : apodicticité nécessaire dans sa contingence.

 

c) La matière de JC individué

 

- Une algèbre :

 

= Teneur : devenir-gourmet/devenir-anorexie (gastronomie, goût).

 

= Transparence : devenir-décoloré/devenir-coloré (peinture).

 

= Intensité : devenir-vacarme/devenir-harmonie (musique).

 

- Une dynamique

 

= Volonté : devenir-édification/devenir-destruction (architecture).

 

= Puissance : devenir-transformation/devenir-information (sculpture, WWW).

 

= Centralité : devenir-ouverture/devenir-fermeture (troubadour et sa poésie).

 

- Une géométrie

 

= Plasticité : devenir-souplesse/devenir-rigidité (danse).

 

= Pesanteur : devenir-bandelettes/devenir-débandé (bande dessinée).

 

= Aspect : devenir-force/devenir-faiblesse (littérature écrite, philosophie, cinéma).

 

5) Bilan de l'expérience des 4 entrées

 

a) Remarque préalable

 

Ce pique-nique, notons-le bien, est une façon pour quelque androgyne céleste (Dieu(e)) de tester nos 6 Hôtes.

 

b) Les façons de Dionysos/Nietzsche

 

- Comportement :

 

Il dévore la première et la dernière entrée, et croit pouvoir snober les deux intermédiaires.

 

- Analyse clinique :

 

Il est obsédé par le caractère inanimé du livre, et il a oublié l'arbre, la paix.

 

Il pose l'éternel retour, mais il est dans la plus grande confusion, en cela suicidaire également :

 

= il confond J et C, forme et matière, léger et lourd, sens propre et sens individué, sens et sens.

 

 

 

 

c) Les façons de Kant/Apollon :

 

- Comportement :

 

Il mange un peu de tout, mais il aime un peu trop la troisième entrée, et de là occulte la deuxième.

 

- Analyse clinique :

 

Il aime le livre et la beauté, mais il aime aussi ses amis bien visibles. Trop visibles peut-être, d'où une sécheresse ridicule.

 

Il souffre de son divorce qui lui a enlevé son Friedrich.

 

d) Les façons de Pan/Zeus/Stendhal et de ses trois amis (TAA : les milésiens)

 

- Comportement :

 

Adaptation. Imiter Papa et Maman pour ne pas les fâcher, mais aimer chaque plat à sa manière.

 

- Analyse critique

 

Ce que préfèrent nos 4 larrons : le petit vent frais entre la deuxième et la troisième entrée : Friedrich et Emmanuel encore enamourés ?

 

 

 

 

 

B) Le commandement des maîtres-esclaffés : plat de résistance

 

1) Remarque

 

Ces maîtres commandent en ce qu'ils justement commencent. Parce qu'ils sentent les premiers, ils engendrent les premiers (avant et après, à chaque fois).

 

 

2) Le plat en lui-même

 

a) Quoi ?

 

Un goût d'impératif inconditionné ; 4 sens qui ordonnent.

 

Une forme et une matière.

 

b) La forme de JC propre, générique, spécifique ou individué, tel qu'il commande (dans cet ordre).

 

- Grandeur : Sujet (maximes), Vie (homéostasie), Objet (préceptes), Sujet-Objet (lois).

 

- Réalité : Règles pratiques d'effectuation, Règles pragmatiques d'engendrement, Règles pratiques d'abstention, Règles pratiques d'auto-affection (prescrire, interdire, excepter).

 

- Lien : A l'état de la Personne, à l'état du Vivant, à l'état de l'Humain, à l'état de l'Individu (isolement, communauté).

 

- Manière : permis-défendu, soin-mauvais traitement, devoir-violation du devoir, devoir parfait-devoir imparfait.

 

c) La matière de JC qui commande

 

- Sujet externe : éducation, constitution civile

 

- Sujet interne : sentiment physique, sentiment moral

 

- Objet interne : perfection

 

- Objet externe : volonté de Dieu(e)

 

 

 

 

 

3) Analyse clinique

 

a) Les façons de Nietzsche/Dionysos

 

- Comportement : ascétisme niais et asexué.

 

- Analyse : l'éternel retour comme PMD ou bipolarité d'une loi terrifiante.

 

b) Les façons de Kant/Apollon

 

- Comportement : ni trop ni trop peu.

 

- Analyse : la loi morale comme pharmakon puissant : "Agis de telle sorte que la maxime de tes actions soit conforme à telle législation universelle".

 

c) Les façons de Stendhal/Pan et de ses amis EDF (Einstein/Darwin/Freud) ou TAA

 

Dédramatisation d'un pet qui est dû. Vomissement salvateur. Tiédissement.

 

C) L'agir des maîtres-esclaffés : le dessert.

 

1) Quoi ?

 

La valeur, l'intensité, l'or, le silence. Une île flottante.

 

Une forme et une matière.

 

2) Forme de JC qui agit

 

Axiomes, Anticipations, Analogies, Postulats.

 

 

 

3) Matière de JC qui agit : néant

 

Concept vide sans objet, objet vide d'un concept, intuition vide sans objet, objet vide sans concept.

 

4) Comportements des hôtes

 

a) Façons de N/D

 

Sublime tragique farce. Traître trafic.

 

b) Façons de K/A

 

Beauté sublime cucu, comédie musicale. Compassion crétine.

c) Façons de P/Z/S

 

Adaptation, amour de l'entre-mets : la conique comique. Empathie artisanale.

 

 

 

Troisième moment

 

 

Une question maintenant résolue ( ?) : « Si JC a détesté, si JC a dé-testé, si JC a achevé d’aimer ? »

JC, son testament n’est pas un test, ce que ne comprennent ni Dionysos ni Apollon, pris séparément ; dès lors, JC n’achève pas l’amour, et ne déteste pas de ce fait, mais Apollon comme Dionysos, pris séparément, obstruent le chemin vers cette révélation. Pan, ou Zeus, avec ses trois ou six compères, désobstruent ce chemin, en tant qu’ils seront le principe de conciliation de l’apollinien et du dionysiaque.

 

Quatrième moment :

 

Nous, potentielle puissance, pour elle-même :

L'être serait le devenir, cette seule temporalité possible actuellement, en tant que la conscience, l'être, ne serait pas autre chose qu'une série d'intensités, une variation continuelle qu'elle réfléchit, une clarté chaque fois transitoire qui se saisit elle-même.

Eux, incertaine impression du dehors, en elle-même :

Non, l'Etre est l'un, l'identique, la répétition, le nécessaire. L'Etre s'affirme d'abord en tant qu'il est l'Eternel invariable ; c'est ainsi qu'il nie le devenir, le temps qui passe, la durée changeante et hasardeuse, tels qu'ils tendent à s'émanciper, tels qu'ils désirent acquérir leur indépendance. L'Etre et le devenir s'opposent comme le Bien et le Mal. Car oui, la négation du devenir par l'Etre est au fond une sorte de Justice Divine, bonne en elle-même. Car oui, par cette négation, l'Etre sauve le devenir, il le rachète, il lui accorde une rédemption. Car oui, le devenir a besoin d'un sauveur ; il est en lui-même injuste, coupable, dans la mesure où il meurt et naît, disparaît, souffre de cette extinction, paie en somme, ainsi châtié, le tribut d'un grave péche. L'Etre, le Bien, absout le devenir, le Mal ; il le prend sous son aile ; le surplombant, il le structure, il lui apporte une forme, un sens, une direction, une situation, bien fermes et bien assurés. Pour tout dire, il lui offre tout ce qui pourra lui faire oublier sa souffrance, afin qu'il finisse par aimer cette souffrance, cette juste liquidation d'une dette, et afin qu'il finisse par accepter sa servitude, nécessaire. L'Etre n'est pas le devenir, le multiple, la série des différences. Il les contient bien plutôt sous lui, par compassion. Il les nie en eux-mêmes pour qu'ils puissent s'affirmer, dans le même temps, en lui-même, ainsi consolés, innocentés, justifiés.

Nous, plongés dans quelque confusion distincte :

Tout ce que nous venons d'entendre n'a pas été entendu, à défaut d'avoir été écouté, et réciproquement. Trop fluide est l'écoulement impossible de votre intuition. Trop sublime, trop belle et trop "moyenne" à la fois est votre splendide mélodie. Il faudrait raconter une très longue histoire, et plus que cela encore, pour peut-être un jour vous comprendre. Mais pour l'instant, nous resterions interdits.

Commençons toutefois par nous montrer conciliants. A dire vrai, nous devons bien accepter le contenu majeur de votre énonciation : certes, l'être est l'un, l'identique, la répétition, le nécessaire, il n'est pas quelque mort-né. Mais il nous semble bien, en vertu de nos étranges principes, que nous devons pour l'instant espérer que vous-mêmes rejetez ces évidences. Etablissons quelque transitoire positionnement qui serait "nôtre" :

1) Pourquoi l'être serait-il l'un ? Parce qu'il serait chaque fois un être, ce seul être, cette seule conscience (le pour soi), cette seule pensée qui se pense, ce seul corps qui se sent, cette seule vie qui se vit. Parce que l'être, la conscience (le pour soi), ne serait pas divisible, et ne serait pas non plus une réalité partielle, une situation parmi d'autres. Oui, l'être serait l'un (ce seul un), car il ne cohabiterait jamais avec quelque dehors consistant. Par exemple, on ne pourrait pas dire : il y a, d'un côté, l'être, l'actif, la conscience proprement dite, le fait de sentir, et, d'un autre côté, l'autre être, le passif, ce qui est pensé par la conscience, le fait d'être senti. L'être, ce serait sentir et être senti, en une seule fois. L'être, ce serait la tautégorie, le coeur d'une certaine automonstration, c'est-à-dire l'unité et non la dualité.

Pour tout dire, nous admettons l'unité de l'être dans la mesure où nous admettons son irréductible multiplicité. En effet, pour nous, il n'est pas contradictoire, apparemment, de dire que l'être est un, et d'affirmer, en même temps, qu'il devient, c'est-à-dire qu'il est une ouverture sur la variation plurielle. Pour nous, l'être n'est certainement pas l'un qui nie le devenir, le multiple, mais l'un qui s'affirme à partir de l'affirmation du multiple, et le multiple qui s'affirme à partir de l'affirmation de l'un.

Pour nous, l'être est l'un qui éventuellement nie seulement la dualité, l'existence d'une temporalité qui serait hors du devenir, extérieure au devenir. S'il y avait deux êtres, s'il y avait par exemple, d'une part, un "corps", séparé en tant que seulement senti, et, d'autre part, une "âme", séparée en tant que seulement sentante, alors oui, il serait possible de considérer qu'un certain être qui n'est pas une unique pluralité peut nier un autre être qui est une unique pluralité. Mais cela est impossible.

Un seul être serait, et tout non-être ne serait pas : il y aurait l'être, cette seule et unique multiplicité.

2) Pourquoi l'être serait-il l'identique ? Parce qu'il ne serait jamais l'être, ou la conscience (le pour soi) d'un autre distinct. Parce que l'être serait ce qui est propre a un seul corps, à une seule pensée, à l'exclusion de tout autre corps ou de toute autre pensée. Si la conscience était double, si elle était la conscience simultanée de deux corps séparés (séparés dans l'espace, par exemple), alors il serait possible de considérer que l'être n'est pas un seul et même être, bien identifié. Mais cela doit être absurde, tout simplement parce que cela contredit visiblement l'expérience la plus banale de tout quotidien. Certes, il nous arrive parfois, lorsqu'un semblable nous parle, nous touche, nous pénètre, de ressentir la curieuse impression que nous rejoignons véritablement sa conscience de corps distinct, soit que deux corps partagent une même pensée, que deux êtres extérieurs l'un à l'autre partagent un même être. Pourtant, cela signifie seulement que, par lui, notre conscience devient plus évidente pour elle-même, plus assurément close (ouverte), en un mot, cela signifie que l'être en tant qu'être identique se confirme, en toute normale logique ; cela ne peut signifier que l'être se dédouble, confusément, puisque de fait, cela n'arrive pas tous les jours.

Disons-le, nous admettons l'identité de l'être, de la conscience, dans la mesure où nous reconnaissons qu'il est une même série de différences. En effet, nous rejetterions l'idée selon laquelle l'identité de l'être nie, contredit sa différenciation dans le devenir. Pour nous, l'être est l'identique en tant qu'il serait la différence, et il est la différence en tant qu'il serait l'identique.

Pour nous, l'être est l'identique qui nierait en puissance une seule chose, à savoir l'altérité séparée. S'il y avait un être autre, par exemple une "autre âme" occupant "le corps" d'une âme donnée, alors oui, il serait légitime de penser qu'un certain être nie la différence identique, le devenir, alors que l'autre l'affirme. Mais cela n'a pas lieu.

Ce même être serait, et tout non-être, tout autre être du dehors, ne serait pas : il y aurait l'être, cette différenciation bien identifiée.

3) Pourquoi l'être serait-il la répétition ? Parce que l'être, la conscience, ne serait jamais une rupture franche, une réalité qui viendrait remplacer une autre réalité. Parce que l'être, la conscience (le pour soi), serait une permanence qui se transforme, une série de changements qui demeure. L'être se répète en tant qu'il serait la conscience toujours déjà affirmée. Certes, on pourrait poser la pensée comme une succession discontinue, soit comme le passage d'un être à un autre être, et il serait possible alors de dire que l'être n'est pas la répétition. Certes, on pourrait dire qu'une certaine non-conscience, succédant à l'être conscient ou le précédant, peut être sentie effectivement, niant la répétition (on pourrait tout aussi bien dire que ce qu'il y a avant ou après la vie se laisse penser véritablement, absurdité qui reste à prouver...). Toutefois, cette position demeurerait irrecevable, elle s'opposerait à l'expérience. Pour le montrer, imaginons tel qui aurait dormi et ne se souviendrait plus de son rêve. Supposons qu'il serait bien présent. Figurons un rêve bruyant, catégorique en apparence, mais problématique et indécis en son fond proprement impropre :

Cet homme éveillé est actuellement bel et bien conscient, il est, conformément à ce qui chaque fois arrive. En outre, il ne sent pas que cet être, que cette conscience présente, constitue un fait qui pourrait ne pas se poser. De fait, d'un certain point de vue, il se maintient dans l'élément qui a toujours été le sien. Une question se pose toutefois : son sommeil maintenant indicible, oublié, ce qui est désormais un néant passé, change-t-il quoi que ce soit à ce sentiment de redondance ? Réponse : absolument pas, en notre relative perspective. En effet, s'il y a deux options possibles, de toute façon, dans les deux cas, la conscience demeure sûrement une saisie de la répétition :

a) d'une part, il se peut que, contrairement à ce qui se laisse remémoré actuellement, ce sommeil fut traversé effectivement par un rêve, par une pensée perçue, par une conscience, par un être ; et dans ce cas, il est clair que la conscience n'est pas le passage à une autre réalité, il est évident qu'elle est une continuation : il y a eu conscience lors d'un rêve, et il y a encore conscience lors de la veille que constitue cette pensée présente, rien n'a jailli à partir de rien, rien ne s'est évanoui vers le rien ; peut-être dira-t-on que la veille en perspective, parce qu'elle occulte ledit rêve, semble nier cette conscience qui la précède, de telle sorte qu'elle est une rupture radicale, mais on aura tort, car la possibilité de l'oubli n'est pas un argument contre le caractère affirmatif ou répétitif de la conscience, mais plutôt contre son caractère non changeant, soit contre ce caractère dont nous ne saurions constater l'existence justement parce qu'il y a répétition ; nécessairement, de même que certains épisodes passés de notre vie diurne s'échappent hors de notre mémoire sans pour autant que la conscience cesse d'être toujours déjà cette seule présence, de même tout songe nocturne évaporé ne signifie jamais la possibilité d'un surgissement brutal de l'être hors d'une consistance qu'il ne serait pas ;

b) d'autre part, et c'est la deuxième option, il se peut que, conformément à l'état présent de la mémoire, ce sommeil fut absolument dénué de contenu onirique, absolument non-conscient, absolument privé d'être (c'est plus difficile à croire, mais c'est possible...) ; et dans ce cas, il est encore bien certain que la conscience ne saurait être une faille temporelle, un temps qui en remplacerait un autre : car le non-rêve effectif du dormeur, ce non-corps, n'est pas un temps, par définition ; probablement objectera-t-on que cette non-conscience qui s'intercale entre "deux temps" conscients contredit la vie consciente en son sein-même, et donc que celle-ci est discontinue, mais on se trompera, car la possibilité d'un tel entre-deux n'est pas un argument contre la répétition de la conscience, mais contre la présence simultanée d'une conscience et d'une non-conscience, laquelle simultanéité implique précisément un néant géniteur, la non-répétition ; nécessairement, de même que ce qui n'est pas encore né peut bien ne pas être sans pour autant nier la permanence variable de l'être, de même le repos vidé de toute pensée ne saurait vouloir dire qu'il y a éruption de la conscience au sens où elle aurait délaissé un être séparé d'elle.

Posons-le donc en un éventuel maintenant, en toute vraisemblable légitimité : nous constations que l'être est répétition en tant que nous constaterions qu'il y a continuellement miracle, nouveauté, devenir. Pour nous, la répétition de l'être ne renvoie pas à la privation du miraculeux, de l'étonnement radical. Pour nous, l'être serait répétition parce qu'il est évidemment miracle, et il serait miracle parce qu'il est répétition, de façon impossible. Certes, s'il n'y avait pas de miracle, de nouveauté, il n'y aurait pas de répétition, de rengaine, de reprise, de récidive, de récurrence de l'être, il y aurait seulement un état stable, figé, invariable. Certes, s'il n'y avait pas de répétition de l'être, il n'y aurait pas ce sentiment d'une affirmation chaque fois différente, stupéfiante, il y aurait seulement une lassitude banale. Mais de telles suppositions ne doivent pas être vraiment fondées.

De là, de fait, l'être serait bel et bien la répétition qui nie une seule chose, à savoir l'invariable, l'ennui, le probable. Certes, seul un être figé, prévu, seul, par exemple, une saisie effective de certaines conditions précédant l'être (telles : des futurs parents, un rêve oublié, etc.), pourrait rendre juste et nécessaire le fait d'admettre que l'être ne se répète pas, mais qu'il y a bien plutôt un mort-né "parmi d'autres". Mais cet être avant l'être ne serait pas, par hypothèse.

L'être nouveau serait, encore, et le non-être prévoyant ne serait pas, à jamais : il y aurait l'être, cette extase liée à une redite, cette Epiphanie.

4) Pourquoi l'être serait-il le nécessaire ? Parce que la conscience (le pour soi) ne pourrait pas ne pas affirmer son affirmation. Parce que, oui, puisqu'il y a la comscience, l'être, il y a nécessairement la conscience, l'être. Dans le cas impensable où l'être aurait la possibilité de ne pas être à un moment donné du temps, il serait envisageable de reconnaître qu'il est non nécessaire, non indispensable. Mais tout être est, et tout non-être n'est pas, assurément. Oui, toute conscience se pense, et toute non-conscience ne se laisserait jamais penser. L'être ne saurait être une possibilité parmi d'autres possibilités. Peut-être voudrions-nous toutefois reconnaître qu'"il y aurait" un avant et un après pour l'être, par lequel il ne serait pas essentiel. Par exemple, nous pourrions dire que l'ayant à naître où le cadavre sont des étants non-conscients. Mais de telles suppositions ne sauraient s'ajuster au seul fait qu'il est possible d'attester pour l'instant, au seul événement qu'il est nécessaire de constater de prime abord. Explicitons cette ivresse songeuse, ici assertorique et actuelle, quoique toujours négation à venir :

Qu'est-ce que le pas-encore-né, qu'est-ce que le mort, pour celui qui est né pour mourir, pour ce seul qui naît et meurt, c'est-à-dire dans l'absolu ? Si nous partons de ce seul point de vue problématique, ainsi fidèles à la nécessité de l'être, cela n'est rien du tout qui concerne en propre la conscience qui se vit, non, rien du tout, du moins dans une certaine mesure : un non-encore-né ne se sent pas, ne pense pas, pas plus qu'un cadavre, pas plus qu'une poussière de mort, et ce jusqu'à preuve du contraire. Pourtant, toujours de ce point de vue, peut-être semble-t-il bien que la naissance ou la mort d'un autre possède une certaine consistance, mais aussi que la naissance et la mort qui frappent le corps non-autre renvoient à une réalité bien assurée, c'est-à-dire à un corps passé ou à venir extérieur à lui. Et certes, en un certain sens, cette double, voire triple énonciation serait tout à fait adéquate. Mais en même temps, nous ne pouvons la valider complètement, car elle est une façon de présenter la chose qui peut nous induire en erreur :

a) D'une part en effet, si l'apparition de la naissance ou de la mort d'autrui qui est au coeur de cette seule conscience présente qu'est "la" conscience, est bien réelle, bien vécue, si elle est bien l'être, si elle consiste bien, malgré tout cette réalité n'implique jamais, de fait, sa possibilité de contaminer, d'affecter la non-conscience irréductible de l'autre qui serait mort ou presque né, laquelle non-conscience demeure alors non-conscience, par-delà toute considération extérieure qui serait déjà ou encore posée.

b) D'autre part, si l'apparition de la mort ou de la naissance du corps peut-être propre, au coeur d'une conscience autre, est bien un étant authentique, malgré tout cette réalité distincte ne saurait altérer un tel non-corps, lequel doit rester alors dans l'élément indifférent du non-être.

c) Enfin, si l'apparition d'un témoignage d'autrui relatif à quelque naissance ou à quelque mort de la pensée proprement souillée est tout à fait consciente, réelle, cela ne veut pas forcément dire que cette pensée dite propre se sentira telle qu'elle serait née effectivement ou telle qu'elle se dirigerait vraiment vers le néant :

- en effet, dans le cas où un dire d'autrui désigne et communique cette naissance, il ne s'agit pas pour autrui de réveiller une mémoire partagée, mais seulement de manifester le devenir de sa seule mémoire, à l'exclusion de celle qui "est" née, et donc ce dire ne saurait produire l'impression d'une non-conscience consciente,

- en outre, dans le cas où une parole autre montre la mort du corps propre (un non-corps improprement dit), il s'agit pour ce corps ici énoncé propre d'anticiper un dialogue passé à venir (analogiquement relié à un certain dialogue présent pensé par ce corps), soit d'anticiper un dialogue entre deux corps probablement autres seulement possibles, lequel dialogue, ainsi visiblement futur et peu clair, implique une perception autre de ladite mort, mais aussi sa communication absente présentement, soit implique ce qui ne saurait, a fortiori, créer la sensation actuelle de cette mort, telle qu'elle serait pensée du non-être.

Pour tout dire, il faudrait éviter de poser, confusément, ceci : il semble que la mort et la naissance, de l'extérieur, sont consistantes, et ce en un sens certain. Car cela pourrait nous guider vers l'illusion selon laquelle mort et naissance renvoient à un non-être étant inenvisageable en ce lieu dubitatif. Il vaudrait mieux dire, plus précisément, ainsi masqués : la mort et la naissance sont des étants en tant qu'elles sont seulement une situation de communication vécue, et non un non-être vécu.

De là, la réponse à notre question pourrait s'affirmer : le pas-encore-né, le mort, seraient des fictions au sens strict, à savoir des paroles, des témoignages d'autrui figurant un certain épisode passé (notons : aucune fiction ne naît présentement de rien, toute fiction doit bien être un témoignage, soit continuer un passé qu'elle exprime, de façon plus ou moins explicite) ; certes ces fictions seraient bien réelles, puisqu'elles seraient senties dans le temps de leur affirmation, et puisque les souvenirs qu'elles évoqueraient renvoient à un certain devenir d'une conscience réelle ; mais le pas-encore né ou le mort que serait une pensée située dans le néant, dans l'absence de toute vie, serait impensable. Le pas-encore-né, le mort, serait (il se pense) en tant qu'il est peut-être (en tant qu'il se laisse remémorer et communiquer consciemment), et il ne serait pas (il ne sent rien) en tant qu'il n'est assurément pas (en tant qu'il est un vide ou un cadavre non percevant).

Maintenant donc seulement nous pourrions clairement saisir ce que veut signifier l'être comme nécessité et dire à nouveau, dans la lumière d'une situation honnêtement ajustée : puisque tout ce qui est avant ou après une vie serait un étant seulement en tant qu'il est vécu, autrement dit puisqu'il n'y a proprement pas d'être avant ou après l'être, il faut dire que l'être serait nécessaire (notons : cette nécessité signifierait bien aussi que le corps présent ne pourrait pas non plus être autrement dans l'ordre de la simultanéité ; rappelons-le, l'ordre de la succession, que nous avons considéré ici, commande, précède la spatialité qui lui est propre).

A vrai dire, nous affirmerions la nécessité de l'être parce que nous affirmons son hasard absolu, son caractère arbitraire, le fait qu'il serait totalement non causé par quelque élément extérieur prédonné, et non dirigé vers quelque autre fin à venir. Certes, s'il n'y avait pas de hasard, de caprice de l'être, de devenir, il n'y aurait pas nécessité de l'être, il y aurait seulement une possibilité d'être parmi d'autres, un être hypothétique, précaire, mal assuré, relatif. Certes, s'il n'y avait pas nécessité, il n'y aurait pas de caprice de l'être, il y aurait seulement une lancée et une projection figées, mouvant l'être à partir du dehors. Mais de telles suppositions ne nous parleraient pas encore. Pour nous, et pour l'instant, la nécessité de l'être nierait donc une seule chose, à savoir l'éventualité d'un autre régime du nécessaire, soit l'éventualité d'une nécessité hypothétique, relative, conditionnelle.

Oui, pour nous, la nécessité de l'être nierait ceci et seulement ceci : toute causalité séparant la cause de l'effet, ainsi que toute téléologie déchirée...en un mot toute réaction. Certes, si l'être réagissait, s'il était soumis à une condition réelle qui le précède sans être lui, ou encore s'il devait obéir à un autre être qui serait après lui, oui, si l'être n'était qu'une hypothèse radicale, une possibilité parmi d'autres possibilités, soit une réalité attendue, calculée, retombée, alors il serait tout à fait impossible de poser sa nécessité, son caractère indéfiniment improbable, son inscription dans une somme indéfinie de possibles. Mais, parce que l'être agit simplement, selon notre actuelle position justement restreinte, parce qu'il serait en lui-même la seule condition qui lui confère une certaine puissance, parce qu'il serait insoupçonnable, incalculable, impossible (ce seul possible), et inattendu, il est, disons-le encore une dernière fois, absolument nécessaire, de fait.

L'être serait, par lui-même contraint, et le non-être ne serait pas, cette hypothèse inconsistante : il y aurait l'être, nous agissons.

Constatez donc. Nous sommes beaux joueurs. Nous acceptons de rire, de nous amuser avec les jouets que vous nous avez généreusement prêtés. Nous voulons, comme vous-mêmes, les affirmer, et d'ailleurs nous ne nous en privons pas ! Ainsi, certes oui, nous l'admettons : il y a l'être, un, identique, répété, nécessaire. Car oui, conformément à votre énonciation, nous reconnaissons que l'être ne naît ni ne meurt : il est absolument vide (non-autre), soit absolument plein (même), il est absolument superficiel (multiple), soit absolument profond (un), il est absolument clos (impossible), soit absolument ouvert (nécessaire de fait). Seulement, vous-mêmes ne nous donnez pas le bon exemple : vous semblez bien las en jouant, avec votre regard dramatique et sérieux, et peut-être même doit-on dire que vous êtes des "mauvais" joueurs. En effet, vous avez l'air de devoir détruire vos jouets pour les reconstruire, puis pour vous réjouir finalement à leur contact. Ce qui vous amuse apparemment, c'est un jouet qui a été déprécié et qui a pu ainsi obtenir, après coup, une appréciation distincte, autonome, c'est, en bref, une évaluation renvoyant à quelque façon de jouir personnellement d'un désastre causé, surmonté, puis en fin de compte valorisé, et ce chaque fois par le jouissant-même. Pour tout dire, vous accusez le jouet, vous lui reprochez de ne pas encore être tel qu'il "devrait" être dans un passé ou dans un à venir encore relativement possibles, et c'est ainsi qu'il deviendrait impératif d'altérer ce jouet, de tendre vers sa justification, sa rédemption, sa consolation, sa réévaluation. Pourtant, le jouet en question, la matière, l'être, ne saurait devoir rejoindre, en tant qu'initialement coupable, quelque potentialité encore inconsistante, il ne saurait être effectivement altéré, séparé, déchiré, rendu autre, pour la seule raison qu'il est, après tout, cette nécessité absolue et semblable d'un fait, tel un innocent égal à l'innocence que peut traduire la clarté rare et indispensable d'une étoile brillante. Autrement dit, ce jouet est divertissant en lui-même et par lui-même (soit : pour lui-même), et c'est ainsi qu'il serait vain, stupide, bien étrange, de vouloir le briser en deux comme vous essayez de le faire, pour le recoller ensuite, au coeur d'un plaisir malsain, puisque tout divertissement qui se contraint lui-même ne possède justement aucun "morceau" susceptible de se détacher effectivement. Reconnaissez-le : vous les simulacres de casseurs, vous qui jouez les bûcherons, vous êtes probablement des originaux avides de reconnaissance, des comédiens malhonnêtes, des copies dubitatives, et en cela vous refusez de jouer complètement le jeu, de tomber les masques, d'admettre la plasticité de votre hache par-delà son tranchant.

De là, nous-mêmes, au fond, nous sommes préoccupés à votre contact, nous sommes inquiets ; car vous avez pâle mine, et votre regard éteint. Oui, au fond, ce n'est pas par un mépris gratuit que nous vous considérons de la sorte, mais bien par une certaine tendresse, soucieuse en ce qu'elle est aussi amusée. Avouons-le, les seules questions qui nous occupent vraiment sont les suivantes, et elles sont pleines d'empathie, pleines de notre péché mignon. Les voici donc ces questions, dures et brutales comme la sauvagerie aimante du vivant, mais aussi douces et précautionneuses comme sa grandiose faiblesse : "Qu'est-ce qui a bien pu vous arriver, pauvres enfants terribles et décadents, pour que vous soyez ainsi jetés dans la confusion ? Qu'allons-nous faire de vous ? Pourrons-nous vous faire retrouver le droit chemin ?" Reconnaissons-le toutefois dès maintenant, pour le confirmer plus tard : certainement avons-nous affaire à une erreur de visée, soit à une façon de se tromper de destinataire. Un indice peut nous le faire comprendre : celui qui s'inquiète, compatit, ou s'attendrit, accuse, de fait, et de là casse lui-même...

Elles, reconnues apparemment, coupant notre parole :

Et bien nous voyons que nous y arrivons tout doucement. Nous savons que vous allez retrouver ce "droit chemin" qui certes était au départ celui que vous pensiez nôtre.

Mais pourquoi toujours parler au conditionnel ? Vous venez de le découvrir, le "pas", la négation, n'est jamais que la plénitude d'une marche qui "est" vers sa différence.

Oui, vous l'avez dit, l'Etre est l'un, le multiple, donc le deux, mais aussi il est l'identique, le différent, donc la séparation, mais aussi il est répété, miraculeux, donc discontinu, mais encore et enfin il est nécessaire, hasardeux, donc possible et contraint au coeur d'une finitude réactive.

 

Cinquième moment :

 

Témoignons, par définition suspendue, il est un devenir de la pensée qui s'inscrit dans ce seul devenir de la pensée se posant, et qui ne surgit pas de quelque non-être étant, au même titre que n'importe quel devenir de la pensée. Certes, ce moment semble bien particulier, il semble constituer une rupture, il paraît envelopper un "autre état" de la pensée, en tant que succession, en tant que coexistence spatialement fondée. Il serait ainsi une faille temporelle, un dédoublement de l'être, un certain non-être dans l'être. Car en effet, apparemment, l'instant sans parole, qui "est" avant ou après la parole, a été oublié lors de la parole, de même que l'instant de la parole, qui "est" extérieur à une non-parole, a été oublié lors de la non-parole, et ce dédoublement serait lui-même redoublé 2 fois ! Toutefois, de telles suppositions sont infondées, pour la simple raisons qu'elles supposent seulement, à défaut de poser. Oui, ces hypothèses (ces métathèses), ces conditions (ces prévisions), ces possibles (ces finalités), ne sauraient être sur l'être, superficiel, ni même en l'être, profond, ni même encore auprès de l'être, dans le séjour d'une proximité lointaine, car justement elles se situent au-dessus, au-delà de l'être, ou en-dessous, en-deçà de l'être, c'est-à-dire qu'elles demeurent plus éloignées ou plus rapprochées que cet être lui-même... il s'agit bien de les rejeter toutes, immédiatement.

 

Voilà d'ailleurs la preuve de la pertinence d'un tel rejet : nous l'avons déjà dit, l'oubli consistant n'est pas un argument contre le caractère unique et continu de l'être, mais bien contre son caractère non changeant, non multiple, lequel caractère nie justement l'absence de discontinuité ; oui, répétons-le, dans le cas où un oubli est causé par le non-être de l'oublié, il ne peut y avoir d'être du non-être, ni donc de discontinuité ; en outre, dans le cas où cet oubli est causé par la seule occultation partielle et dédoublée d'un être oublié, il faut admettre que l'être continue d'être.

 

Hélas, tout cela n'est pas encore suffisant. Tout un problème tend encore à s'agglutiner autour de cette double-occultation deux fois redoublée que nous évoquions, en dépit du fait qu'elle ne présente en elle-même pas plus de problème que tout évènement passé enfoui à l'insu du pensant et ne sachant venir déranger l'être. A nouveau donc, devenons questionnés : Quelle est-elle, au fond, cette double-occultation redoublée 2 fois qui surgit avec la parole ou avec la non-parole, ou plutôt qui entraîne la potentielle sensation inadéquate du surgissement impromptu ? Elle est la division apparente mais non réelle d'une seule et unique sensation. Elle est le "passé", l'"avenir", le "dehors" proprement dits. Elle est une occultation ineffective d'une certaine partie de la sensibilité, une division impropre de la puissance de sentir, une fracture non-ajustée dans le monde sentant. La double-occultation redoublée deux fois du temps de la parole ou de la non-parole est semblable à la dualité seulement apparente de l'interprétation des rêves, mais aussi et surtout à son unité certaine, assurée, ferme et tangible : de même que le parlant ou le non-parlant s'ignorent l'un et l'autre confusément, sans mutilation réelle, de même le dormeur songeant et l'éveillé interprétant se perdent l'un et l'autre probablement, sans "il y a" consistant de quelque déchirure. Mais cela reste à prouver. Pour bien entendre ce fait, il faut désormais expliciter, l'un après l'autre, les deux points de vue possibles qui correspondent sûrement à cette occultation dédoublée en tant que redoublée deux fois. Considérons donc cette occultation présente lors d'une certaine non-parole ou d'une certaine parole, elle-même 2 fois redite en son sein. Pour cela, il me faudra vous peindre un petit conte.

 

 

 

 

 

 

Le conte raconté par le maître patriarcal : l'occultation 2 fois redoublée d'une non-parole ou d'une parole dédoublant quelque occultation rêvée.

 

 

 

Voici ce conte :

 

« Il y aurait un mystère, un oubli, un secret, une perte, en un mot une double occultation qui serait elle-même deux fois répétée en son sein. Il y aurait un très vaste empire, mais aussi tout rabougri, pour avoir trop voulu s'étendre. Dans cet empire, on trouverait un puissant commandement, mais aussi une triste servitude, le redoublement deux fois en perspective. Oui, il y aurait d'un côté, le maître, le sentant, le « géniteur », et de l'autre l'esclave, la sentie, « l'engendrée ». Le maître serait cette unité irréductible de l'être, à savoir un sens inséparable, un sens unique, plein et profond, une interprétation certaine, bien établie, claire comme le jour, peut-être 5 ou 4 fois posée, ledit redoublement. L'esclave, en revanche, serait une façon de se rapetisser, de se resserrer autour de "2" sens, lesquels sens désireraient, sans espoir, se distinguer des "autres" sens, ou tenteraient de les diviser, en ce qu'ils revendiqueraient vainement plus d'attention, et surtout : en ce qu'ils choisiraient l'un et l'autre quelque impensable stricte disjonction (quelque non-vu soumis en puissance mais non réellement, quelque non-écouté agenouillé potentiellement mais inactuellement, et réciproquement : le "2 fois" du redoublement).

 

Ce maître en question, tragique étoile dansante décentrée, sublime quadrature du cercle nécessaire, occulterait alors l'esclave à la manière de celui qui commande, commence, et agit, identique en cela à quelque nullité extrême d'une surhumanité radicalement désertée, mais aussi assurée pourtant de son bon droit, ainsi semblable au chef d'orchestre qui continuerait d'écouter en une fois l'harmonie tendue de son ensemble, et ce par-delà toute possible manifestation de quelque tiède chamaillerie occupant deux rêveurs ivres, deux vacarmes lyriques qui ne se supporteraient plus, et en cela qui menaceraient faussement mais intentionnellement la composition même des différentes sonorités pourtant toujours justes du collectif, ou encore de ladite pleinement irritante, du point de vue des dits "2" (une plastique entendue désirant ineffectivement nier ou soumettre une intuition écoutée, et vice-versa,...).

 

Cette esclave ici-présente, de son côté, occulterait le maître à la manière de celle qui succède, obéit, réagit, c'est-à-dire à la manière de celle qui lutte contre ce qui est trop fort, à la manière de celle qui affronte le fort lui-même, en tant qu'elle serait en elle-même un champ de bataille où se déchirent moyennement telles longues boucles d'or ou tel immobile ivre-mort, mais aussi en tant qu'elle espèrerait de là obtenir une reconnaissance impériale bien isolée, un regard total accidenté, ramassé, une recognition par laquelle cette vile tapageuse serait évaluée bien séparément par quelque ultime valeur. Pour tout dire, l'esclave occulterait le maître de telle sorte qu'elle(s) deviendrai(en)t chaque fois une éventuelle menace pour l'identité du sens du maître, pour son indivisibilité ou son impartialité ; cette occultation serait le risque constant mais jamais actuel que le maître se perde lui-même, tel qu'il localise adéquatement le seul lieu nécessaire de toute interprétation ; elle poserait potentiellement un art de l'interprétation qui serait art de la dispute, contredisant le fait herméneutique lui-même, qui est de prime abord une pratique de l'entente écoutée, indéfiniment non-disjointe.

 

Soyons toutefois plus explicites : pour tout vous dire, l'occultation 2 fois redoublée en tant que double de ladite impression ici-considérée serait tout à fait telle, puisque la perte en perspective du maître par son esclave par lui-même peut-être asservi(e), serait bien distincte de l'occultation de tel(s) esclave(s)-maître(s) par son maître :

 

1) D'une part, le maître occulterait l'esclave au sens où il la snoberait, sans pour autant ignorer complètement son existence, mais en refusant toutefois d'accorder trop d'importance(s) à quelque(s) revendication(s) inappropriée(s). En usant encore de métaphores, on pourrait se transporter, propre(s) salissure(s), vers tel(s) dire(s) comparant ce maître à quelque chef d'entreprise sûr de sa puissance qui assisterait parfois, de fait peu inquiété, à quelque(s) manifestation(s) de certaine(s) employée(s) désirant se syndiquer les une(s) contre les autre(s), afin de mener une guerre moyenne à telle autre extrême paix tout à fait désastreuse, ainsi plutôt mécontente(s) mais hélas certainement incapable(s) de remettre effectivement en cause la tenue globale de l'entreprise.

 

2) D'autre part, l'occultation par l'esclave serait comparable à celle de ces manifestantes en question qui auraient espéré fonder une entreprise dans l'entreprise, un monde du travail dans le monde du travail, pour acquérir plus tard quelque monopole, hélas impensable ici-trop-bas, de toute entreprise et de tout travail, lequel monopole envelopperait bel et bien telle focalisation sur un conflit plus mesuré, plus juste et plus rassurant que celui qui serait ici proposé comme une loi dépressive radicalement développée. Si nous osions jeter tel ou tel symbole, nous dirions même que ces esclaves improprement dites oublieraient ou rendrait le maître au sens où elles seraient les trompeuses représentantes d'une "partie" du processus du maître total, qui voudrait de toutes ses vaines forces que cette totalité se perde, se mutile en elles.

 

3) De là, le mot aurait donc été jeté. Cette double occultation 2 fois répétée d'un dédoublement de la non-parole potentiellement parlée, et en cela menacée stérilement en puissance, serait bel et bien une lutte jouée d'avance, un pari conquis de prime abord, entre une copulation extrêmement violente car extrêmement tendre, et un banal "faire-l'amour" tièdement improbable.

 

4) Cela étant dit, et chacun(e) étant remis(e) à sa place, examinons plus précisément le contenu-même des relations partageant ce maître et ces esclaves qui spécifieraient apparemment le temps de la non-parole-parole ici interrogée. Posons ces trois questions bien distinctes, qui seraient autant de biographies incertaines en leur clarté ultime : Quel est ce lien du maître ici en question ? Et celui de ces esclaves ? De là, quelle est cette liaison ici en perspective ? »

 

Une soeur salvatrice, par chance arrive, pour abolir la parole du maître patriarcal. La non-langue ne lui serait pas tout à fait étrangère, en apparence du moins, au fond d'un rêve...

La sœur raconte : la guerre désolée d'un maître de la non-parole/parole dédoublée/remémorée 2 fois.

 

 

 

Présentation d'un maître peut-être lié...

 

« Redescendez sur terre, petit adolescent égaré, car tu m'effraies de plus en plus en voulant beaucoup trop me consoler ! Je vais te raconter l'histoire de ce maître, que tu as cru devenir, si ça te chante, mais de telle sorte que je serai ton axe, en un mot ta polarité, ton échelle.

 

Calme-toi quelque peu. Ne vois-tu pas que ce maître que tu envisages ici est bien la cause de tous tes pires malheurs, démesurés et insignifiants ? Ce maître que tu appellerais telle ou telle identité du sens, du lien, ou autres conneries absurdes, serait bel et bien le non-sens absolu qui pourra causer ta perte, ton envol abimé. Ce temps du silence de toute parole proprement dit, tel que tu l'envisages, encore non menacé par quelque moyen resserrement, ne t'aidera pas à régler tes problèmes profonds, bien au contraire ! Cette anorexie par trop dévorante, qui te prive ici de toute nourriture bien visible et bien réelle, de toute chiasse, de tout sperme, de tout sang, de tout souffle, de toute pisse ou de toute sueur bel et bien là-devant, en un mot de ce repos nécessaire et intercalé d'un corps tout à fait séparé de ton monstrueux intellect, ou de ta mortelle poésie, oui, qui te coupe de ce pragmatisme, de ce calcul, de cette survie tout à fait nécessaires, et surtout pas relatifs, comme pourraient le suggérer tes dangereuses phrases ! Calme-toi, respire, focalise-toi, écoute-moi bien, et cesse de bouger ta jambe droite, imbécile stressant ! Ton asthme apparent fait peur à tout le monde ! Quand donc cesseras-tu d'inquiéter tes proches ? Laisse-les donc en paix, ils ne t'ont rien fait, ils ne t'ont rien demandé, et ils s'en foutent pas mal de tes délires fumeux de drogué extravagant. S'il te plaît, jeune con, tais-toi un peu cinq minutes, car même tes silences sont trop pesants. Toutes ces questions n'ont pas à être posées, laisse-les donc là où elles sont.

 

 

Je constate hélas que tu restes planté sur ta chaise, figé comme un "i". Si c'est comme ça, alors oui, d'accord, je vais te dire qui "Il" est ce maître de tes rêves, puisqu'il y aurait une "Logique" derrière. Tu m'obliges à être un perroquet, et cela me déplaît beaucoup, oui, cela nous déplaît à tous. Disons-le donc avec tes mots, si nous sommes condamnés à les répéter, comme des fidèles disciples : "Ce maître serait Commandement, Commencement, Agir" »

 

De là, le frère, ou le fils en question prendrait la parole à son tour. Comment pourrait-il expliquer, dans un tel contexte, dans un tel style encore trop problématique, que c'est elle qui l'a certainement agressé la première, que c'est elle aussi, cette coupable-innocence ? Par trop d'amour donné, par trop d'inquiétude imposée, par trop de désintéressement absolu, elle "serait" elle aussi, en tant que tout à fait différente, en tant que tout à fait extérieure, mais bien en tant que simplement tiède, belle, plane, écoulée, trois fois ou deux fois chevelue, eau, couleur, entente-écoutée indéfiniment reliée... De même qu'une matrie trop généreuse, de même qu'une patrie trop sévère, de même qu'une « gynandrogynandre »... trop expansive en sa cupidité, lui aurait raconté des histoires ici seulement interprétées modérément, de façon triviale et banale, de même cette étoile dansante en son triangle délié, serait celle qui désirerait indéfiniment se prendre pour un autre ! Cet autre. Ce maître qui effraie, tentation d'une mégalomanie humiliante.

 

De là, donc, le frère continuerait sa marche, son ascension, son échelle ajustée, dans un désert plein de ces proches pas si lointains que cela, et non, il ne serait toujours pas inquiet, étouffé, ou nauséeux. Car il garderait, toute gentille, sa petite mutine, sa secrète vérité, cette énigme. Qui ici accuse qui, au fond ? Qui se prend ici pour un autre ? Qui est titanesque flétri à outrance, mégalomane ? Qui ne fabrique pas l'amour, modestement et assurément, comme un modeste charpentier, Bien séparé, Bien centré, Bien disposé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire du frère : le pique-nique gargantuesque

 

 

Exalté ou maniaque, le frère prend la parole

 

« Me permettrez-vous d'être maintenant quelque peu théâtral ? Le ton sentencieux des philosophes m'ennuyant à la longue, au fond. Appelez-moi donc désormais : Pandantagueule.

 

A dire vrai, à première vue, il n'y a pas une chatte ici qui vaudrait la peine qu'on s'y attarde. Vous m'en voyez ravi, sottes moustachues décrépites au long-cou ! D'ailleurs, par chance, votre bouffonne calvitie paraît bien indiquer l'oc-cul-tation ou le vilain sec-raie que je vous ai derr-obé, depuis un temps très serre-tain. De même, votre sottise, ces boucles d'or et leurs grandes oreilles d'un air ébahi comme la nu(it), quelle ironie d'un sort sonore ! Ainsi vous ne la sentez pas venir ma bi...en-aîlée...ma bi...en-hélée ? Mais elle est ! Il est pourtant très explicite, tel qu'il... !

 

Honte à vous, farceurs impudiques ! Vous auriez au moins pu vous couvrir la tête, ou encore vous déchausser ! Venez-venez-venez-poussez ! Petits-petits-petits-pipi ! (chansonnette) Tendez un peu l'oreille, mes abeilles, et je prendrai votre température. Mais oui, venez donc sur le billard, mettez-vous donc à l'aise, laissez-vous prendre au jeu, et ouvrez-moi cet oeillet ! Pourquoi cette bouche bête et serrée, et ces yeux ronds comme deux oranges décolorées ? Je ne vais pourtant pas vous manger, vous, ci-gisant : je ne puis ici anthropophager ! Comment donc, me direz-vous, un gastro-nome de ma qualité, pourrait-il consommer de tels stupides gourmets, anorexiques et sans saveur, ou pis encore : inodores ? Par ailleurs, a-fortiori-posteriori-de-fait-en-cela-de-là-par-soi-voire-même-pour-soi-ou-bien-de-soi-encore-en-soi-chaque-fois-déjà-toujours-cette-fois-parfois-des-fois, oui bien, s'il faut vous écorcher les oreilles, avouons-le modestement : mon bistouri est indolore, pour des corps encore non-corps-aux-pieds-bottés-jouets-rêvés-déliés-dansés-pensés-chantés-singés-masqués-tendus-perdus-cachés-fâchés.

 

Oui bien, mais cela ne saurait durer trop longtemps tout de même. Vous ne l'avez toujours pas senti venir ? Mais si, comment vous dire ! D'un certain point de vu, c'est un peu gênant, mais c'est aussi un sympathique plaisir ! Mais si, comment vous traduire ! Rappelez-vous, imprimez-vous, sentez ce lien qui nous sépare, cette déchirure d'un grand dadais, vol d'un chapeau peu disposé à s'abîmer dans la tiédeur ! Transportez-vous entre les eaux, entre les cris dudit écrit, crissement d'une salissure moyenne, propre d'un signe jouissant en son image ! Tenez ce sol ajourné, cette courbure arsch-ée en son extrême milieu, ce sommeil qui somma ! Soufflez ce vent prochain qui déploie le crin d'une ivresse bouchée ! Jonction-disjonction, extraversion-introversion, impression-dépression : miracle d'une matrie animée ! Surgissement-évanouissement, accroissement-dépérissement, explosion-implosion : oracle simultané d'une batterie originelle ! Bi-pipi-cratie, chi-ass-ologie, trivialité, binarité, moi, Pandantagueule, 4 mousquetons, un univers, une dynamique, un à l'envers, s'inquiématique ! (dire l'évidence...)

 

Ah oui mais c'est vrai en fait j'oubliais. Il y a aussi la Passion ! C'est tellement Vrai, la Passion ! C'est tellement Beau, l'Affirmation ! Oh oui, Toi, Sublime Vision ! Oh oui Nous, Tragique Raison ! Oh oui Lui, Impossible Son !

 

Et là, on me dira, c'est quand même dingue ce qu'on peut inventer comme conneries de nos jours ! Bon, ouais, okay, d'accord, il y a ce trône immaculé, qui toujours empire en sa fétide teneur, etc. Bon, ouais, peut-être, à la rigueur, il y a cette huître et sa perle en sa pureté unique et originelle, etc. Mais bon, qu'entend-on par là très honnêtement ? Soyons raisonnables à l'extrême, tout contre vous, tristes délassés, probables diverties, en vos sens divisés dans la moiteur d'une échelle. Soyons clairs, nets et précis. Soyons rances, vagues et indécis. La moule, le flot, le battement, la giclée, la quadrature du cercle ! La mouille, le rot, le rose, le blanchâtre, le germe, la mélopée, et Pandantanus ! Vomir les tièdes, gerber la mesure, le dos misé sur l'azur. Et Pandantafouf ! Chier votre néant, petites pisseuses pucelles perverties, grasses malicieuses donzelles endormies, par dégoût et faveur ! Pénétrer vos enfants, pauvres pères allongés, coulant dans l'eau dormante d'une transparence irréelle, par compassion et mépris !

 

Vous la sentez bien maintenant, cette plasticité d'un gouffre qui s'offre à vous, conquise ? Vous la sentez bien maintenant, cette jaillissure malsaine par trop indifférente en son extrême mobile ? Vous le sentez maintenant, ce vent tantôt-glaçant tantôt-brûlant, et bon en lui-même qui peut-être vous en balance plein ? Sans doute nécessaire, probablement voulu, relativement joyeux, et Pandantapuissance ? La paix, le nu, l'épais, le dû, c'est donc bien cela qui vous obsède ? Fades et lents comme des eunuques, et votre nuque indéfiniment recourbée, pauvres ascètes trop assoiffés d'une ivresse songeuse ? Cessez cette comédie, car c'est vous qui jouez, dans cette confusion suspendue d'un senti esseulé... ou bien !

 

Ne la sentez-vous pas venir, cette sphère éclavertie, cette tiédeur, qui entrera dans les vannales, ou ce retour expansif et variable d'un certain foutromane vers tel espoir cornu comme le jus brumeux d'une ruminée sereine ? Pandantabouche, pandantanoeil, pandantoreille !

Pause satisfaite et surfaite d'une perplexité dédoublée de façon indécise?...

 

 

Pourtant ne m'en voulez pas de cet accès de fureur impromptue, qui n'avait pas sa place à l'origine, ni dans un tel contexte.

Vous la sentez venir ? Je vais vous raconter.

 

Pour tout vous avouer, je suis aussi conforme à la parole de Manu(e) qui rare car oui perdra peu prochement ses "elle-aime", et j'aime moi encore accueillir les jolies fleurs du printemps, mignonnes petites perles accrochées à mon chie-assis, ridicules comètes décentrées d'un informe qui gravite, d'un indifférent-las mais pas moins entre celles qui toujours puent bien celles qui mouillent comme du sel. Mon petit péché, ma tare proprement crade, est d'être dispersé en ma concentration, par cette attention d'une onde jolie, conscience d'un putois qui ne peut se sentir, s'il ne devient pas crabe, allant à reculons. Mais je diffère un lien, aussi à ma manière, et ainsi je suis seul, cette seule lanière, "blabliblouproutite", couleur salement dite. Ce n'est pas que je crée, ni même que j'agisse, mais bien plutôt j'errais, pour qu'une errée agisse, en mon éclatement, redoublé 4 fois, tel un jeu en réseau de sémaphores factices.

 

Je ne suis écartelé, ni lacéré, ni crucifié, ni assommé, car mon extrême engeance, n'est pas le titanesque, mais tout à fait bien autre, un certain romanesque. Toutes ces phrases à la con, avec un vieux rythme qui fait style de poète ou fragmentée blondeur plus puante que la reliée puanteur qui elle au moins est pesanteur, vous induisent en erreur. Ce ne serait pas mon heure d'un bonheur heurté à la queue du diable que vous me brandissez ? Et pourtant si : vous vous tromperiez ! Car certes oui toujours, j'aime les bulles de savon, cette eau insondable et nue, une impénétrable algèbre d'une priorité peu conquise, les petites touches blanches relativement noircies. Mais si tel je les aime, c'est que je les fabrique, semblable au charpentier qui crayonne ou vêtit, oui bien après la nue, une transe exudée, patient et modéré dans quelque reluité elle-même peu reluisante, quoique bien radicale dans cette appelée patience...

 

Je suis la sans-gêne, faible contentement, son nom est aléa, benoîte bruneur blonde, pas grand’ chose somme toute, une soeur parmi d'autres, elle aussi bien putoise selon mon sens plunique. Mais laissez, je m'implique. Constatez ma manière, mon style, ma tanière ! C'est parce que mon laid boude en folle tendresse, que la gerbure de l'être ôte un soulagement, vers telle infixation dans l'incertain miracle, dans l'incertain souvenir du songe ici-présent. Nommez-moi, jouez-moi, baptisez-moi ! Appelez-moi l'humoriste, tiède ou bien nonchalant, mais aussi l'ennuyé, l'ironique, le tendre qui s'amuse, le suspendu, l'allègement, en cela non-dirigé vers quelque suicide impossible, car jamais ne souffrant de la surabondance d'une copulation qui serait captive au coeur d'un sens esseulé. Jetez-moi, refoulez-moi, enfermez-moi !

 

Toutefois je m'affole, car je ne suis pas seul, trop nombreux même peut-être, et par trop menacé. Manu(e) m'aime sûrement, malgré son long appeau, mais aussi trop me plaît, et ainsi me déroute. Par ailleurs s'annonce, plus dangereuse mais pas si loin de moi, ladite écartelite, kinésipatholique dont la tension ultime engendre une fâcheuse totale disjonction, deux extrêmes extrêmés, deux suicidés en un qui jamais pourtant n'expirent. Bien sûr je la connais, cette accumulation d'une dépression grave si elle est exaltée, ou ce char farfelu avec ses deux fidèles mais divergents chevaux. Elle est le Grand midi, voire le Grand minuit, absolu clair-obscur d'un pathos consumé. Elle est la trop légère par bien trop de lourdeur, et ainsi la fougère d'une indicible horreur. Elle est la surpartrie, en cela la dernière, une désolation d'un bien trop gros plaignant. Fuite radilue, touche absocale, suspension infinimellement problématinssible, simultanéission d'une trop grande successanéité ainsi dubitateuse, négallité hasassairement affiniée, constréction potentiellablement pleinertée, chaosmicité vacuitale, tout cela aussi je le comprends, tel un dit haut nié.

 

Pourtant regardez-moi : je souris. Et toutes ces façons de geindre ne sont pour moi que sotteries. Attestez ! Ni enfant, ni bossu, ni moustaches, ni crinière, ni lunettes, ni oreilles, ni chaussons, ni trafic, ni lyre, ni vigneron, je suis celui qui trahit, ment et fuit sans eux, même si je les aime bien, et que je les figure, semblable au pétomane dont les vannes s'aspirent. Disons-le franchement, moi, la pliante-puante-pesante-tiédissante-sentante-patente-tangente, je suis une litote, une petite asymptote, cet étrange double six, synchronique et douteuse, qui ne saurait flatter ou encombrer un plein que serait la terreur devant trop d'unilté occultée en son sein. Une fuite est une fuite, une chatte est une chatte, quoi merde alors !

 

 

Asymptote aurais-je dis ? Par politesse, mes chers euphémismes ! Plus juste serait, mais par trop violente encore : Arabesques !

 

 

 

Attente provisoire de plusieurs incompris...

 

 

Mais qu'est-ce que je fous ici, nom d'une bistouquette ? Non mais vous avez vu mon âge ?

 

Peut-être ici certains se disent qu'une adolescence de ma sorte ferait mieux d'ausculter quelque écran lointainement visible, ou encore de faire juter popol entre quelque ornographie plaisante - quoique limite-douteuse quand même, en sa frénétique intensité.

 

Oui, je crois vous deviner, imposantes barbures, vieux barbons dignes et fiers qui ne semblent apprécier qu'on s'exhibe ici-même de façon démoniaque et bien peu légitime. Suis-je un mauvais élève, cette vipère qui vous taquine ? Bien certainement, car cela se lit dans votre regard possible. Mais pas tout à fait, car je suis aussi fidèle à vos ordres répétés, du moins à ma manière, ou selon mon goût sali, tiédi somme toute parfois à votre cher contact.

 

Qu'ai-je bien pu sentir, en votre chaude haleine ? Qu'ai-je bien pu éprouver, en votre vent précieux ? Un indice certain, visant une menace, qui pourtant ne saurait vraiment nous pénétrer. Ainsi donc, diriez-vous, l'envisageable peste pourrait bien être de retur. Oui-da ! Ce cancer d'une peau qui semble s'oublier, cette lèpre d'un nez qui paraît s'effacer, cette façade d'un monstre qui s'imprimerait en un fond qui de là ne saurait interpréter sa surface, tout cela nouvellement s'imprimerait dans la face ! Par chance toutefois, peut-être vous ajoutez, que l'asthme de la vie n'est pas encore présent, semblable à telle angoisse d'un cheminement incertain. Mais les gueules ont parlé, il faudra des médecins, en un sens génital, non pas des guérisseurs, ni des homéopathes, qui préviendraient l'erreur d'un probable exopathe. Oui les bouches ont coulé, il faudra des médecins, euphytothérapeutes traversant notre anxiose.

 

Voilà j'arrivons, vous la sentez venir ? Voilà j'accourons, vous êtes satisfaits ? Voilà je rejoignons votre noble fratrie de bistouris prévenants, dociles et maîtrisés par le flux d'une ondine qui n'est pas si lointaine. Nous voilà, crétins corsaires, dans notre grande galère, disposés maintenant à assiéger une île qui eut cette impudence de suggérer sot-saut. Nous voilà tous ensemble, les nobles mousquetons, du haut de notre mât qui tempère la nuit d'une béance hésitante.

 

Certes pourrait-on dire, la situation est bizarre, voire absurde. Pourquoi serions-nous ainsi séparés, si notre lutte est la même, les uns sur une table élevée petitement, en leur père-hoquet-terie mimétique et brutale, les autres dans l'arène, à moitié abaissée, sur leurs trônes songeurs en quelque assurance vague ? Nous pourrions nous rejoindre, sur une échelle plate, dans un champ verdoyant d'une belle égalité. Vous pourriez fuir ce siège d'un silence assiégé, puis grimper sur la terre de notre nouveauté, et je pourrions aussi descendre moi de même vers vos mines attendries, et de là palabrer.

 

Mais patience, mais confiance ! Tout cela pourra être, dans un avenir douteux, maintenant nous le croyons ! Et si nous retardons, telle délicieuse entente, c'est tout à fait par jeu, par goût, par caprice, mais aussi par sûreté. Oui, sûreté dois-je dire, car notre jonction, encore éventuelle, ne saurait pour l'instant s'affirmer sereinement. Mais laissez-moi m'expliquer, car vous la sentez venir...

 

Dans ma tour étourdie, voici ce que je vois : tels uns, les plus hauts par coeur, ou tels autres, les plus basses oreilles, et la réciproque, tout aussi vraie, qui sans doute seraient dans quelque apparente division, ou danger dédoublé, voire même on peut le dire, dans l'angoisse du miroir, cette fameuse pathie, telle qu'elle s'approcherait. Oui dans notre contexte, je sions bien les pesteux, pour votre anesthésie menaçante et lucide, de même que vous-mêmes êtes bien des lépreux, oui-da ma peur insigne d'une confirmation impensable.

 

Mais confiance, mais patience ! Non, ne pleurnichons pas, car bientôt viendra l'heure ou toute demi-heure sera la préférable, et où enfin la galle, cette noix épanouie, cette aérophagie, cette seule mal-a-dit, sera bien assurée... ou bien ! Vous la sentez foehneure, ma bi...enheureuse et triste lassitude ? Sans doute ! Mais pas tout de suite, pas vraiment, jamais tout à fait. Oui, restons encore, de visu, face contre face, au sein d'un mensonge : stimulant. Après tout, ce n'est pas si désagréable...

 

Je l'espère sans y croire, tant cela serait assuré, mais mon désir n'en est pas moins réel : un jour, dans quelque hypothétique royauté, peut-être que les blanchis apprendront à péter, ou plutôt seront sûrs qu'ils n'ont jamais cessé, ainsi pareils aux brides d'un citron bien puant en sa faveur élargie et désasthmée. Oui, un jour, cela est envisageable, nous les sympathiques mousquetons, nous descendrons de notre perspective, et tous ensemble nous ramerons, rameaux ramés dans la galère recourbée en sa cour-bite-ude, chacune à sa manière. Si-da, un jour, nous la vivante prouteuse, nous deviendrons le "on", et le "je" alors aura cessé d'être coupable. Si-da, un jour, moi, la souffrante, qui parfois souffre trop, qui des fois en-a-marre-à-la-fin-quoi-merde-alors-il-faut-en-finir, mais ce bel et bien chaque fois et chaque jour dans une stricte mesure, oui bien je sentirai la continuité du "pfuit!" dans toute sa dégueulasserie mignonne, et je serai en cela un peu désempestée, un peu débarrassée de ce puceron qui ronge parce qu'il étanchifie, de cette pucelle qui pathifie parce qu'elle éloigne, de ce mur impossible, oui-da, si-da j'aimerai : quelque vie chiante à pattes, de sa chiure avertie. Oui-da, disons-le bien, comme une énigme à dévider, un jour, elle sera assez forte pour aimer sans blêmir son incapacité à bien s'évanouir. Si-da, un jour, un jour, un jour, on aimera sa petite maladie, sa petite manière de contaminer chacune ou d'être contaminé par lui, sa petite manière de parasiter autrui, ou encore de lui balancer un gros vent dans sa gueule, sa petite manière de le tiédir encore, de la flétrir peut-être, de la pourrir à la rigueur, de la faire mourir certainement, mais pas complètement non plus, car on le sait bien, car on le croit bien, car on le constate bien, et cela est trivialement explicite : le souffle flatulant d'un orificier "qui fouette à mort" est bel et bien allongé dans son absence de fracture, dans sa pénible continuité. Oui-da, aujourd'hui même, vous les spectateurs, vous pouvez rejoindre ma scénette et manger un bon repas avec moi, sans craindre de devoir être victimes, coupables ou vengeurs, au fil de l'empoisonnement que vous subirez très certainement.

 

 

Mais il faut en-corps dire, encore ajouter ! Je m'implique, je me délie, délirant déplié d'une implosion versale. Oui-da, si-da, si-si je vous assure, nous n'avons aucune raison de dramatiser ainsi telle ou telle rigolote jaillissure ! Oui-non, oui-non, mais pourtant il y a drame, il y a scène, il y a faille, et cela sera encore tant qu'il y aura des glaces, des brûlures, des titans, ces "S" redoublés, cette successivanéité par trop gigantesque en sa terrifiante extase d'une Epiphanie fanée qui niffirme. Ou-bien ! Ou-bien ! Suis-je plat ou dessert ? Est-elle ligne ou courbée ? Est-on "nous" ou certains "je", privilégiés parmi les dieux ?

 

Mes amis, futurs prouteurs fadement lucides, vous croyez saisir déjà l'excrément de cette suspension, car je crois chaque fois moi-même, relatif par mon impression, traduire cette évidence qui n'étonnera personne, par-delà l'ombre grise portée sur vos sales gueules. Bi-pipi-cratie ! Chiasso-logie ! Démaristocratie ! On est là, on est les corsaires-galériens-mousquetons, chacun à sa place, chacun entre l'ensemble et son modeste lien, et y a pas vraiment de quoi se la péter, puisque n'importe qui peut le faire, justement, le nu, la paix.

 

Mais venons-en au fait. Mais venons-en au fait. Je voulais préciser d'emblée quelque chose au sujet de notre rencontre possible, à savoir ceci : si vous ne pouvez pas me sentir, si vous êtes incapables de supporter ma présence, alors il y a probable réciprocité, et donc je ne vous retiens pas, ou vous conseille encore de bien continuer à la fermer, ladite ouverture. Mais oui, cassez-vous, si vous n'aimez pas mon style, si ça vous fait plaisir de nier le non-niais, qu'est-ce que j'en ai à foutre après tout, j'ai déjà assez d'amis comme ça pour ne pas vouloir absolument m'encombrer de nouveaux ploucs et de leur bave pas très intéressante ! De même, si vous-même m'ennuyez, ainsi pareils à de mauvais "anuseurs" qui ne savent bien dire la variation de leurs décontractions, alors c'est moi qui vous quitterai, et définitivement, et sans aucun scrupule. Non mais sans déconner, il ne faut pas me prendre pour un saint non plus! Je gerbe justement tout ce qui est sanctifié, pour qu'ensuite ça aille mieux, et encore que ça cague pleinement, dans une salvatrice sérénité...

 

Ne plus chier, ne plus baiser, ne plus éjaculer, ne plus pisser, ne plus bouffer, ne plus vomir, ne plus rendre un dû impensable, ne plus expirer : vivre, aimer, souffler, respirer, aspirer, venter tout simplement. Ce qui pend dans ta gueule, ce qu'il y a pendant ta gueule, ce qui prendra nos gueules : Démaristocratie !

 

Résumons. Me voici sur mon navire, sur mon île, dans mon Atlantide, en cette clairière robinesque, ou encore par-delà telle fratrie, ma cité de verre, ma chambre close, où chacun élabore sagement son petit trou funéraire. Mais il n'y aura pas de Requiem. Oui-non, il y aura Requiem : l'amour du rein, du ré, du flot jaunâtre qui nous réjouit (un rein beau).

 

Me voici, dans mon sarcophage : une page à griser. Me voici, Nosferatu, et j'ai soif de sang frais.

Mon Milet, ma Milice, mon Milieu, viens vers moi que je t'ensorcelle ! Mais je patiente, et j'ai confiance...

 

Oui tout est bien, tout est très bien, je vous attendrai. Après tout, si je suis la terre rouge, toute-puissance d'un ermitage théâtral, ou poétique d'une gastronomie "grassieuse", peu m'importe la venue attardée de tel air, de tel feu, ou de telle eau ondoyante !

 

Profitons d'ailleurs de ce temps précaire d'une solitude transitoire pour narrer mon pays, mon terroir, mon territoire. L'Abitcha est son nom, un syndrome-scandale. Deux rois snobs l'habitent, absurdes asexués, et c'est une lutte pacifique qu'il s'agira de mener avec eux. Manu(e), à ma gauche, dans sa montagne sèchement chaleureuse, dispose l'esprit sain, la santé d'un criticisme, ou d'une part qui médite. Lion-Sotte, à ma droite, au coeur de quelque hyperborée brûlante en sa pétrification, impose une maladie, une exagération sceptique, un air qui cliquette par trop de dogmatisme. Leurs armes, qu'ils nomment eux-mêmes leur "faculté", ou encore leur "marteau", tranchent à leur manière, une certaine ablation, peut-être déchirée, 4 fois mutilée. Le premier se pense renard ou rossignol, éléphant ou panthère, mais elle n'est qu'une nymphette parmi d'autres selon moi. Le second prétend incarner l'aigle, le dragon, ou encore le serpent, mais il n'est qu'un bouffon indigne tel que je le vois, certainement un âne, tout au mieux un chameau enfantin. Puissions-nous un jour les accorder, tels qu'ils toujours déjà se sont énamourés. De simples chansonnettes suffiront, sans aucun doute, au cours je le devine d'un symphonique pique-nique. Après tout, ils ne sont pas si monstrueux qu'on pourrait le croire...

 

L'errance d'un amour envolé est mon fait, pardonnez-moi si je me répète. Pourtant je sais très bien où je vais, car tout est là, devant moi, et car le reste n'est au fond que gras-bouilli, cri-bouilli, bredouilli. Lors de cette nécessité d'un hasard prévu, je sais que tous je les rencontrerai : ces "neufs" qui s'amusent, ces éléments bariolés qui s'emboîtent, cette maîtrise et son esclaffade, cette Algéodyne, ce Gérélième, cette Phybiandrivide, ces essences profondes et malsaines.

 

Mon fol espoir, je l'avoue, ou ma flèche de nostalgie, est au fond attaché à ce souvenir d'un couple harmonieux, facticement divorcé : un petit écran, un petit message, un petit intervalle entre le net et la pas net. Hihihihi, ma Dixième ! Celle qui dit "Eux", dans le même temps où ceci certainement elle dit : "abullition".

Ce qui est à suivre est à suivre. Tiens, je l'ai attrapée ! (Il broie une mouche au passage). Mais voilà ma bonne vieille Arbrelle, cette rigolote cabriolette, vous la sentez venir ? Mon monologue de sourd aveugle et muet touche à sa fin. Ou bien... »

Enigmes, poèmes en prose, ratatouille philosophale

 

 

Introduction à un pastiche postmoderne.

 

Un pastiche postmoderne va être maintenant proposé. Il contredit toute la méthode matérialiste historique, mais il sera intéressant de le développer, pour des raisons qui apparaîtront plus tard. Il ne faut simplement pas le prendre au "pied de la lettre".

Mais pour expliciter son fonctionnement, où la multiplicité de ses significations, il s'agit de revenir sur certains concepts quelques peu "ésotériques", mais qu'on peut assez facilement "exotériser".

Précisons donc ces concepts. Ici, de façon assez "sérieuse".

 

1) Le concept de "synchronicité".

Le Tao ne pense pas une causalité dans l'ordre de la succession temporelle, mais une relation causale circulaire, ou cybernétique, dans l'ordre de la simultanéité. Autrement dit, ce qui "cause" un phénomène présent n'est plus un phénomène passé, mais ce sera d'abord un autre phénomène présent, simultané, qui l'élucide quelque peu. Par exemple, si je pense à un scarabée d'or, et qu'un scarabée doré surgit en même temps que ce scarabée pensé, dans l'ordre spatial mondain, alors on peut considérer que ces deux "intentions", ou "sollicitations", se déterminent mutuellement. Non pas que la pensée puisse "produire" magiquement une "apparition" dans l'ordre extérieur mondain. Mais bien plutôt, il existe une intrication subtile entre ces deux ordres, psychiques et physiques, qui rend possibles des manifestations synchroniques. Pour le comprendre, il faut aussi considérer la relation du présent au futur. L'individu qui s'apprête à verbaliser en lui la forme du scarabée pressent qu'un scarabée doré va surgir dans le monde. Il n'est pas pour autant "medium" ou devin, mais il est en train, plutôt, de développer une microperception, très peu consciente, au sein de son esprit.

Expliquons ce fait.

La microperception peut concerner la perception d'un bruit qui comporte un très grand nombre de bruits minuscules. Entendre les mouvements de la mer, par exemple, c'est entendre aussi chaque petite goutte contenue par cette mer, même si l'esprit conscient "intellectuellement" est incapable de saisir analytiquement chacune de ces composantes. Pourtant, d'une certaine manière, préconsciente, chaque goutte est "écoutée", de fait, puisque sinon l'ensemble ne pourrait être audible. Elle engage une microperception à peine consciente, et pourtant certaine (cf. Leibniz).

En ce qui concerne les microperceptions qui rendraient "visibles" un scarabée doré devant surgir dans un futur proche, le mécanisme est différent, mais les facultés mobilisées sont analogues. Selon Bergson, la durée pure de la conscience intime est une temporalité ouverte et continue, fluide, non segmentée, non fragmentée. Cela signifie que le passé s'enrichit continuellement au fil du déroulement présent de l'entièrement nouveau, et que le futur de même grignote déjà ce présent, le contamine, le pénètre intimement.

C'est dans la "grâce" ou la faveur qu'un tel phénomène est explicite, esthétiquement : par exemple, le mouvement gracieux d'une danseuse, courbe, produit chez le spectateur entrant en "sympathie" avec ses gestes, le sentiment que les gestes futurs, annoncés ici, sont déjà contenus dans le présent en mouvement, et cette faveur suscitée suggère bien la possibilité d'un futur grignotant le présent. Pour accéder à cette faveur qui pressent, "voit déjà", "anticipe", "connaît", "projette", il s'agit de laisser-être la perception intime, dans l'accueil et le recueillement. Ce laisser-être, précisément, est l'accès aux microperceptions qui rendent visibles et sensibles les gestes qui s'annoncent. Pour donc revenir à une synchronicité qui considère deux présents, l'un mental, l'autre physique, qui se détermineraient mutuellement, circulairement, on pourra dire que le scarabée d'or physique, tangible, à venir dans un futur proche, par exemple, aura été pressenti par le rêveur parce qu'il aura su laisser-être sa conscience attentive et favorable à la grâce, ouvrant la saisie de microperceptions infimes, ce qui produira son pressentiment d'un tel scarabée, jusqu'à produire sa pensée présente, en même temps que le scarabée surgit.

Une telle "faculté", qui serait l'ouverture de la durée intime de la conscience se laissant-être par faveur, serait aussi réminiscence du futur. Ici, elle produit une nouvelle "révélation" possible. Si un tel "futur" est souvenu, dans la grâce, c'est qu'il a peut-être été éprouvé déjà, dans une existence déjà affirmée à l'identique. Un retour périodique de cette même vie se laisserait ici envisager.

 

Ebauche d'une interprétation mathématique des synchronicités

 

(par Liamine Touhami, chercheur en épistémologie de la physique)

 

« Concernant les synchronicités, nous pourrions tenter une interprétation mathématique plus précise.

« Comme Bergson le dit, le temps vécu est toujours différent du temps physique calculé sur des supports spatialisés, ce qui empêche donc d'éprouver par le calcul cette fluidité vécue par la conscience du temps. La synchronicité d'événements prévisualisés dans une conscience, c'est-à-dire la simultanéité d'un futur virtuel introduit dans un présent vécu, reviendrait à poser une équation différentielle du troisième ordre où le présent, seul élément réellement connu du calcul, fusionnerait avec des éléments du futur sélectionnés par un opérateur. Le passé jouerait alors le rôle de mouvement rétrograde amenant une consistance à l'opérateur de sélection. Plus clairement, la synchronicité d'un événement, du point de vue strictement mathématique, consisterait à rétrécir le champ temporel d'une telle manière qu'une situation non encore vécue puisse apparaître à une conscience dont l'effort de rétrécissement a pu rendre possible la conception d'une telle situation. Les sentiments tels que le flashback ou la réminiscence pourraient alors être des sortes d'efforts inconscients avortés, ne permettant pas la visualisation complète du futur éprouvé. Je pense qu'il s'agit là d'un sujet extrêmement complexe, je compte par conséquent travailler et m'informer davantage avant de plus m'avancer sur le sujet.²

 

2) Synchronicités et multiplicité des sens des mots

 

On pourrait appliquer l'outil philosophique et épistémologique de la synchronicité au phénomène du langage.

Ici, c'est Lacan qui aura voulu ouvrir une certaine voie, quoique de façon assez équivoque. Il fit le lien, par exemple, entre l'expression "les noms du Père" et les "non-dupes errent". Mais sans trop justifier théoriquement, ou clairement ces "intuitions".

Pour proposer une justification plus "raisonnable", on utilisera l'idée taoïste, ou jungienne, ou bergsonienne, de causalité synchronique.

Donnons plusieurs exemples.

a) Prénoms

Un prénom comme celui de Laura.

Des parents cherchent un prénom. S'ils laissent-être l'ouverture de la durée pure, par leur amour à deux, et par leur amour pour l'enfant qui naît, ils saisissent implicitement certaines microperceptions qui leur permettent d'intuitionner le devenir futur de cette enfant. Dans le regard de cette enfant, pleinement ouvert à la mondanité du monde, ils aperçoivent, même s'ils n'en sont pas "thématiquement" conscients, une manière très singulière d'être affectée par le monde, qui engage un à venir déterminé qualitativement, "déjà anticipé", même s'il est aussi plein accueil de la nouveauté. Ainsi, le prénom qu'ils choisiront "nommera" ce que deviendra qualitativement cet être nouveau, et ce prénom finira par dire un "présent" qui est aussi vécu intimement par l'être s'étant épanoui, devenue mûre et "elle-même".

C'est au moment où cette synchronicité devient simultanéité de deux présences, psychiques et "prénomales", qu'on peut dire que cette personne devient ce qu'elle est, sans pour autant réaliser les attentes parentales "empiriques".

Pour ce qui est du prénom Laura, on assiste à plusieurs "mots", ou "noms", qu'il contenait déjà.

C'est là que d'autres microperceptions entre en jeu. Lorsque je "lis" ou "dis" Laura, je lis aussi, inconsciemment, toutes les combinaisons de lettres ou de phonèmes que contient ce prénom. Mon esprit synchronique est comme un ordinateur surpuissant qui enregistre toutes ces combinaisons, même si je ne puis en être vraiment conscient, car il faut que je focalise mon attention sur ce qui est directement admissible socialement, et compréhensible "objectivement", pour ne pas sombrer dans l'éparpillement des idées et des sens. Pourtant, ces micropercpetions sont là, elles jouent sur mon inconscient, de façon subliminale.

Je "dis" ou "lis" Laura, et je "comprends", de façon subliminale : l'aura ; oral ; a l'or ; alors ; etc.

Ce qu'avaient peut-être vu, très peu consciemment, mais de façon gracieuse et ouverte, les deux parents apercevant la singularité du regard ouvert de leur enfant, en choisissant un tel prénom comprenant de multiples sens potentiels, de par l'équivocité scripturale et phonétique de toute appellation constituée de lettres et de sons, aurait été ceci :

- une façon de manifester une incarnation très spirituelle, très affectée, très sensible, par laquelle l'être en devenir exprimerait bientôt par les gestes et le visage une "aura" imperceptible, luminescente, une "âme" qui envelopperait son corps et toucherait tout un chacun ("l'aura").

- un rapport à la parole soigneux et sincère, investi d'une grande responsabilité ("oral")

- la possession d'une grande richesse, intérieure donc, étant donné ce qui précède ("a l'or, possède l'or")

- une capacité à se comprendre soi, ses désirs propres, après certaines blessures éventuelles, mais qui deviennent résiliences, transmutations alchimiques, sublimations, capacité à devenir ce que l'on est grâce aux enseignements douloureux de la vie ("alors").

Si la personne s'épanouissant parvient à développer ces dispositions (et elle le parvient souvent), alors la synchronicité, qui était futur entrevu par les parents "nommant" l'enfant, devient synchronicité d'un présent prénomal et d'une intériorité accomplie actualisant les intentions secrètes enfouies dans ce prénom.

On pourra caractériser cet accomplissement avec d'autres métaphores :

- Laura dont l'aura enveloppe le corps absorbé, fait ressortir une luminosité par elle-même : elle est luciole, bioluminescente, et n'a pas besoin d'être "figurée" massivement pour exprimer une telle grâce lumineuse.

- Laura, qui dit un jour "alors", éprouve certainement certaines souffrances, ignorances de soi-même, avant de se découvrir elle-même. Elle ressemble au "vilain petit canard" qui devient cygne majestueux. Synchroniquement, phonétiquement, on "entend" préconsciemment qu'elle est aussi signe : elle fait un signe pour se faire reconnaître à ceux ou celles qui le peuvent, mais cet appel non aperçu produisait d'abord sa blessure. Elle est elle-même pourtant un signe, une synchronicité belle, qui se lit immédiatement sur son visage, sans qu'elle doive parler...

La combinaison de deux prénom finalement peut aussi traduire des accomplissements (ou inaccomplissements d'ailleurs, incompatibilités).

 

Prenons le prénom de Benoît (ou Benoist). Selon la même logique de pressentiment des parents face à l'enfance née, on retrouve des intentions secrètes : bientôt ; aboient ; béotien ; benêt ; obstiné ; obtiens ; etc.

Ce qui donnera un devenir-soi-même ouvert mais suggestif :

- Un être dans l'attente, souvent avide, impatient (bientôt)

- Un être qui peut provoquer des comportements hostiles (aboient)

- Un lourdaud (béotien)

- Un être un peu naïf et candide (benêt)

- Une personne qui s'accroche, même si on lui dit de laisser tomber (obstiné)

- Une personne qui a de la chance, et qui a peut-être raison de s'obstiner (obtiens).

Si la personne réalise son être intériorisé potentiellement dans son prénom, alors elle tente d'articuler toutes ces composantes dans sa vie d'adulte.

On caractérisera ici encore cet accomplissement possible à travers certaines métaphores :

- Benoît abolit son avidité lorsqu'il comprend que son obstination n'est pas vaine, dans la mesure où il a la chance de pouvoir obtenir ce qu'elle vise, mais dans un temps long ; en devenant patient, il réalise ce qu'il est intuitivement : il est iris, fleur de patience et de gravité (cf René Char).

- Sa candeur un peu stupide et hébétée, lourdaude, qui provoque une hostilité fréquente, peut devenir sa chance, puisqu'elle lui permet d'ignorer qu'il peut obtenir ce qu'il obtient finalement, ce qui fonde à chaque fois une surprise, un émerveillement d'autant plus intenses : il est un roseau, souple, qui plie mais ne rompt pas.

 

Voyons maintenant ce qu'il en est des relations entre deux prénoms, et des intensités ou devenirs possibles qu'ils pourraient envelopper, via leur combinaison, pour deux êtres qui pourraient s'aimer (ou se séparer) un jour.

Laura et Benoît, deux exemples pris au hasard, sont pensés à travers le mélange des lettres qui est inscrit, via certaines microperceptions, de façon latente, dans leur devenir à deux, en la présence ou en l'absence de l'autre.

Ces combinaisons peuvent être les suivantes : ablutionnera ; aboluiraient ; balourdaient ; boulangeraient ; traboulaient ; abouleraient ; labouraient ; etc.

S'il existe une relation entre ces deux êtres, ces combinaisons indiquent que des dynamiques négatives peuvent entraver leur chemin :

- Ils s'aboluiraient, ils se délabreraient, surtout si l'un et l'autre, d'ailleurs, n'a pas accompli certaines directions possibles induites par son appellation propre. L'avidité de l'un, l'incapacité de l'une à se dévoiler comme cygne, sa blessure non encore sublimée, produiraient ce délabrement.

- Ils balourdaient éventuellement, manquaient d'équilibre, à cause de leurs inaccomplissements respectifs : ces obstacles ne font que rendre plus impossibles encore ces accomplissements, et accroît délabrement et déséquilibre, avidité et blessure, inaccomplissements de soi et de la relation à deux.

La séparation qui s'ensuit exige peut-être un temps de retour à soi. Mais pourtant, la relation contenait déjà peut-être en germe des accomplissements plus positifs, qui ont été empêchés.

Si cet accomplissement par l'autre de soi devient conscience de soi et du "nous" différente, une sublimation alchimique devient possible.

Les deux amants comprennent qu'ils ont commencé à réaliser d'autres expressions plus positives, qui leur permettraient un jour un triple accomplissement, si seulement ils savent dépasser leur négativité : accomplissement de soi, de l'autre, et finalement du nous :

- Ils boulangeraient modestement et patiemment, produiraient la nourriture qu'ils peuvent produire, chaude et protectrice. La luciole éclaire patiemment ses compagnes et compagnons, tandis que l'iris, fleur de gravité, modère tout enthousiasme et indique la modestie paisible du pain et de la lumière.

- Ils traboulaient, dans cette situation, à Lyon ou ailleurs : la luciole se rend peu visible, et le roseau, souple, admet cette situation raisonnable, qui consiste à prendre des chemins de traverses cachés, dissimulés, jamais ouverts aux regards.

- Ils abouleraient finalement de façon comique, débarquant à l'improviste, et développeraient le sens de la surprise et de l'imprévu.

- Il ou elle ablutionnera l'autre, finalement, le lavera patiemment et tendrement : le cygne se frotte au roseau, qui reçoit les minuscules et infimes gouttes d'eau fraîche dont il a besoin, et qu'il perçoit maintenant de façon pleinement accueillante, même si elles sont des microperceptions infiniment délicates.

 

De telles possibilités, bien sûr, s'envisageraient selon certaines conditions : il faudrait que ces deux êtres sensibles, d'abord blessés, sans que l'autre y soit pour quelque chose, se soignent et se réparent, soient attentifs à l'autre, et parviennent à comprendre que, même dans leur tendance triste au délabrement ou au déséquilibre, se manifestait déjà un noyau rare et précieux de voyage, de création terrienne ou artisanale modeste et belle, de jeu, et d'imprévus. Ces sublimations sont difficiles, mais pas impossibles, lorsque deux personnes s'aiment.

 

 

b) Noms communs

 

Pour les noms communs, on opérera les mêmes mécanismes.

La synchronicité (Tao, Jung, Bergson) fournit une base "épistémologique" relativement claire.

Ce qu'on entend quand on lit ou écoute un mot, en termes de perceptions subliminales, mélangeant implicitement phonèmes et lettres, renvoie à une grande multiplicité de sens.

Deux modèles : anagrammes et mélanges sonores.

Exemples : le mot "or" = rot ; trop ; orée ; tort ; port ; porc ; lieu ("ort" en allemand)

Le mot "manne" = amen ; amène ; anamnèse ; aimant ; humanise ("man" en anglais)

Ainsi, l'or renvoie à une expulsion grossière (rot), qui devrait ne pas être (trop), qui se situe avant une forêt verdoyante (orée), qui en tant que telle est une erreur (tort), une bestialité répugnante pour l’humain anthropocentré (porc), un lieu de passage entre la solidité et la fluidité (port) assignante et localisante, territorialisante (lieu, ort).

Une manne est une prière, qui transporte (amène), qui attire (aimant), qui humanise (man).

Ainsi, si l'on confronte les synchronicités lettristes et phonétiques inclues dans les mots "or" et "manne", et que l'on confronte ces deux mots, leurs significations multiples, on dit :

la nourriture accordée par Dieu aux Hébreux dans le désert de l'exode, si elle se mue en or, fait qu'une prière devient une expulsion grossière, qu'une vocation ne devrait pas être, qu'un projet résolu est obstrué, qu'une fidélité devient une erreur, que l'humanisation n'est encore qu'en attente, qu'elle ne dépasse pas la bestialité, l'assignation à un territoire clivé et clivant.

Il va de soi que cette "nourriture" malfaisante ne fut pas le choix de ces premiers esclaves visant leur émancipation propre, et celle des tous les individus de la terre... Ce furent les esclavagistes, soucieux de mater ces révoltes justes et fidèles, qui prétendirent "accorder" de telles nourritures.

Les deux significations les plus explicites, ici, de toute façon, traduisant les dissociations mythologiques et politiques incluses dans les langues (ici, la langue française, mais cela fonctionnerait avec toutes les langues), seront les suivantes ; soit celles qui sont ambivalentes, et traduisent une possibilité de sublimation, ou d'ajustements mutuels : "Port" (car on reconnaît qu'un départ est encore possible, mais qu'il doit abolir son "être-port", son marchandage, pour rendre possible ce départ)/ et "Man" (car l'humain comme humain n'a pas encore dépassé l'anthropocentrisme qui l'empêche de faire de la manne un Don effectif : se rattachant au vivant comme tel, il accéderait à l'ouverture éternelle, réaffirmée indéfiniment, de sa vie propre).

Principe alchimique : si le "Port" engage son être-départ (et exclut son être-marchandage) et si le "Man" engage son être-émancipateur (et exclut son être-scindant), alors un départ émancipé vers les forêts, abolissant tout désert et tout désastre, mais aussi tout territoire clivé et toute frontière dissociatrice, devient pensable et possible, comme attente toujours différée, mais au moins désirée.

C'est comme cygne, ici encore, qu'une telle attente, qui veut s'accomplir, mais qui est d'abord souffrante, se manifeste. Comme signe imprimé aussi clairement sur un visage, que la natalité annonce toujours déjà, cette âme allia un tel cygne qui demande à être reconnu, et il faut bien le dire :

il l'a toujours déjà été.

Une indication concernant cette reconnaissance est proposée ci-dessous. Cette reconnaissance, ou Sion, est d'abord un soin, partout et tout le temps, sans "localité" fermée ou assignée.

 

Disons des choses sérieuses. Mais de façon cryptée. Dans ces conditions qui viennent d’être envisagées, de désenclavement, le sang devient vitalité et joie, amour et passion, il ne coule plus hors de soi. La petite Anne Frank, qui voulait devenir une star, devient Anna : un palindrome, un retour joyeux, qui se lit dans les deux sens, mais qui devient aussi, de façon irréversible. « Ris Anna », ou le rire d’Anna, une sollicitation si douce, devient l’espoir le plus grand. On retrouve ici un fil anagrammatique : Ariana, comme Grande Chance, comme Joie de l’enfance mutilée mais résolue, guide un parcours, de même qu’Ariane, amante de Dionysos, guidait l’errant dans le labyrinthe où voulait surgir le minotaure.

 

Pastiche postmoderne : poème "en prose", ratatouille philosophale

Remarque préalable : les règles des cryptogrammes ont été posées clairement, par souci anti-autoritaire et anti-élitiste. Il s'agit de dénoncer explicitement le subliminal subi malgré soi. Des codes couleurs permettent de cibler les "manipulations" ici en jeu, non pas par souci de domination, mais pour illustrer au contraire un pouvoir publicitaire/spectaculaire qui les mobilise à notre insu (neuromarketing, etc.).

Certains propos peuvent paraître paillards, obscènes, très implicitement, mais il est aussi toujours possible de multiplier les significations, puisque mille possibilités sont possibles par la réversibilité des intentions synchroniques. Le texte peut avoir un sens très chaste, tout comme il peut paraître "pervers". L'auteur pour sa part privilégie le sens chaste et émancipateur, mais met en valeur, les possibles sens obscènes, pour mieux dénoncer les gestionnaires du désastre qui les orchestre dans notre dos. Une interprétation belle et simple est toujours la plus respectueuse et la plus vraie. Mais les manipulateurs cyniques nous feront croire que seule la plus vulgaire serait "vraie". Nous mettons ici en valeur leur obscénité, sans y souscrire.

En outre, chaque prénom est un archétype, qui concentre plusieurs mythes, et non des personnes en chair et en os. Ainsi que les lettres. Ici, Par exemple, Marion est l’archétype de Marie-Madeleine, ou de l’érotisme biblique : l’érotisme que vit Jésus de Nazareth avec cette prostituée renvoie à une incarnation vibrante et joyeuse, innocente. Que MarionProust soit pâtissière renvoie à une référence proustienne mêlée à une référence biblique et à la parole du Serpent de Zarathoustra : comme Madeleine, comme souvenir d’un futur déjà éprouvé, elle est Marie-Madeleine, dévoilement de l’éternel retour du même.

 

Enigme : ZAR/S/O

 

 

Des lucioles, ou suggestions bioluminescentes, accueillantes mais inactualisées, encoubleraient les chemins trop tracés qu'ils labouraient sans passion.
Sans
démagogisme, ces dégommages salvateurs, électromagnétiquement, suggèrent biomagnétiquement certaines intensités autolubrifiantes.
Nous
challengeames donc calmement.


Extravagamment, nous deviendrions des extrants, nous lockouterions sans conséquences fâcheuses.

 

On raconte qu'une Gurgycoise, venant de Michelsneukrichen, une commune bavaroise,indiquait qu'il était interdit de lire Zarathoustra, dans la ville de BaGNoLs-SUr-CEzE, mais aussi Orlando, envisagé-e par Woolf, ou Virginia...


L'évocation du Serpent de Zarathoustra, en effet, provoquerait dans ces lieux ésotériques des pratiques saphiques incontrôlables. Tout comme l'imagination d'une transsexualité pansexuelle d'Orlando, qui aurait été favorisée par un tel Serpent zoroastrien, séducteur ou détournant.

 

Néanmoins, bravant la prohibition, des Gilbertines gardoises un peu perverses, croyant ferme à cette magie, organisaient des soirées secrètes, et proféraient des incantations inquiétantes.

 

Leur appellation, ou appel au soin, aurait été la synthèse choisie de Gilberte Swann, et d'Albertine Simonet, les personnages de la Recherche de Proust, et leur patron aurait été Charlus. Il s'agissait d'un appel au "soin".

 

Elles ne se trouvaient pas très loin du collège Gérard Philippe, ces BaGNoLaisEs, d'ailleurs, lui qui joua Fabrice del Dongo, dans la Chartreuse de Stendhal, selon certains dires avertis.

 

 

Cela aurait commencé autour de 1943 : la sortie annoncée du film de Delannoy, L'éternel retour, la même année, dont l'héroïne, Nathalie, aurait provoqué fantasmes ou soupirs, ne serait pas étrangère à ces éruptions dérangeantes, quoique très éphémères. Elles prirent fin, peut-être, en 1964, lorsque la chanson de Gilbert Bécot, du même prénom, la désignant désormais comme "guide" produisant "l'eu-phorie" d'un homme, aurait accompli quelque "prophétie".

Une hache de guerre pouvait être enterrée... du moins provisoirement.

Le nom de code des Gilbertines était : ZAR/S/O.


On n'en entendrait plus parler pendant longtemps...

 

Ce récit oecuménise peut-être une pratique rituelle a priori addictogène, mais qui rechatouillera toujours déjà une fibre érotique plus saine.
Ces sociétés secrètes à venir, ignorant leur héritage, mais qui barouleraient de nouveau, blackouteraient désormais sans trop de scrupules, mais comme extrants, ou comme fuites désormais invisibles (comme Lucioles, au sens de Didi-Huberman, par exemple).

Elles s'enjoleraient donc peut-être mutuellement, parfois, mais tu ne te couardiseras sûrement pas, si tu les approches, car elles affichent un regard serein et ouvert (sans expliciter la moindre perversion, ce qui la confirmerait d'autant plus, selon certains).

 

Ce métavocabulaire trace une ligne qui dit : "yeu(x)" (ou "IE").

 

Il ne faudrait pas que je m'électrocutasse le long de cette LiGNE, car elle reste électrique...
Par des oscillations bringuebalantes et soigneuses, un équilibre autolibérant est à prévoir.
Sans finir comme Barabbas, ou sans plus laisser se taire Sara, au sein d'un hasard harassant, chaque individu oscillerait bientôt de cette façon, si seulement il le désirait.

 

Cygne noir ou blanc, signes qui blanchiront sur une balconnière, elle envisage que tout désastre est endiguable.

 

Quoi qu'il en soit, elle, il ablutionnera.

 

 

Contemporanéité intercommunale des pratique Gilbertines

 

Toutefois, cette histoire semble se poursuivre discrètement aujourd'hui, selon des informateurs discrets. Des processions kabbalistiques célébreraient dit-on, encore en 2017, dans un manoir gardois bien gardé, ces Gilbertines perverses déjà archaïques, ou leur consacreraient un culte ne s'exprimant pas de façon dicible. La société secrète aurait pour maison-mère la République Pâtissière de Paris (RPR), du 57, rue de Saintonge, du nom de Mademoiselle Proust. Derrière elle se dissimule Marion Proust : ses gâteries affriolantes explicites, Octave, Oriane, Sidonie, Swann, Sablés, Galettes, Croquants, Cookies, suggèrent ironiquement quelque transsubstantiation païenne dont l'obscénité n'est pas même exprimable ici.

C'est jusqu'à Montpellier que cette tentacule festive et tentatrice suscite maquerelles et vocations gastrosophiques en tabous chuchotés mais intimement sus : cela, qu'on appelle la résidence Marcel Proust, rue de la Madeleine, conçue par Laura B, sature synchroniquement ces dérives érotiques, jusqu'à nouvel ordre. Un romain originaire de Marino, aurait eu vent de ces prolongations et aurait reconnu que les bacchanales n'étaient que pudibonderies comparées à ces étreintes orgiastiques, quoique trop spirituelles à son goût, minora-t-il, et toujours trop longuement différées.

Si nous miraculons à nouveau à la manière de ces Orlando octaviennes, c'est certes la paix et l'Umour qui nous tendraient les bras. Mais l'interdit "pieux", cette moraline niaise et plus malsaine que toute perversion généreuse et accueillante, empêche hélas toujours déjà ces luddismes enchanteurs, aussi innocents que peut l'être un jeu d'enfant, et aussi absorbés et sérieux que lui.

Ces Gilbertines surtout, mononucléaires, et aujourd'hui la RPR, cette sororité, sont donc centrées sur un seul noyau intensif et plein, qui est la joie de l'éternel réaffirmation, et de l'innocent érotisme, même le plus pervers, puisque tout ce qui est éternel ne vise jamais que sa jouissance la plus extrême, sans qu'on puisse le lui reprocher.

Une société secrète intercommunale se constitue désormais : BSC/MTP/PAR, et leurs tentacules. Jusqu'à développer de nouvelles formes de luttes érotiques, toujours suggestivement. Marion Proust, comme volupté charnelle dans le goût pâtissier, qui en appelle un autre, plus amer et plus salé, qui rare car oui perdra peu prochement ses "elle-même", épouse cette vocation fédératrice, malicieusement peut-être, mais avec tact et constance. Néanmoins, lorsqu'elle nomenclaturait cette science nouvelle, ou réaffirmée,elle ne pouvait deviner qu'elle fondait l'ars erotica de l'avenir. Sa transmission sera l'âge d'or de la charnelle engeance.

 

Pour remotiver ses troupes, Marion Proust indiquait souvent : "si nous nous autodécomprimions, si nous faisions baisser la pression de nos vices vertueux, la génitalité reproductive et régressive nous animaliserait à nouveau, si bien que nous cesserions de devenir l'avenir de l'humain, comme femmes non-femmes, et comme hommes pansexualisé-e-s".

 

Conclusion, ou suggestions ouvertes :

Les indications du Serpent de Zarathoustra, et d'Orlando

 

Orlando, ou le Serpent, n'annoncent pas non plus des choses extraordinaires, même si les relations synchroniques qu'ils suggèrent semblent absconses ou peu sensées :

 

"Si elles furent d'abord 2, comme sensibilités pleines, c'est qu'ils se transcendaient, et qu'elles étaient 3, en tant que 2..."

"Le "solipsisme à deux" des amant-e-s attentives à cet érotisme est un 3, qui est neutre, ou pansexualisée, ou 3 fois un vide, une grâce pure, selon Simone Weil par exemple (3 fois 0)... Il devient, toujours déjà, une ligne gracieuse et courbe, qui tourbillonne et qui dit "eux" (IE) ou "elles", pour désigner ce 2 du "nous" ("WE" : Woolf, ou Orlando, en "eux").

"2 comme 3, 3 comme 0, ils étaient donc 8 comme éternité : mais à chaque fois 2, qui boulangeraient leur désir, chevauchant en soi une multiplicité d'âmes, ou d'amours, mais toujours pour ce 2."

"Comme chiffres qui s'agglutinent, ils deviennent donc 53, ce qui est la même chose : 8 ou l'éternité. Une nouvelle ritournelle s'ouvre : 12 âmes en une seule qui les conserve et les inverse, 21 comme un seul 8, une seule éternité, ou 18, affirment l'unité des amants impossibles, comme solipsisme à 2. Ses lettres, dans les deux sens du terme, désignent aussi cette séduction, dans les deux sens du terme."

"Mais pour ne pas sombrer dans quelque vertige tournoyant, au ZAR/S/O des Gilbertines, on répondrait : bientôt, les amants bourlingueraient comme neufs, et délaisseraient le 8 du manège éternel ou narcissique, parce qu'enfin on se Joint, lorsque nous Masculions..."

"ILS baladineraient désormais, par analité plaisante, et conformément à la natalité d'une intuition érotique, qui s'était d'abord affirmée aussi clairement, puisqu'elle dénia l'aborder, et justifiait, qu'il, elle s'acharna aussi urgemment."

"A califourchon sur un amour envolé qui est leur fait, ils ne s'encombreraient plus d'impatiences."

"Il, elle, auscultera assez précisément cette situation, puis saisira une chance possible."

"Mais enfin, sans pudeur et sans honte, ils bibloteraient sereinement, et ses intentions sensibles déculturaliseraient sa langue."

"De telles intentions labouraient enfin ce qui doit l'être, une confiance exsudée, conformément à ce qu'une sagesse tibétobirmane a toujours enseigné."

"Quand on devient neufs, nouveaux à deux, et seulement à deux, le code des Gilbertines, ou ZAR/SO, signifie bien que l'on se joint."

"Cette jonction sera exprimée par un Socrate, érotique, ou par Phèdre qui lui suggère ses dialectiques maïeuticiennes, au chant des cigales de l'été :

« Vois s'il te plaît comme le bon air qu'on a ici est agréable, et vraiment plaisant. C'est le chant mélodieux de l'été, qui répond au chœur des cigales. Mais la chose la plus exquise de toutes c'est l'herbe : la douceur naturelle de la pente, permet en s'y étendant, d'avoir la tête parfaitement à l'aise » (Platon, Phèdre, 230c).

"Je ne saurais le dire tout de suite ; mais il me semble que ce pourrait bien être ou chez la belle Sapho, ou chez le sage Anacréon, ou même chez quelque prosateur. Et voici comment je le conjecture : c'est qu'en ce moment même, oui, mon cher Phèdre, après avoir entendu ce discours, je me sens encore le cœur plein de mille choses qui ne demandent qu'à s'échapper, et qui vaudraient, je gage, le discours de Lysias. Or, certainement ce n'est pas de moi qu'elles viennent; je connais trop bien mon incapacité. Il faut donc que j'aie puisé quelque part, à des sources étrangères, [235d] ces belles choses dont je suis rempli comme un vase qui déborde; mais telle est mon insouciance naturelle, que je ne sais plus même où ni comment je les ai apprises."

Ces choses ou paroles viennent bien de la cigale. Intemporelle déité qui "dit "E"".

 

Il devait être 17H30, car il évoque un vent déjà frais, lorsque Socrate invoqua le nom de Pan, qui se dévoilait comme déité protectrice, des forêts et des troupeaux d'agnelles : "O Pan, et vous divinités qu'on honore en ces lieux, donnez-moi la beauté intérieure de l'âme".

Et à cette heure, peut-être, par cette invocation, la rencontre entre ces deux amants, hommes, femmes, et déités simples, qui était attendue, se faisait parfois, certes assez suggestivement...

On le devine, ce n'est pas l'accouplement de Socrate avec Phèdre qui se jouait ici vraiment, dans ce dialogue érotique révélateur, mais avec celui qui l'écrirait, pour le conserver dans le dire, et dans la mémoire, Mnémosyne, déesse des amant-e-s et des créatrices : Platon, qui naquit le 21 mai, en 427 av JC, 73 jours après l'honneur de Françoise Romaine, pour qui la prière, sous le patronage de Saint Benoît, était un coït socratique avec dieu-e, renaissait de fait à chaque fois, et faisait naître sa voie, chaque fois que son amant invisible, Socrate, évoquait l'affaire érotique.

Si bien que tout discours de Socrate se déroule toujours déjà, vers 17H3O environ, le 21 mai, sous le chant de la cigale, intemporelle, élucidant quelque peu ce nom de code mystérieux des Gilbertines plus tardives, bagnolaises et tout aussi perverses : ZAR/S/O.

Pan n'est pas un principe de violence, contrairement à ce que l'onomatopée croit désigner. Au contraire, comme paisible troupe, comme musicalité de la forêt, il nappe sans apnée, de façon transitive et fluide, un temps champêtre et gracieux, pour rompre la tragédie meurtrière qui déchire Dionysos et Apollon, soit l'entendre et le voir, l'unité déchirante et la division clivée des apparences individuées, le principe dédoublée de toute vengeance et de toute réactivité souffrante.

Introduction au pastiche N°2 :

 

Selon un logique des synchronicités qui se développeraient non plus dans une seule langue, mais dans des échanges pensables entre les langues (ici, européennes), on pourrait postuler l'idée que certains phonèmes ou assemblages de lettres renvoient à des intentions modales ou affectives analogues, lorsqu'on passe d'une langue à lautre.

Joyce, ou Alexander Gode, ou Lacan, justifiés par une épistémologie taoïste, jungienne, et bergsonienne, pourraient nous orienter vers des propositions intéressantes, mais aussi très dangereuses.... nous verrons pourquoi.

 

L'idée est que le signifié peut varier, lorsqu'on rencontre un même son ou assemblage de lettres dans deux langues différentes, mais que la connotation affective est souvent la même, ou encore : la connotation symbolique, la figuration schématique.

Cela pourrait s'expliquer vulgairement par le fait qu'un "son" humain dit "mot" serait une sorte d'expression orale d'un état déterminé du corps qui la produit face à certains phénomènes intérieurs ou extérieurs à soi.

Par exemple, "ass" reproduit le sifflement d'un serpent, animal jugé vil, venimeux. Face à un serpent, je produis avec ma bouche un son qui reproduit celui du serpent, mais je manifeste aussi le mépris que j'ai pour ce serpent.

Au niveau du "signifié", "ass" signifie "cul" en anglais, réalité qui peut provoquer un certain mépris. Et "assassin", en français, sera aussi un signifié dont la réalité produit un certain mépris.

Ces relations entre les langues, plus poétiques que "scientifiquement" rigoureuses, permettraient néanmoins de développer, selon une intention joycienne/lacanienne/freudienne/marcusienne, une psychanalyse décelant une pansexualité à l'oeuvre au sein des synchronicités et équivocités phonétiques interlinguistiques ou cosmopolitiques.

 

La conclusion serait la suivante : tout individu cosmopolite serait pansexuel malgré lui (or, tout individu serait devenu...cosmopolitique ; même s'il l'ignore)

Note : pour que ces précisions aient du sens, il faut préciser que chaque individu, dans un monde mondialisé, interconnecté (au profit du désastre, hélas), tend à "connaître" toutes les langues du monde, même s'il n'en parle qu'une seule. En effet, la multilatéralité indéfinie des échanges commerciaux contamine nécessairement chaque langue, qui tend à contenir, même malgré celles et ceux qui la parle, toujours plus, des éléments linguistiques issus de toutes les autres langues. Le français par exemple, contient aujourd'hui toutes les langues du monde, comme toutes les autres langues, cosmopolites, si bien qu'un français tend à "parler", malgré lui, toutes ces langues. Elles sont contenues dans son parler.

Cette situation peut être dangereuse, si elle implique des dissociations symboliques violentes, et inconscientes, qui augmentent la déprise à l'égard du parler.

Elle peut aussi impliquer des relations internationales très perverses, symboliquement, comme nous le verrons : ici, certaines relations franco-anglaises, ou franco-américaines, parmi d'autres exemples possibles...

Mais elle pourrait être aussi ludique, joyeuse, et émancipatrice : si elle permet des jeux de langage innocents, elle suggère aussi l'entremêlement de désirs apparemment opposés, et montre que toute langue cosmopolite traduit une pansexualité latente de tout un chacun : la synchronicité interlinguistique cosmopolite indique que les genres sont des constructions contingentes, situées et ne sont pas "naturels", que les sexualités sont variables à l'infini, et toutes reconnues licites par notre "moi" linguistique cosmopolite latent, et que chacun-e assume toutes les sexualités et tous les genres infinis possibles lorsqu'il se contente de produire son langage cosmopolite.

Ce qui semblait farfelu (unité du "son" ou "phonème" comme intention affective ou symbolique univoque) se réalise dans ce cosmopolitisme linguistique en devenir. La mondialisation totalitaire et meurtrière aurait créé malgré elle un vecteur secrètement émancipateur, qu'il s'agirait un jour de développer, pour favoriser l'abolition du désastre.

Pastiche n°2 : délires interlinguistiques/psychanalytiques fumeux, suite (cf Alexander Gode, Joyce, Lacan, etc.)...

Pastiche humoristique : délires interlinguistiques/psychanalytiques fumeux, suite (cf Alexander Gode, Joyce, Lacan, etc.)...
Selon une intention jungienne, les langues pourraient être traductibles les unes dans les autres, via un inconscient collectif affecté... exemples :

- "eva"-cuation (français)/Bill "eva"ns (muse, création ?) ;

- Hait (haïr) / Hey ! = cynisme de l'onomatopée (?) ;

- Thune (argent) / tuner (anglais, syntoniser) = transmutation (?) ;

- bas-de-soie/bad ("mauvais" en français) = idée de "perversion" excitante (?)

- ass (anglais)/assassin = idée de dévaluation (?) ;

- "là" (lieu, présence)/ "la"te (anglais, tard) ; "la"tte (lait) = idée de bouillir (?) ;

- suss"ura"/"Ura"l (anglais, montagne) = idée d'érection (?) ; etc. ;

- j'aime (français) / gem (perle en anglais) = préciosité (?) ;

- Ton (manière de dire)/ Tönen (allemand, colorer, teinter) = idée de nuances (?) ;

- "cul" (français)/"cul"pable (anglais) (péché du sexe ou jouissance de l'interdit ?) ; -

- puss ("bisou" en suédois)/pussy ("chaton", sexe féminin, en anglais) = idée de douceur (?) ;

- Maque (se met en couple) / Mac (ordinateur) = connexion (?) ;

- Dents / al "Dent"e = Mangeable/capacité à manger = tautégorie (?) ;

- "Sa" (possession) / "Saw" (anglais, vu) = s'approprier un être en le voyant (?) ;

- Moule (fruit de mer, sexe)/ se dit "mold" en anglais, et évoque potentiellement quelque jeu de mot équivoque d'un Dolmancé (personnage de Sade : la philosophie dans le boudoir).

Evoque plus noblement un "Dôme". Plus "érotiquement", Sodome : et ainsi une sexualité génitale qui est reconnue implicitement comme une fin en soi (érotisme non soumis à la reproduction = érotisme qui humanise l'humain, et qui est éminemment l'érotisme anal).

On dit qu'un rendez-vous donné à 19h15 (SO) dans un bar qui se nomme "Dôme" renferme une tension sexuelle très forte, qui peut provoquer agressivité, excitation, ou les deux...

Reprise : lorsqu'un suédois dirait "puss", un anglais entendrait la même "intention" affective, ou érotique, par-delà des différences logiques ou terminologiques....
La personne suédoise, si elle désigne un "bisou" dans sa langue, mobilise malgré elle un désir possible, s'il y a un anglais inconscient en elle : désir saphique si la personne est une femme, hétérosexuel si elle un homme, indépendamment de la "sexualité" vécue socialement... L'interlinguisme produirait des inversions et réversions amusantes, par exemple sur un plan sexuel, si bien qu'il n'y aurait plus d'identités sexuels effectives (pansexualité inconsciente de tout individu cosmopolitique). Idem pour ass, con, tune, etc. ;


A creuser....


De même, une femme qui dirait "amour" à son amant, ou "chaton", pourrait désirer, comme allemande inconsciente, qu'il soit une femme, puisque Liebe (amour en allemand) évoque phonétiquement une lesbienne ... et puisque chaton, pour l’anglaise inconsciente, évoque "pussy"...


Un exemple artistique de cette "synchronicité" cosmopolitique, où puss (suédois) est indéfiniment mélé à pussy ("chaton") ; monologues du vagin post-post-modernes : Pussy, Iggy Azalea.

 

 

 

 

 

 

Suite du Pastiche n°2 :

Propositions "lacaniennes", "joyciennes" ou "jungiennes" cosmopolitiques et humoristiques (méli-mélo sans rigueur)...

Attention : dérives poético-fumeuses postmodernes....

(les inconséquences possibles d'un "Lacan"/apprenti sorcier, ou d'un Joyce équivoque)

 

A travers la perspective jungienne, on pourrait penser que certaines langues, d'un point de vue lacanien (équivocité de la signifiance au niveau phonétique), donneraient des indications à d'autres, de façon parfois très "comique", voire scandaleuse ou hérétique...

Si le français "Dieu" résonne aussi, inconsciemment, comme "dis "E"" ("dis la lettre "E""), alors que pourrait-il dire de façon latente, par exemple, à une personne parlant l'anglais, pour qui "Dieu" se dit "God" ?

Comme on l'a ici très bien compris, une subversion radicale et profondément choquante serait inscrite dans la rencontre des différents inconscients collectifs attachés aux langues (Gode).... ce pourquoi les français, inconsciemment, pourraient horrifier voire dégoûter à ce point les anglais, ou les américains (sans que la question de leur hygiène corporelle soit vraiment le point essentiel ; il s'agit là de sous-entendus obscènes, qu'un Lacan ou qu'un Joyce auront rendus envisageables subtilement, mais sans aller jusqu'au bout de l'outrance rabelaisienne).

Si l'anglais(e) ou l'américain(e) "obéissait" à l'injonction inscrite synchroniquement dans la "théologie" paillarde française inconsciente ("dis "E""), alors on pourrait dévoiler la possibilité d'un religare non autoritaire qui serait : (auto-)érotisme épanoui, non jugé et non "régressif", pervers mais innocent, clitoridien, anal, karmique, tantrique, pansexuel, oralisant, masturbatoire, ou autre ; saphisme ou homosexualité débridée, enfance possible mais choisie, indéfinies possibilités....Cela est souhaitable, mais aussi très dangereux, car peu soigneux, et trop "crypté".

Cette remarque ne concerne en rien quelque "France" définissant quelque "identité" nationale "privilégiée", mais désigne plutôt certains rares individus, peu importe leur "nation" qui voulaient peut-être érotiser et rendre plus humoristique cet Etat rance et morbide. Et de façon cosmopolitique. Rabelais et son "abbaye de Thélème" par exemple, etc.

Si une théorie des synchronicités est établie plus "raisonnablement", à travers une intention affective et "logique", simultanément (réminiscence ou pressentiment dans un principe de moindre action "psychique/physique"), ces jeux de mots des langues entremêlées cesseront d'être "ésotériques" et fantaisistes, et les pires "relations internationales" symboliques, seront peut-être dévoilées du point de vue de simultanéités totalement clivantes et clivées, traduisant des tensions dans la sphère des affaires matérielles humaines.

L'ironie puérile de ces jeux de langage pourraient toutefois tourner en dérision celui qui fait la guerre, patriarcal, raciste, homophobe et destructeur, comme bouffon qui ignore qu'on le parle ou qu'on le meut, comme un pantin mécanique dissocié.

On continuera, de toute façon, à dire "e", comme suggestion phonétique paillarde, au "god" anglo-américain, jusqu'à ce qu'il éclate de rire...Mais cela est aussi très risqué, voire inter-dit.

Certes, toute déité ou divinité ici ne sera jamais que la vie qui se transcende dans l'émancipation, par la lutte résolue et radicale contre le désert, par un érotisme et une jouissance pleine qui revendique son primat, sa dimension de fin en soi, qui n'est dégradé en "moyen de survie", en "vecteur biologique reproductif pour l'espèce", que de façon déshumanisante pour les individus. Dire "e" au God anglo-américain, d'abord hystérique (masculiniste) et sadique/narcissique/fétichisé (auto-réifié comme Lettre), c'est simplement indiquer ces directions assez élémentaires (Marcuse, Rabelais, Kama Sutra, Cantique des cantiques, Safia, Marie-Madeleine, Sara, Michel Henry, René Girard, Walter Benjamin - inconsciemment).

Alexander Gode, linguiste germano-américain, d'un père allemand et d'une mère Suisse, ayant étudié à Paris puis à Columbia, connaissant le français, l'allemand, l'anglais, l'italien, ayant fondé l'Interlingua, tentative de poser des relations internationales interlinguistiques, fut certainement l'individu, de par son nom de famille, qui fut le plus proche de telles "révélations" édifiantes et scandaleuses (quoique cocasses!). Mais il ne put aller jusque là, car il aurait perdu tout crédit, ou aurait trop outré son époque.

Son prénom, Alexander, inconsciemment, aurait pu aussi indiquer que ses continuateurs ou héritiers sexualiseraient toutes ses intentions, qui étaient beaucoup trop subversives.... même si elles apportent avec elles, potentiellement, la paix (soit l'humour, l'érotisme, et l'amour innocent).

Néanmoins, de telles suggestions peuvent paraître extrêmement choquantes pour une tradition plus ascétique, qui comprend la relation au divin au sein d'un principe d'incarnation certes érotisé, mais de façon chaste et aussi très spirituelle. L'asexualité n'étant ici pas exclue. On pourrait voir les jeux de lettres ou de mots "lacaniens", ou "jungiens", ou "rabelaisiens", comme un instrument symbolique trop dangereux, entre les mains d'apprentis sorciers qui ne savent pas ce qu'ils font. Ils mettraient en valeur des relations symboliques franco-anglaises, par exemple, du point de vue des langues et de leur équivocité phonétique, comme une relation infiniment malsaine et dérangeante. Ces relations seraient dès lors perçues inconsciemment, mais certainement, de façon extatique ou paranoÏaque, comme une forme de "conspiration" symbolique ou pornographique blasphématoire. Les tensions matérielles, d'abord agissantes, ne seraient que plus dissociatrices, au sein de la division internationale du travail inégalitaire. Des impérialismes culturalistes et occidentalistes exposeraient impudiquement leurs potentielles diffamations latentes, qui bousilleraient des intentions spirituelles qu'ils soumettent, de façon idéologique et matérielle. D'autant plus si ces deux impérialismes historiques prétendent avoir un primat formel/matériel (France/USA : droits de l'homme et universalité du libre-échange destructeur).

L'intention outrée qui apercevrait l'hébétude de tels adeptes des "jeux de langage" franco-anglais, inverserait la proposition : Dieu comme "dis "E"" adressé au God anglais produirait un phénomène d'inversion. L'émetteur deviendrait "Dog", et l'injonction donnerait : "Doge", commandeur des armées. Mais alors c'est de façon militaire et meurtrière que se développerait une telle réaction.

La réaffirmation d'un principe pacifique et matériel, incarné, comme principe spirituel qui se transcende, pourrait se dialectiser en : géode.

De même qu'un hacker devient un spécialiste en sécurité informatique, de même un esprit qui saisit les codes cryptés du langage devra prévenir les dissociations possibles impliquées par certains "jeux de langage" inconscients et inconséquents, qui augmentent les chances de la guerre, puisqu'ils augmentent les dissociations inconscientes, et le sentiment de quelque "conspiration" incompréhensible ou cryptée.

Le principe kabbalistique, qui est le soin même du langage et de ses synchronicités, fut accusé précisément parce qu'il fut le seul à exhiber exotériquement ses mécanismes, contre l'autoritarisme "ésotérique", et il fut donc montré du doigt à cause du fait qu'il fut justement soucieux et précautionneux, dénonçant d'autres ordres élitistes ou "initiatiques".

Mais toutes ces considérations, bien peu matérialistes, se situent bien sûr dans le cadre d'un pastiche postmoderne dénué de sens et d'orientation, et restent insuffisantes en elles-mêmes. Elles ne désignent que la nécessité d'analyses plus rigoureuses, plus empiriques et sociales, que vous trouverez dans les articles ici diffusés. Elles suggèrent leur propre insuffisance "postmoderne".

 

 

Appendice 1 : L'amour, dans le Phèdre de Platon

 

Platon, Phèdre, 253d-256e

« En commençant ce discours nous avons distingué dans chaque âme trois parties différentes, deux coursiers et un cocher : conservons ici la même figure. Des deux coursiers, avons-nous dit, l'un est généreux, l'autre ne l'est pas ; mais nous n'avons pas expliqué quelle était la vertu du bon coursier, le vice du mauvais ; nous allons maintenant l'expliquer. Le premier, d'une noble contenance, droit, les formes bien dégagées, la tête haute, les naseaux tant soit peu recourbés, la peau blanche, les yeux noirs, aimant l'honneur avec une sage retenue, fidèle à marcher sur les traces de la vraie gloire, obéit, sans avoir besoin qu'on le frappe, aux seules exhortations et à la voix du cocher. Le second, gêné dans sa contenance, épais, de formes grossières, la tête massive, le col court, la face plate, la peau noire, les yeux glauques et veinés de sang, les oreilles velues et sourdes, toujours plein de colère et de vanité, n'obéit qu'avec peine au fouet et à l'aiguillon. Quand la vue d'un objet propre à exciter l'amour agit sur le cocher, embrase par les sens son âme tout entière, et lui fait sentir l'aiguillon du désir, le coursier, qui est soumis à son guide, dominé sans cesse, et dans ce moment même, par les lois de la pudeur, se retient d'insulter l'objet aimé; mais l'autre ne connaît déjà plus ni l'aiguillon ni le fouet, il bondit emporté par une force indomptable, cause les disgrâces les plus factieuses au coursier qui est avec lui sous le joug et au cocher, les entraîne vers l'objet de ses désirs et après une volupté toute sensuelle. D'abord ceux-ci résistent et s'opposent avec force à une violence indigne et coupable. Mais à la fin, lorsque le mal est sans bornes, ils s'abandonnent au coursier fougueux, et promettant de faire ce qu'il voudra, s'approchent et contemplent de près la beauté toute resplendissante de l'objet chéri. A cette vue la mémoire du guide se reporte vers l'essence de la beauté, il la voit s'avancer chastement à côté de la sagesse. Saisi de crainte et de respect, il tombe en arrière, ce qui le force de retirer les rênes avec tant de violence que les deux coursiers se cabrent, l'un de bon gré puisqu'il ne fait pas de résistance, mais l'autre, le coursier indocile, avec regret et avec fureur. En reculant, le premier, encore tout confus et tout ravi, inonde l'âme toute entière de sueur et d'écume ; l'autre, déjà guéri de l'impression du frein et de la douleur de sa chute, ayant à peine repris haleine, se répand en outrages et en injures contre son compagnon et contre le cocher lui-même; il leur reproche leur timidité et leur lâcheté à soutenir l'attaque concertée; enfin, malgré leur refus de le suivre, il les force de céder encore une fois et n'accorde qu'avec peine à leurs instances un moment de délai. Ce temps une fois passé, s'ils feignent de ne plus y penser, il réveille leur souvenir et leur fait violence ;hennissant et bondissant il les entraîne, et les force de hasarder auprès de l'objet aimé une nouvelle tentative. A peine arrivé près de lui il se couche, s'allonge, et se livrant aux mouvements les plus lascifs, mord son frein, et tire en avant avec effronterie. Le cocher cependant éprouve plus fortement encore qu'auparavant la même impression de terreur, et se rejetant en arrière, comme il arrive souvent dans les courses quand on fait effort pour franchir la barrière, il retire avec plus de violence que jamais le frein entre les dents du coursier rebelle, ensanglante sa bouche et sa langue insolente, et meurtrissant contre terre les jambes et les cuisses de l'animal fougueux il le dompte par la douleur. Lorsqu'à force d'endurer les mêmes souffrances, le méchant s'est enfin corrigé, il suit humilié la direction du cocher, mourant de crainte dès qu'il aperçoit le bel objet dont il est épris. C'est alors seulement que l'âme des amants suit celui qu'elle aime avec pudeur et modestie. (...) Voilà donc le jeune homme qui aime aussi, mais il ne sait qui ; il ne connaît pas la nature de son affection et ne saurait l'exprimer ; semblable à celui dont la vue s'est affaiblie pour avoir regardé des yeux malades, il cherche en vain la cause de son mal, et, sans le savoir, dans les yeux de son amant il voit comme dans un miroir sa propre image. En sa présence il cesse comme lui de ressentir la douleur ; en son absence il le regrette autant qu'il en est regretté ; il lui rend amour pour amour. Mais il ne croit point que son affection soit de l'amour; il l'appelle, il la croit de l'amitié. En même temps il désire presque autant que son amant, quoiqu'un peu moins, de le voir, de le toucher, de l'embrasser, de partager sa couche, et voilà bientôt très probablement ce qui lui arrivera. Or, tandis qu'ils partagent la même couche, le coursier indompté de l'amant a beaucoup de choses à dire au cocher ; il lui demande en retour de tant de peines un moment de plaisir. Celui du jeune homme n'a rien à dire : mais, entraîné par un désir qu'il ne connaît pas, il presse son amant entre ses bras, l'embrasse, le caresse le plus tendrement, et tandis qu'ils reposent si près l'un de l'autre, il est incapable de refuser à son amant les faveurs que celui-ci lui demandera. Mais l'autre coursier et le cocher lui opposent la pudeur et la raison. Si donc, la partie la plus noble de l'intelligence remporte une si belle victoire, et les guide vers la sagesse et la philosophie, les deux amants passent dans le bonheur et l'union des âmes la vie de ce monde, maîtres d'eux-mêmes; réglés dans leurs mœurs, parce qu'ils ont asservi ce qui portait le vice dans leur âme et affranchi ce qui y respirait la vertu. Après la fin de la vie ils reprennent leurs ailes et s'élèvent avec légèreté, vainqueurs dans l'un des trois combats que nous pouvons appeler véritablement olympiques ; et c'est un si grand bien, que ni la sagesse humaine ni le délire divin ne sauraient en procurer un plus grand à l'homme. »

 

Pour décrire l'âme, Platon propose une métaphore très parlante : l'âme est une sorte d'attelage composé d'un cocher et de deux coursiers, de deux chevaux, l'un blanc, l'autre noir. Le cocher est la partie directrice de l'âme, le centre de toute décision, qui donne une orientation générale à l'attelage : il est la raison ou la volonté. Le cheval blanc, obéissant et fidèle, est la tempérance (la retenue, la pudeur). Le cheval noir, colérique et vaniteux, intempérant, est la concupiscence.

Un char, donc, un cheval noir, principe charnel et sensuel, et un cheval blanc, principe d'une tempérance intemporelle, tous deux guidés par un cocher, une volonté, potentiellement hyméniale.

Il faut d'abord noter que toute âme comprend un cheval noir dans son attelage. Autrement dit, toute âme est propre à se laisser emporter par la violence des passions. Toute âme comprend en son sein la possibilité de s'éloigner de la tempérance et de la raison. La vertu morale, qui est tempérance et raison, est donc une disposition qui s'acquiert dans l'effort : autrement dit, le cocher et le cheval blanc doivent savoir humilier, avec force, les prétentions immorales et néfastes du cheval noir.

En outre, par cette métaphore, Platon expose une composante de son eudémonisme : l'eudémonisme est la doctrine selon laquelle une âme vertueuse est une âme heureuse, et réciproquement : la vraie vertu impliquerait le bonheur du vertueux, de même que le véritable bonheur impliquerait la vertu de l'heureux. Autrement dit, la puissance des forces morales de l'âme, soit la puissance du cocher et du cheval blanc, de la raison et de la tempérance, signifie non seulement le devenir vertueux de cette âme, mais elle est aussi la condition de sa plus pure félicité, de sa plus haute béatitude. L'examen du désir amoureux, développé dans ce texte, nous montre précisément ce fait.

 

Le cocher, s'il est mis face à l'objet de son amour, constate d'abord que le cheval noir, la concupiscence de l'âme, cherche à le contraindre pour qu'il s'empare violemment de cet objet, pour qu'il se l'accapare sans retenue, pour qu'il le souille de la sorte irrémédiablement. Face à cette force brute déployée par le cheval noir, le cocher, avec l'aide du cheval blanc, résiste tout d'abord. Mais s'il cède finalement une première fois, il pourra s'approcher quelque peu de l'être aimé. « A cette vue, la mémoire du guide se reporte vers l'essence de la beauté ».

Expliquons cette notion selon laquelle la partie directrice de l'âme, le cocher, la raison, se ressouvient de l'essence du Beau face à l'être aimé. Le cocher, en tant que partie directrice de l'âme, est l'âme elle-même telle qu'elle a pu contempler, dans le ciel des essences intelligibles, tandis qu'elle n'était pas encore rattachée à un corps humain mortel, une forme pure, universelle et objective indiquant l'être absolu du Beau en soi. En effet, la condition naturelle d'une âme n'est pas de demeurer dans le monde terrestre, mais consiste à exister sans corps, en tant que forme pure et sans mélange, et de graviter dans l'espace céleste, autour du monde, pour accéder à la contemplation de formes intelligibles. Mais il se peut aussi que l'attelage de l'âme, suite à une dégradation quelconque, descende sur terre et se rattache à un corps vivant corruptible et imparfait. L'idée du Beau en soi ne peut plus alors être contemplée directement. C'est seulement par l'intermédiaire de la contemplation d'un corps sensible et particulier dont il est amoureux que le cocher ainsi rattaché au monde sensible, au monde terrestre, pourra se ressouvenir de cette expérience qu'il a faite du Beau absolu tandis qu'il demeurait dans le ciel des formes intelligibles. Autrement dit, face à un être qui, dans le monde sensible, suscite une admiration immédiate, face à un être qui est aimé par nous, une sorte de nostalgie surgit pour notre âme : notre âme comprend confusément que cette beauté singulière qui l'émeut participe en quelque sorte de l'Idée du Beau en soi à laquelle elle avait pu accéder avant de s'incarner dans la matérialité terrestre. L'amour réveille en l'âme une soif d'absolu, et il est l'occasion d'une réminiscence par laquelle l'âme se rappelle quelle est son origine, sa condition première et naturelle.

Après cette première expérience quasi-mystique, le cocher et le cheval blanc conserveront un respect presque religieux face à l'être aimé. Mais le désir du cheval noir ne sera que plus intense. Le cheval noir vise la possession charnelle de l'être aimé, il vise l'accouplement immédiat. C'est par l'action du cheval noir précisément que le souvenir du Beau absolu qui avait été suscité par la présence de l'être aimé risque de s'évanouir. Autrement dit, si l'âme encore rattachée à un corps mortel succombe aux assauts du cheval noir, si le cocher et le cheval blanc ne retiennent pas la partie concupiscente de l'âme, le lien qui relie cette âme à son origine, à sa condition heureuse d'âme éternelle demeurant au contact de la réalité suprême, risque de se détruire. Pour le dire simplement, l'amant qui abandonne sa vertu en s'accouplant immédiatement et sans retenue avec l'être aimé doit renoncer par là-même à l'amour pur et divin qui nous met en relation avec l'essence de la beauté et avec la réalité absolue des choses que toute âme doit chercher à rejoindre. Perdre sa vertu, dans ce cas, c'est pour l'âme s'exposer à un grand malheur : c'est risquer de ne plus pouvoir s'extirper de la matérialité terrestre et de ne plus jamais pouvoir être en contact avec les nourritures qui sont les plus essentielles à l'âme.

Si le cocher et le cheval blanc remportent finalement la bataille, s'ils savent opposer au cheval noir la pudeur et la raison, alors l'amour devient véritablement sublime. Platon affirme alors ceci : « si donc, la partie la plus noble de l'intelligence remporte une si belle victoire, et les guide vers la sagesse et la philosophie, les deux amants passent dans le bonheur et l'union des âmes la vie de ce monde, maîtres d'eux-mêmes ; réglés dans leurs mœurs, parce qu'ils ont asservi ce qui portait le vice dans leur âme et affranchi ce qui y respirait la vertu. Après la fin de la vie ils reprennent leurs ailes et s'élèvent avec légèreté. » On voit ici très clairement que la quête du bonheur véritable, soit la quête d'un amour pur qui nous rend heureux dans cette vie-là, mais qui permet aussi à l'âme de s'élever pour rejoindre son milieu d'origine après cette vie, signifie très exactement la quête de la vertu morale comprise comme maîtrise de soi. L'amant qui sait dompter le cheval noir de son âme acquiert ainsi la vertu qui rend possible tout amour authentique, et il construit aussi son bonheur le plus complet, soit le bonheur d'être en relation avec l'essence intelligible de la Beauté.

Telle est la formule de l'eudémonisme platonicien : sache suivre la formule suprême de la vertu, sache dompter ta concupiscence, et c'est alors ton bonheur suprême que tu suivras, soit la libération de ton âme au sein d'un amour pur et absolu. Avec Platon, la recherche du bonheur n'est pas contraire à la morale. Avec Platon la recherche du bonheur renvoie à la recherche de la vertu morale.

Appendice 2 : Sade et Platon s'ajustent mutuellement

Il se pourrait que l'ascèse platonicienne et le solipsisme désolant sadien, tendanciellement immature et meurtrier, s'ajustent mutuellement... les deux intentions désignent une sensualité charnelle clivée, et même patriarcale, logocentrique, mais leur rencontre produirait la conciliation du cygne blanc et du cygne noir, dont les conflits empêchent la grâce et la fluidité courbe de la danse de la vie...

 

"O mes amis ! je vous le demande, un homme rempli de bonté planterait-il dans son jardin un arbre qui produirait des fruits délicieux, mais empoisonnés, et se contenterait-il de défendre à ses enfants d'en manger, en leur disant qu'ils mourront s'ils osent y toucher ? S'il savait qu'il y eût un tel arbre dans son jardin, cet homme prudent et sage n'aurait-il pas bien plutôt l'attention de le faire abattre, surtout sachant très bien que, sans cette précaution, ses enfants ne manqueraient pas de se faire périr en mangeant de son fruit, et d'entraîner leur postérité dans la misère ? Cependant, Dieu sait que l'homme sera perdu, lui et sa race, s'il mange de ce fruit, et non seulement il place en lui le pouvoir de céder, mais il porte la méchanceté au point de le faire séduire. Il succombe et il est perdu ; il fait ce que Dieu permet qu'il fasse, ce que Dieu l'engage à faire, et le voilà éternellement malheureux. Peut-on rien au monde de plus absurde et de plus cruel ! Sans doute, et je le répète, je ne prendrais pas la peine de combattre une telle absurdité, si le dogme de l'enfer, dont je veux anéantir à vos yeux jusqu'à la plus légère trace, n'en était une suite affreuse."

Sade, Histoire de Juliette

 

Si Sade et Platon s'écartent et s'écoutent, s'attendent et s'atteignent finalement, les déchaînements tumultueux du cheval noir de Socrate seraient le plus souhaitable et le plus vertueux chemin, en ces 21 mai indéfiniment répétés. Nous, humains sensibles et intelligibles, visibles et invisibles, nous nous autocannibaliserions, de façon autolubrifiante mais tout à fait innocente....

 

 

Appendice 3 : Fabrice et Clélia

Puisque nos Gilbertines bagnolaises vouaient aussi un culte à Stendhal, à proximité du collège Gérard Philippe, un éclairage final serait éventuellement fourni par l'histoire de Fabrice et Clélia.

 

Fabrice del Dongo, dans La Chartreuse de Parme, ne peut pas chanter son amour pour Clélia. Il reste muet face à l’ineffable. C’est dans ce qu’il ne dit pas qu’il dit le plus de choses.
Fabrice del Dongo n’est pas même vu par Clélia, initialement : il n’est qu’une présence, qui plane, dans cette tour Farnèse. Un simple regard bienveillant, silencieux, porté sur une femme tendrement aimée, suffit à l’envelopper d’une nuée d’amour précieux qu’elle ne peut que sentir.
Dans ce silence et dans cette inapparence se manifeste le dit non su d’un amour qui ouvrira le regard. Un amour reste privé pour ne pas se dissoudre dans l’être-explicité public. Il ne s’insère pas dans la significativité mondaine des choses. Il est le phénomène invisible, ou la beauté, que seuls deux êtres au monde pourront appréhender.
Comment devenir manifeste pour un seul être, c’est-à-dire : en étant non manifeste de cette sorte pour tous les autres ? Un amour doit être l’art de la dissimulation, l’art du maquillage. Un seul signe trahit l’ensemble pour un seul être, mais pour tout autre il ne se sera rien passé.
Dans ce silence, la résolution monte finalement : une forme de « solipsisme à deux » s’étant manifesté, c’est néanmoins la certitude de l’existence d’un « extérieur » qui advient. La loi de cet « extérieur » paraît claire comme le jour : il s’agit de son éternité fluide, qui conserve en projetant. La résolution corrélative est, de même, claire comme le jour : il s’agira d’aimer assez pour demeurer fidèle au Don de l’éternelle persévérance d’une forme de béatitude indicible.
Les amants néanmoins sont happés par le bavardage des prêtres, des prophètes, des vendeurs de « rêves ». Ils sont nommés par ces parasites qui viennent dès lors s’immiscer dans leur monde à deux. Leur silence résolu est détruit, la loi du temps s’évanouit, et le clin d’œil « malin » ou « sympa » redevient le cours des « choses ». Ils ne sont pas protégés, leur révolution à deux est infiniment fragile. En même temps, ils ne sauraient bannir toute société de leurs préoccupations : c’est elle qui maintient leur être biologique et psychique sans lequel ils ne peuvent tout simplement pas « être » l’un pour l’autre ; d’autres liens, de même, amicaux ou familiaux, leur sont nécessaire. Ils doivent aussi retrouver un autre « monde » de l’extériorité, une autre loi du temps, pour que leur monde et leur temps, seulement, aient un certain prix. Mais très souvent de ce fait ils s’usent. Leur « solipsisme à deux », dans le pire des cas, peut devenir un « solipsisme de la masse », en lequel le on-dit du quotidien recouvre tout ce qui est original et singulier.
Le silence résolu des amants passionnés est presque une impossibilité, et, s’il est possible, ce n’est que transitoirement : de larges zones de banalité irrésolue et bavarde l’entourent.
Mais alors, je voudrais me promettre à moi-même une chose : lorsqu’arrive l’impossible, lorsqu’arrive ce silence, je tâcherai de le saisir à chaque fois radicalement, de la façon la plus pleine possible, sans réserve et sans crainte. J’épouserai absolument de telles chances, sans équivoque, et tâcherai de ne jamais oublier la promesse qu’elles apportent avec elles : la promesse de l’éternité dans la vie. Ce qui est le plus intense est aussi ce qui est le plus vrai : puisqu’une telle promesse me fut apportée durant le temps le plus intense de ma vie, elle doit aussi être la plus vraie.

 

 

Note : Collectivement, si Clélia devient le symbole de la paix, ou de la nudité dansante et chantante, c'est peut-être "Sion" qu'attendrait ce messianique indéfiniment désiré, projeté, mais jamais atteint. Mais aussi et d'abord un simple soin, une réparation, dans la mémoire digne et recueillie, puis dans la paix et la justice établie pour toutes et tous, progressivement, quoique jamais "parfaitement". Sans territoire fermé, localisé, pas "ici ou là", aujourd'hui ou demain, mais partout où un ici veut se dire, et chaque fois déjà.

Contrepoint mystérieux :

Et si Eve et le serpent étaient la même personne ? Principe créateur et consumant, principe terrien, qui est à la fois un poison (mortalité) et un remède contre l'ennui "mortel" de l'immortalité à deux... Principe d'un retour à la poussière, d'un cycle perpétuel de régénération.... On parlerait presque de "sève" ici, pour désigner cet instinct unitaire ; qui n'a rien de "satanique", sauf pour les sadiques masculinistes/violeurs qui personnifient l'impersonnel (logocentrisme patriarcal).

Eve se découvrant devient Eva, Théo ou Adama : dieu-e, déité pleine, en devenir sur une belle verte... des négresses vertes, au pluriel, et sans perspective "racialiste" possible (cette seule déité inextensive possible). Lucy, donc, en un certain sens. Lucy in the sky.

 

Avertissement impérieux, au premier degré (non ironique) :

Tout être qui voudrait abolir, massacrer, violer, des négresses vertes qui seraient devenues des "insultes", alors que chacun l'est toujours déjà, de façon a priori incarnée et souple, violer ou tuer une Eva, une Lucy, une Sky, un Théo, un Adama, ou tout autre être vivant sensible et beau qui exprime par son appellation la déité sacrée de toute une chacune, de tout un chacun, serait en soi le zombie mort-vivant s'auto-réifiant, s'insensibilisant, de la façon la plus clivée qui soit, souffrant d'abord soi-même de façon lamentable, mais devant êtrecombattu comme maladie, comme mal-dire qui étouffe la plupart des individus incarnés : "guérir" cet être sadique et fétichiste ici, consisterait à lui faire comprendre qu'il souhaite sa propre défaite de façon latente, soit l'abolition de son pouvoir mutilé et confus, grimaçant et sans puissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Images de pensée

 

Une parabole : Penser, être un corps

 

Penser, c'est toujours être la pensée d'un corps. Il y a jonction. Dire "il y a pensée", ou encore "un corps pense", c'est dire "un corps se pose, s'écoule encore dans la durée".

 

Penser, c'est penser la pensée, et chaque fois celle-ci exprime ce que le corps exprime : l'impermanence permanente, l'ouverture unique sur une multiplicité qui s'auto-affecterait.

 

La pensée pense qu'elle pense. Le témoin, le témoignage, le récepteur du témoignage ne sont pas séparés. Ils renvoient tous à cette seule perspective possible, réelle.

 

Attester, constater, témoigner, juger, confirmer : cette seule manière d'être, une tautologie envisageable. Chaque fois la pensée affirme ce qu'elle affirme : "il y a encore la vie, ce corps, de fait."

 

Un symbole : jouer, rêver.

 

L'enfant joue ; il lance la balle, le jouet, qui retombe alors entre ses mains. Un constat : la balle est pesante. Après un bref envol sans grands espoirs, la belle est revenue : voilà bien tel enfant, en cela qui apprend, cette explicitation redoublée, voire la nature de son corps imprimé, ou des "autres" expressément corps, un certain sens du devenir de la sphère : tout ce qui se laisse lancer, tout ce qui se laisse élever dans les hauteurs, finit par redescendre, par rejoindre le sol, extrêmement impossible.

L'enfant rêve ; il lance une étoile, qui reste suspendue dans les hauteurs ; toujours une étoile sera le rêve le plus lointain, trop lourde pour retomber. Question de l'enfant qui rêve : "Qui attrape mon étoile ? Qui éprouve profondément sa pesanteur ?"

 

Questions un peu sottes, et pas vraiment passionnantes...

 

L'enfant joue, rêve, car tel est son goût, son bon plaisir. Joie ultime de faire varier le surgissement de l'évidence. Terreur extrême d'apprendre, d'accueillir chaque fois la révélation de l'essentiel. Joie extraordinaire d'appartenir à la décentrée, détresse nécessaire de peser. Amusé, l'enfant apprend la verticalité symétrique : une balle jetée, remémorée. Enigmatique, l'enfant apprend la verticalité asymétrique : une étoile lancée, accrochée.

Un signe : sauter, s'envoler.

 

 

Un corps pensant pense qu'il pense. Il s'énonce lui-même pour lui-même. Il jette, il questionne, il joue et rêve. En bref, il évalue la pesanteur, sa propre pesanteur, en la soumettant à de multiples variations. Il est aussi chaque fois la balle qui retombe, dans le plus extrême matin, il est même chaque fois l'étoile qui reste accrochée, au coeur de l'ultime courbure. A première vue, un corps pensant saute continuellement ; c'est ainsi qu'il passe d'un hasard à une nécessité, c'est ainsi qu'il se transforme : ce qu'il est avant le saut n'est pas ce qu'il est après le saut, même si le sol qui se dévoile sous ses pieds doit bien rester le même, en tant que dérobé. Plus précisément, un corps pensant est en train de sauter ; il vient de prendre son envol, il n'est pas encore retombé ; curieux, il demande : " Vais-je chuter ?"

 

Qui va m'attraper, le ciel ou la terre ? Où étais-je ? Où suis-je ? Où serai-je ? La pensée est le lieu où se confondent peut-être radicalement la balle et l'étoile, le lourd et le léger, le symétrique et l'asymétrique, le bas et le haut ; elle est le lieu du passage intense, de la transition. Délicieuse attente, horreur de l'incertitude. Un corps pensant pense qu'il pense : sauter ou s'envoler ?

 

Dramatiser à outrance ne servirait pourtant à rien...

 

A la rigueur, retomber : vague routine. S'envoler, dans l'absolu : le miracle monstrueux. A force de descendre, à force de s'abîmer, à force de trop s'extravertir, on perd le goût du saut ; et l'ennui guette alors, par quelque fade bonheur. Pourtant dans le même temps, le saut se répète, encore et à jamais. Puisque celui qui saute, continuellement, s'étonne absolument de sa chute, apparemment seulement possible, toujours il retente l'expérience. Il conserve la passion du miracle, la passion de l'instant où l'envol demeure envisageable, la passion de l'incertitude.

 

 

 

 

Une sensation : le chaud, le froid ; le mou, le dur.

 

 

Celui qui saute, tente l'envol, s'insatisfait d'un climat, et du caractère qu'il suscite. Il ne supporte pas la tiède moiteur qui s'impose ici-bas, il ne supporte pas la mollesse qu'elle engendre. Est-ce là un simple caprice, une simple question de goût ? Il semble bien que non, en tant que sa vie-même, peut-être, est en jeu (qui peut garder les pieds sur le sol sans se consumer, sans être détruit, décomposé par le feu encore trop proche des entrailles de la terre ?). Semblable à la cire, celui qui saute finira par fondre s'il ne se dégage des flammes d'en bas. Il est contraint de sauter, en permanence. Est-ce là une simple question de goût, un simple caprice ? Evidemment : affirmer la vie, vivre, se contraindre, être nécessairement, ce n'est jamais qu'un caprice, ce n'est jamais qu'une question de goût, ou de dégoût...

 

Sauter, s'envoler : rejoindre les hauteurs glacées pour se durcir, pour se recomposer. Sauter, s'envoler : rejoindre le seul lieu habitable, le seul lieu où la vie se pose intensément. Voilà toutefois un dangereux séjour : trop de froid trop longtemps, et c'est tout le corps qui se pétrifie. Nécessité de la chute, du déclin, par-delà la mortelle tentation de l'envol.

 

 

Une impression : réagir, agir.

 

 

Réagir est le propre d'une puissance dont le devenir n'est pas simplement conditionné par la seule nécessité de son existence, mais aussi par l'existence d'une puissance autre. Réagir, cela désigne tout mouvement qui est aussi contraint, causé, par quelque élément extérieur. La réaction est une question de relation à l'altérité : tout mouvement (soit : toute apparition d'une puissance) dont la manifestation dépend également, d'une manière ou d'une autre, de sa relation à autre chose qui n'est pas lui, est une réaction. Disons-le autrement : dans le cadre de la réaction, celui qui commande la puissance et celui qui obéit à la puissance sont aussi séparés.

 

Qu'est-ce que sauter ? Apparemment, sauter, c'est réagir, et même deux fois réagir : d'une part, celui qui vient d'entamer son saut ne semble pas avoir simplement obéi à sa spontanéité close : son ascension paraît aussi être la conséquence de sa relation à une puissance qui est hors de lui, qui est dans autre chose que lui, du moins dans la mesure où elle est aussi mue par la tiédeur insupportable de l'ici-bas ; d'autre part, celui qui vient de retomber n'a pas chuté à la suite d'un libre décret, ou par la grâce de son bon vouloir ; une fois encore, la puissance de la terre, cette puissance autre, le contraint, la loi de l'attraction s'impose à lui, pour l'extraire des hauteurs saines et glacées. Disons-le autrement : celui qui saute, apparemment, n'obéit pas seulement à sa propre impulsion lors de l'ascension, et il ne lui obéit pas du tout lors de la chute : la terre commande aussi, éminemment peut-être ; celle qui commande et celui qui obéit sont aussi séparés.

 

Qu'est-ce que sauter ? Evidemment, sauter, c'est s'envoler, créer, être un premier mouvement, un miracle, à chaque fois. Evidemment, sauter, c'est agir. Qu'est-ce qu'agir ? Agir est le propre d'une puissance dont le devenir est conditionné par la seule nécessité de de son existence. Ce qui agit est indépendant, spontané, libre, en tant qu'il se ferme à toute extériorité qui pourrait influencer son écoulement. Ce qui agit se met en mouvement de lui-même, il n'est absolument pas mis en mouvement par autre chose ; il s'auto-affecte, il n'est absolument pas affecté par quelque élément extérieur. S'il y a bien agir, alors celui qui commande et celui qui obéit ne sont tout simplement pas séparés, de là comparables à quelque servile royauté.

 

Sauter, c'est agir, évidemment. Mais en quel sens ? Pourquoi donc ? Comment ? Sauter, c'est agir, dans le sens où sauter, c'est être en train de sauter ; ni l'origine du saut, ni même son issue, n'ont une réalité distincte pour celui qui saute. Celui qui saute demeure simplement dans les airs ; il a oublié son lieu d'origine tout comme il ignore son lieu d'arrivée, pour la simple et bonne raison que de tels lieux ne sont jamais vraiment advenus. Très concrètement, il vole, incertain, pour la première fois, le plus librement du monde, obéissant à son seul caprice, obéissant à son bon plaisir, flattant son goût le plus scandaleusement arbitraire. Lorsqu'il s'affirme dans les hauteurs, rien ne distingue le sauteur de l'étoile, ou de l'oiseau : la fierté et la joie attachées à l'indépendance dominent légitimement ; là où il se situe, quel " autre " pourrait avoir l'impudence de lui dicter sa loi ?

 

Supposons tout de même une fois encore que le sauteur a la possibilité de se sentir avant et après le saut, de sentir que la terre commande aussi son ascension et sa chute. Apprendra-t-il quelque chose de nouveau ? Découvrira-t-il que son agir d'étoile n'était qu'une illusion ? Sera-t-il déçu, désenchanté ? Apparemment, trois fois oui. Et de fait, trois fois non. Oui, trois fois non, dans la mesure où c'est toujours le moment de la suspension au-dessus du sol qui nous révèle le sens profond de la totalité du saut ; ni l'origine ni l'issue du saut ne sont ces points de départ à partir desquels pourrait être interprétée la totalité du saut.

 

Supposons qu'il y a trois êtres distincts lors de l'expérience du saut : il y aurait celui qui se prépare à sauter, celui qui est en train de sauter, et celui qui vient de retomber. Chacun raconte aux autres ce qui lui arrive. Le premier se dit libre et contraint à la fois, c'est-à-dire relativement actif, relativement réactif : d'un certain point de vue, il est libre de sauter, car il pourrait cesser de sauter, mais d'un autre point de vue, il sent qu'il est contraint de sauter, comme si la terre, brûlante, le lançait elle-même dans le ciel. Le second se dit entièrement libre de demeurer suspendu, c'est-à-dire absolument actif : il est toujours libre de s'envoler, il n'a qu'à choisir ce qu'il préfère. Le dernier se dit tout à fait contraint, c'est-à-dire absolument réactif : il ne pouvait pas ne pas chuter, même s'il l'avait voulu de toutes ses forces, car la terre a imposé sa loi, de façon implacable, indiscutable. Supposons maintenant que ces trois êtres distincts cherchent à définir la réalité unique et profonde du saut. Dans un premier temps, c'est " l'ayant sauté ", le dernier, qui s'exprime, très sûr de lui : il est celui qui n'ignore pas où le saut " veut en venir ", il est persuadé que sa parole est celle qui aura le plus de poids. Il dénonce la naïveté des deux autres, il se moque de leurs espoirs puérils ; gravement, mais non sans ironie, il leur annonce que le sauteur subit le saut, du début jusqu'à la fin. Chacun de ses éclats de rire vise la destruction, le rabaissement. Il déclare que le sauteur, dans sa globalité, est finalement bien pathétique, tout juste digne de pitié. C'est une chose tout à fait humiliante qu'il apprend à ses auditeurs : le sautant retombera sans pouvoir choisir et, mentant, il répétera indéfiniment ce ratage lamentable. Il est typiquement le cynique, le sceptique, le dogmatique qui affirme la négation. Après cette douloureuse intervention, " l'ayant à sauter ", le premier, très confiant lui aussi, et peu impressionné par ce qui vient d'être dit, prend la parole à son tour. Il sourit sans agressivité, sans méchanceté, car il sait, de façon sereine, que lui seul est dans son bon droit : il est l'origine, la condition de possibilité du saut, comment pourrait-il ne pas entendre mieux que quiconque son sens véritable ? Grand prince, il éprouve de la compassion pour les deux autres, victimes du fanatisme et de la démesure, non dotés de la faculté de nuancer. Rejetant tout dogmatisme, il déclare qu'il est le médiateur, la voie de la sagesse, qui réconcilie les opposés, qui réunit les extrémités. Il affirme que chacun de ses auditeurs a raison, à sa manière, mais que lui-même a plus raison encore en tant qu'il a pu les mettre d'accord. Il est typiquement le critique, le dialecticien, qui affirme la négation et l'affirmation dans le même temps. Finalement, c'est au tour du " sautant ", du second, de donner son avis. Il est le plus discret des trois. Visiblement, les deux discours qu'il vient d'écouter l'ont drôlement affecté ; il paraît amusé, réjoui, semblable à l'endormi qui, après avoir oublié qu'il rêvait, se souvient : ce n'est qu'un rêve, continuons de rêver. Et que dit-il maintenant ? Il dit ceci : "Toi, le dernier, ayant été, tu affirmes la négation, et toi, le premier, l'origine, ayant à être, tu affirmes à la fois la négation et l'affirmation. Moi, le second, étant, j'affirme l'affirmation. Au fond, nous ne sommes pas si "autres" : tous les trois nous affirmons, tous les trois nous affirmons l'affirmation. Je suis celui qui parle votre parole, celui qui rêve votre rêve. Apparemment, vous croyez que la terre vous commande, vous croyez lui obéir sagement ; mais j'ai moi-même inventé cette fiction, obéissant seulement à ma volonté d'être une étoile actuellement suspendue. Séparés de moi, vous n'avez aucune consistance, de même que je ne saurais me poser en votre absence impensable. Au fond, jamais nous ne sommes montés, jamais nous ne descendrons, pour cette simple raison que le contraire est tout aussi vrai. La terre n'est pas une force étrangère. Nous sommes la terre, la différente indéfiniment disjointe. La terre vole, incertaine, au-dessus d'elle-même, pour ne pas se consumer. Typiquement, je suis le dogmatique qui affirme l'affirmation ; c'est ainsi que je suis le seul type, ce seul type. Qui peut ne pas affirmer l'affirmation ? Il y a le saut, c'est-à-dire la vie, la terre, un corps, une pensée, un témoignage, encore. Soyons clairs : je commande, vous obéissez, mais nous ne sommes pas séparés. Soyons brefs : nous, sautant, vilenie d'un maître, nous agissons."

 

 

 

 

Une routine : le clair, l'obscur ; le maître, l'esclave

 

 

Un corps pensant pense qu'il pense pour confirmer joyeusement le miracle : il n'y a rien de plus clair, de plus évident. Mais trop de lumière aveugle, on finit par ne plus rien voir. Ce qui s'offre le plus généreusement devient ce qui se dérobe ; ce qui se montre sans réserve devient ce qui est sèchement occulté ; ce qui est le plus proche devient le plus lointain.

 

La lumière de la tautologie miraculeuse n'est pas seulement trop vive ; elle est aussi trop rapide dans son retirement ; ainsi, semblable aux galaxies les plus lointaines qui s'éloignent de nous à une vitesse si grande qu'on ne les perçoit plus en leur clarté, elle demeure invisible.

 

Le plus clair, le plus évident, trop intense, trop rapide, est obscur. Il devient même toujours plus obscur, car il est toujours plus intense et rapide. C'est ainsi qu'on finit par oublier qu'il est d'abord le clair par excellence ; c'est ainsi qu'il devient simplement invisible, au même titre que toute chose inexistante à laquelle n'est accordée, a fortiori, absolument aucune attention.

 

Nécessairement donc, ce qui devient le plus obscur, c'est ce fait que le plus clair est obscur, s'obscurcit, dans la mesure où le plus clair rejoint finalement tout ce qui n'existe pas. Puisque finalement s'impose l'incapacité de soupçonner l'existence-même du plus clair, la possibilité de saisir son occultation cesse.

 

Voici donc le moyennement clair, qui concurrence le plus clair. Il finit même par acquérir le monopole apparent de la clarté, au fil de l'extinction de ce dernier. Le moyennement clair, c'est la banalité de la routine, la loi de l'ennui, ce qui va de soi. Sous les tièdes projecteurs moyennement clairs, si un corps pensant pense qu'il pense, il n'y a rien de nouveau sous le soleil, et si un saut se manifeste, il n'y a pas de quoi s'extasier, on sait bien de toute façon que la chute adviendra. Probable, prévisible, connu d'avance, trivialement ennuyeux, ne valant pas la moindre once d'enthousiasme, incapable d'étonner : tel est ce qui est moyennement clair. Le moyennement clair n'est ni trop intense ni trop rapide, c'est pourquoi il semble ne perdre jamais sa visibilité exclusive ; il est aussi fade que l'habitude, et aussi moyen que le dressage.

 

La sensibilité au plus clair et la sensibilité au moyennement clair renvoient à deux manières de penser la pensée, c'est-à-dire à deux manières de sentir le saut, lesquelles se rejoignent substantiellement, indéfiniment. La sensibilité au plus clair est une manière chaque fois radicalement nouvelle, différente, d'être suspendu activement entre deux bords de rien ; la sensibilité au moyennement clair est cette manière lasse, apparemment fort peu variable, de reconnaître l'évidence d'un fait qui semble mesurément différent, d'identifier ce qui paraît probablement réactif. Ce n'est qu'en apparence que ces deux manières sont distinctes. Car au fond, elles constituent une seule manière : le pensant, la pesante, est bien toujours et encore une étoile suspendue, un premier mouvement, mais aussi cette balle qui tombe, une continuation ; la sensibilité à la clarté moyenne n'est jamais que l'expression étrange d'une sensibilité à l'éminente clarté, à cette seule clarté, et réciproquement. La clarté moyenne n'a pas d'existence propre, séparée de la clarté tout court (c'est elle aussi, véritablement, la "non visible!"), et réciproquement. La fadeur, la lenteur relative de la lumière ne peut pas ne pas exprimer également et avant tout son extrême intensité, son extrême rapidité, et réciproquement.

 

Intuition, soi : la sensibilité à la plus grande clarté, la joie. Ecoulement, moi : la sensibilité à la moyenne clarté, l'ennui. L'un, discret comme le maître sûr de sa puissance niée, commande. L'autre, bruyant comme l'esclave acquitté, obéit. Ils ont deux styles différents, mais au fond, ils ne sont pas "séparés" : nous agissons.

 

Amusant devenir de la pensée : le maître est toujours plus puissant, c'est-à-dire toujours plus intense et rapide, alors qu'il est aussi toujours moins perceptible, toujours plus discret, tandis que l'esclave, soumis à cette croissante puissance, paraît toujours plus fade et lent, alors que le volume de son trivial tapage augmente continuellement. La manifestation excessive de l'ennui finit par être le symptôme d'une joie d'autant plus débordante qu'elle est très difficilement saisissable. Maîtrise d'un réagissant.

 

Un arrêt : avertissement

 

 

Ces petites touches imagées peintes plus hauts sont tout à fait lucides en elles-mêmes, et ne devraient pas poser plus de problèmes. En effet, au même titre que toute assourdissante intuition, demeurant inaudibles, elles sont suffisantes, dans la mesure du moins où ce qui veut ici se dire est bien cette puissance non-dite d'un vacarme qui s'allongerait désastreux en ce qu'il serait radicalement harmonieux, ou encore absolument moyen. Toutefois, cette suffisance en question n'est pas satisfaisante. Trop précise, trop resserrée, trop immédiate peut-être : elle devient finalement infiniment confuse, telle qu'elle se projetterait pour elle-même vers quelque élitisme extrême, c'est-à-dire vers quelque ultime nullité. Pour tout dire, il faut bien ici-même, sur le chemin à parcourir, s'extravertir, se déplier sans réserve.

 

Tel lion rugissant, en ses moustaches par trop recourbées, eût certes bien pu quitter maintenant la partie, trop heureux de sa monstrueuse joie qui aurait su semer quelques mauvais grains de perplexité équivoque. Mais connaissons-nous bien le danger d'une telle tentation ? Ce poids immense sur le coeur, cette angoisse permanente que son désir aurait suscitée, l'avons-nous pleinement ressentie ? De fait, peut-être pas vraiment, et, de là, effectivement, puisque ce serait justement l'occultation de l'étouffant, son indicible secret, qui l'aurait rendu réel. Pauvre timide lionceau qui se serait ignoré, jusqu'au silence.

 

Par pitié donc, explicitons, soyons mécontents face à ce qui n'est encore que le songe extrême d'une mélodie surpuissante, l'un et l'autre copulant en notre déchirure déchirée, néant d'un sens totalement signifiant. Par pitié, définissons-nous encore.

 

Un abîmé doit s'épancher, une béance doit régresser, une gueule doit s'ouvrir, monstrueuse en sa gerbante et plate lucidité. Quel spectacle peu étonnant en lui-même !

 

 

 

 

 

 

Tout est un

 

Une certaine interprétation du continuum bergsonien, associée à un hégélianisme remanié, devrait nous permettre de penser le devenir des divers secteurs de l’étant.

Le continuum bergsonien, en toute cohérence, implique l’unité de tout ce qui est. L’univers chez Bergson, conçu comme tout, est comparable au vivant en tant qu’individu : il est évolution créatrice, surgissement continuel de l’absolument nouveau. L’univers comme tout, donc, avec Bergson, pourrait bien lui aussi posséder quelque durée pure qui est le propre des données immédiates profondes de la conscience humaine. L’univers pourrait bien renvoyer à une durée non spatialisable, non homogène, à une multiplicité qualitative comparable à une mélodie musicale, en laquelle chaque temps pénètre tous les autres sans que l’on puisse opérer des distinctions tranchées. L’univers, temporellement parlant, pourrait bien être inquantifiable (la physique mathématique étant dès lors apparemment une erreur en soi, car étant incapable de penser ladite évolution créatrice physique).

Une conséquence d’un tel continuum physique qualitatif est la suivante : si l’on veut penser quelque « surgissement » de la matière, alors nécessairement, c’est une seule première matière qui surgira. En effet, au sein d’un continuum qualitatif, deux matières distinctes ne peuvent surgir simultanément. Car pour penser cette simultanéité il faudrait penser ces deux matières distinctes au sein d’un instant t qui serait une sorte d’atome temporel. Mais pour saisir le « moment » de la simultanéité, on est entraîné vers une régression à l’infini. La simultanéité pose une durée simultanée, c’est-à-dire un intervalle de temps en lequel deux étants se manifestent simultanément. Mais il y a là contradiction : tout intervalle contredit l’idée de simultanéité, car il n’est pas instantané. On divisera ainsi davantage le pseudo-atome temporel pour parvenir à ladite simultanéité. Mais encore on tombera sur un intervalle. On cherche l'instant t, mais on ne tombe jamais que sur l'intervalle entre quelque t et quelque t', et ce à l'infini. Une physique rigoureuse, c'est-à-dire ne sombrant pas dans l'aberration logique de la régression à l'infini, pose une première matière surgissante. La physique d'aujourd'hui parle d'ailleurs de singularité initiale de l'univers, conformément à ce point de vue. Là où elle pèche, c'est dans le fait de ne pas voir que le fait de poser cette singularité initiale, ou le continuum bergsonien étendu à la physique, implique l'invalidation de toute mathématisation, de toute spatialisation du temps physique, de toute saisie de la durée du tout physique comme mouvement réduit à quelques intervalles juxtaposés (ou encore : il faudrait penser, si cela est possible, une mathématique de la physique qui serait qualitative, un nombre pensant le mouvement comme mouvement, et non comme intervalle au sein duquel sont juxtaposées des simultanéités).

La singularité initiale de l'univers signifie que tout est un. Car c'est non seulement dans l'évanouissement, mais aussi et surtout dans le surgissement, que l'être d'un phénomène est donné. Cette unité initiale de tout signifie que sa pluralisation, son effectuation, sa division, sa sortie hors de soi, sa segmentation, son expansion, son devenir-autre-que-l'unité, est une façon de confirmer l'unité de départ, de devenir-un-dans-le-pluriel, de devenir-soi dans le devenir-autre-à-soi, de se contracter dans le mouvement même d'explosion surgissante.

S'il y avait deux matières initiales surgissantes, il n'y aurait pas de réunion du tout possible. Il y aurait une division à l'infini, une pure expansion sans force de rassemblement, une explosion indéfinie se décentrant toujours plus, asymptotiquement, une pure linéarité toujours plus complexifiée désespérante, un progrès sans retour dans soi, sans réflexion dans soi, sans sursomption (Aufhebung). Mais en toute logique, selon une logique qualitative, il y a une seule première matière, une singularité initiale, et donc il y a devenir-unité indéfini, effet de spirale, progrès comprenant un retour en soi, sursomption.

Si tout est un, alors la logique qualitative qui règle la physique est aussi la logique du vivant, de l'histoire humaine, et de l'existence humaine individuelle. Hegel lui-même avait eu cette intuition. Tâchons de retravailler sur cette intuition, avec donc pour fil directeur l'idée d'un continuum bergsonien.

I Extension du continuum bergsonien au champ physique

La loi de la gravité suffit à énoncer ce qu'il s'agit d'énoncer. Une planète gravite autour du soleil. Elle « tombe » vers le soleil, et simultanément, à l'intérieur d'un champ gravitationnel de forces, elle « fuit » le soleil. Par une compensation des forces, il s'avère que la planète « tourne » finalement autour du soleil. Il y a là, à la fois contraction (chute) et expansion (fuite), et, finalement : ajustement (révolution). Au fil de son effectuation, de sa pluralisation, la planète tend à s'éloigner toujours plus de ce autour de quoi elle gravite. Mais une force de contraction, un devenir-unité de soi, un repli sur soi sursumant, tend à assurer le maintien d'une trajectoire elliptique.

A l'échelle du tout de l'univers, lequel univers est un individu singulier comparable au tout du vivant, ou au tout d'un individu conscient, il y a bien explosion et implosion simultanées, devenir-ajustement, devenir-un de l'unité initiale dans son mouvement même d'expansion et de complexification (surgissement-évanouissement, en une seule fois, toujours déjà, actuellement et de toute éternité).

 

 

II Extension du continuum bergsonien au champ biologique.

Nécessairement il y a une première vie. La vie au fil de sa particularisation, de sa pluralisation, de son expansion, de sa complexification, de sa spéciation, est aussi devenir-centre, concentration, spécification, réflexion dans soi. Une bactérie donnée engendre une grande variété d'individus. Ces individus se séparent eux-mêmes toujours davantage, au sein d'espèces différenciées. Mais chaque espèce tend à confirmer toujours davantage son être-espèce, tend à préciser ses contours, au fil de la sélection naturelle. Dès lors, la spécification de chaque espèce apparaît comme une manière de confirmer la singularité initiale de la première vie, de rejoindre l'unité primordiale, et de s'identifier au tout du vivant, par-delà les différences qui sont toujours plus, paradoxalement, précisées quoique dissoutes par ce fait même.

 

III Extension du continuum bergsonien au champ historique

L'histoire commence avec l'écriture. L'esprit des peuples se saisit dans l'extériorité d'un signe tracé, et dans cette reconnaissance d'une effectuation de soi par soi, dans cette expansion re-saisie, dans cette aliénation sursumée, plus conséquente encore que l'aliénation liée à l'apparition du mot parlé, lequel n'est pas encore « objet » ou « chose » visible et palpable, dans ce devenir-autre à soi dépassé et conservé, donc, l'unité initiale historique comme conscience reflétante-reflétée surgit. Cette unité dédoublée dans soi se pluralise, se déchire, durant les conflits ou guerres : ici, le signe comme « objet » a priori re-saisi est réifié, il est aboli comme signifié, il n'est plus que pur signifiant. La parole diplomatique est dès lors supprimée elle-même. Il y a donc bien aliénation de l'aliénation sursumée singulière initiale, soit retour à l'unité physique ou biologique pure initiale (destruction, déchaînement de la violence brute). L'humanité se retrouve « elle-même », avant l'humanité, dans son identité à la matière sans conscience. Elle découvre par là sa spécificité d'humanité qui est l'être-aliéné sursumé, qui est la matière physique ou biologique sursumée et dédoublée, précisément en niant ce dédoublement via la violence déchaînée (lutte des classe, des « races », des religions, des peuples, des hommes et des femmes) : c'est lorsqu'une réalité est temporairement détruite que son existence est attestée pour soi.

Le conflit a une vertu « positive », par-delà l'horreur impardonnable, inqualifiable, du désastre qu'il cause : l'humain se connaît lui-même, car ce qu'il est lui-même (l'écrit) a été aboli : il éprouve sa singularité dédoublée, et sursumant le dédoublement, face à son abolition. Le devenir-unité de l'histoire humaine se calque néanmoins sur celui du physique et du biologique : les conflits, le devenir-autre à soi, est aussi une concentration, un retour sur soi, une expérience par laquelle la conscience d'une unité de l'humain s'avère (ainsi, après la deuxième guerre mondiale apparaît un droit international écrit posant la notion de crime contre l'humanité). Mais l'humain historique est unité dédoublée, à sursumer indéfiniment, déchirure constante : le devenir-unité est, soit suicide désespéré, évanouissement sans rassemblement, soit paix perpétuelle. Rien n'est déterminé à l'avance, par-delà les déterminismes physiques et biologiques. C'est l'écrit comme déchirure, et sa négation, la guerre, la déchirure déchirée, qui façonnent cette liberté terrifiante.

Aujourd'hui, au XXIème siècle, « notre héritage n'est précédé d'aucun testament » (René Char). Les traces du passé n'éclairant plus l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres. Le signe n'est plus que « communication », et non transmission d'un héritage mondain solide. Le conflit est spectaculaire, la violence est essentiellement symbolique et psychique (chez « nous » du moins). Dans le meilleur des cas, nous ne percevons plus que la beauté, par exemple, de la Résistance, mais non les mots qui l'accompagnent : car ces résistants n'ont pas su les dire, ou nous n'avons pas les oreilles pour les entendre. Cela étant, nous sommes dès lors capables de dépasser toute téléologie hégélienne pernicieuse et potentiellement totalitaire, par le fait même de notre déroute.

Cette parabole de Kafka s'adresse à nous, et nous avons à la résoudre pour avancer et ne pas périr sous peu : « Il y a deux antagonistes : le premier le pousse de derrière, depuis l'origine. Le second barre la route devant lui. Il se bat avec les deux. Certes, le premier le soutient dans son combat contre le second car il veut le pousser en avant et de même le second le pousse en arrière. Mais il n'en est ainsi que théoriquement. Car il n'y a pas seulement les deux antagonistes en présence mais aussi, encore lui-même, et qui connaît réellement ses intentions ? Son rêve, cependant, est qu'une fois, dans un moment d'inadvertance - et il y faudrait assurément une nuit plus sombre qu'il n'y en eut jamais - il quitte d'un saut la ligne de combat et soit élevé, à cause de son expérience du combat, à la position d'arbitre sur ses antagonistes dans leur combat l'un contre l'autre » (HE).

La force qui pousse de derrière, le passé, est le principe du surgissement : le biologique comme absolue nouveauté au sein de l'éternité physique. La force qui barre la route, le futur, est la physicalité, dont l'éternité signifie notre finitude ; elle est le principe de l'évanouissement, la force qui « inscrit » sur la pierre tombale du dernier homme : « rien de ce qui est humain ne m'est étranger ». Si nous comprenons que ces deux sphères, qui sont pour l'instant deux modalités temporelles différentes pour nous, mais non en soi, sont prises dans le même devenir-un (celui de la matière en général), alors nous pourrons nous ménager un espace au sein de la brèche en laquelle nous tentons de lutter, plutôt que de vouloir quitter le champ de bataille (ce fait de fuir étant idéalisme, lâcheté, nihilisme, négation de l'existence et de l'être ; cf. Hegel, et un certain marxisme). Nous ne serons plus l'élément perturbateur créant une scission temporelle, car les deux modalités du temps que notre existence oppose seront réunifiées dans leur devenir-synthèse, précisément. C'est finalement la durée pure, le continuum bergsonien, qui sera la loi de tout ce qui est (joie, non-scission). Nous aurons su « lire » l'héritage sans testament. Nous aurons su lire ces mots : Celui qui « a épousé la Résistance a découvert sa vérité. »

Les peuples humains à travers l'histoire se pluralisent toujours davantage : mœurs de plus en plus diverses, communautés de plus en plus nombreuses, croyances de plus en plus variées. Mais en même temps, chaque groupe en particulier tend à confirmer ses caractères propres spécifiques, à se centrer. Cette sur-spécification est une façon de rejoindre le tout-un de l'humain. Toute communauté développe toujours plus à fond ses différences propres,et dès lors rend toujours plus possible la rencontre avec d'autres communautés. Dans le réseau en question, le devenir-centre correspond à la multiplication des embranchements reliant les points mis en réseau.

Des groupes d'hommes fanatiques ou violents n'ont pas développé à fond la spécification de leur communauté (ainsi des fanatiques musulmans, des intégristes chrétiens, ou des sionistes ultranationalistes, qui ne savent pas lire les textes sacrés). Mais ces hommes pourtant, éventuellement, dévoilent l'humain déchiré à lui-même, et signifient une volonté de sursomption (volonté peut-être jamais satisfaite néanmoins).

 

IV Le continuum bergsonien dans le cadre d'une existence individuelle

Le saut qualitatif qu'est la naissance d'un individu détermine son identité de vivant animé. La continuité qui détermine l'acquisition du langage est une singularité initiale qui est également conditionnante.

Mais l'essentiel reste l'amour. Le premier amour, la mère, le père, ou l'amant(e) initial(e), conditionne une tonalité affective globale. Chaque nouvel amour est la quête de la disposition et de l'intensité du premier. C'est à la fin de ce nouvel amour que l'on découvre ce qu'était le premier, toujours déjà : une épiphanie. L'extase peut être forte. Une certaine déception également. Il faut savoir épouser la grâce : la continuité du mouvement, un geste en anticipant un autre, au sein d'un espace-temps courbe et ouvert, non fragmenté...

 

 

 

Le soliloque du perroquet

 

 

Introduction :

 

Voici une série d'affirmations relatives à l'apparition. Voici une apparition. Il y a une seule affirmation, car il y a une seule apparition.

 

Affirmation 1 : Une apparition est ce qui se passe actuellement : un vivant lit, écrit.

 

Explicitation :

 

Une apparition est ce qui se passe au sein de l'actuel, et non ce qui arrive dans quelque arrière-monde consolateur, seulement possible.

 

Une apparition est la vie et l'écriture, puisque tout ce qui arrive ici-même, c'est la vie et l'écriture, un vivant qui écrit, un vivant qui lit.

 

Affirmation 2 : Il y a une seule apparition

 

Explicitation :

 

Il y a une seule apparition, car il y a une seule vie qui se pose actuellement.

 

S'il y avait deux vies qui se posaient actuellement, alors il y aurait deux apparitions distinctes. Mais cela n'est pas le cas.

 

Il y a une seule apparition : cette apparition.

Affirmation 3 : Cette apparition est nécessaire

 

Explicitation :

 

Cette apparition, la vie, ne peut pas ne pas se poser.

 

S'il n'y avait pas la vie, alors cette apparition, la vie, serait impossible.

 

Mais il y a la vie, par laquelle cette apparition est nécessaire. Qui a le pouvoir de ne pas vivre, de ne pas soutenir cette apparition ? Personne.

 

Affirmation 4 : Cette apparition est l'ouvert et la puissance.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, la vie, est ce qui apparaît là-devant, là-dedans, elle est ce qui est offert, ce qui s'ouvre.

 

Cette apparition, la vie, est le fait de recevoir ce qu'il y a, elle est la réception-émission d'une intensité, d'une qualité : puissance.

 

Cette apparition est l'ouvert qui annonce la puissance qui annonce l'ouvert.

 

Affirmation 5 : Cette apparition est toute la vie qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, la vie, est toute la vie qui s'éprouve elle-même actuellement, ou qui s'ouvre à elle-même, ou qui a la puissance de se recevoir elle-même.

 

Cette apparition, la vie, est toute la vie qui s'auto-affecte actuellement, c'est-à-dire qu'elle est toute la vie qui sent son propre corps affecté par son corps propre, actuellement.

 

Cette apparition, la vie, est toute la vie qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière, de cette seule manière dont la vie est susceptible de s'auto-affecter.

 

Affirmation 6 : Cette apparition est toute la vie "passée" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière.

 

Explicitation :

 

Il y a actuellement une "première vie" qui surgit, unique, unifiée, joyeuse, il y a actuellement cette minuscule cellule qui se sépare, qui se déploie généreusement dans l'espace-temps : voici les premiers arbres qui se dressent, les premiers animés qui se meuvent, les premiers humains qui marchent, parlent, désignent manuellement... voici les premiers poètes, les premiers philosophes, tels qu'ils découpent le langage... voici la guerre, les invasions, les totalitarismes, le capitalisme et ses dérives, cette vie qui se refoule-séduit, ce sado-masochisme... voici tel amour, telle joie singulière, cette vie qui se reconnecte à elle-même... voici la copulation, le choix des parents ou des grands-parents, cette joie qui actualise une joie présente... voici donc toute cette vie "passée" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière.

 

Un vivant qui écrit, lit, respire, aspire, touche, sent, voit, écoute, et surtout goûte, d'une certaine glorieuse manière, et ce sans jamais vraiment inspirer, sans jamais vraiment expirer : cette apparition.

 

Affirmation 7 : Cette apparition est toute la vie "présente" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière

 

Explicitation :

 

Il y a ici une diversité joyeuse qui s'auto-affecte présentement, de façon actuelle d'une certaine manière, sur la totalité du globe, au sein d'une simultanéité insécable.

 

Ce vivant qui écrit ou lit est cette diversité "présente". En lui, cette diversité s'affirme d'une manière certaine, puisqu'il respire, sent, goûte d'une certaine manière.

 

En cette apparition, il y a cette diversité "présente". Cette apparition est cette diversité présente.

 

 

Affirmation 8 : Cette apparition est toute la vie "à venir" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière

 

Explicitation :

 

Il y a actuellement la possibilité de la paix.

Cette vie "à venir" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière n'est rien d'autre que ce vivant qui lit, écrit, aspire, respire, sent : goûte.

 

Affirmation 9 : Cette apparition est un espace ouvert et continu, non fragmenté a priori.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, toute la vie qui s'auto-affecte, n'est pas seulement ce qui est visible juste "là-devant". Elle n'est pas "un livre", ou "du papier-cadavre-d'arbre", ni même "des mains". Elle est bien plutôt l'ouverture sur toute la vie de l'univers, cet espace qui se déploie et qui se ramasse constamment, toujours plus puissant, toujours plus plein, jamais limité, jamais fragmenté a priori.

 

 

Affirmation 10 : Cette apparition est une temporalité ouverte et continue, non fragmentée a priori.

 

Explicitation :

 

Celui qui cligne ses deux yeux, celui qui se laisse fragmenter par des battements de coeur, celui qui divise ses membres pour énoncer quelque métronome discontinu, celui qui croit apercevoir "plusieurs vies", celui qui pense pouvoir éprouver le "néant", celui-là est peut-être incapable de sentir la continuité de l'actuel impermanent, ou de sentir l'ouverture temporelle de cette apparition.

 

Pour faire taire ce fâcheux mécréant qui vous trahit, il faut simplement poser deux simples questions :

 

- Y a-t-il une seule vie qui ne se poserait pas actuellement ? Non, bien sûr.

 

- Y a-t-il une seule vie en laquelle toute la vie ne se poserait pas, avant et après elle ? Non, bien sûr.

 

Point final.

 

Affirmation 11 : Cette apparition est un espace-temps ouvert et continu, non fragmenté a priori.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, toute la vie qui s'auto-affecte, se déploie simultanément dans l'espace et dans le temps, au fil de sa progression, au fil de sa perte séparée certainement.

 

Cet espace est ouvert, cette temporalité est ouverte, cet espace-temps est donc, a fortiori, ouvert.

 

Cette apparition et le cosmos tout entier sont à l'unisson.

 

 

 

Affirmation 12 : Cette apparition est éternelle

 

Explicitation :

 

Cette apparition, toute la vie qui s'auto-affecte actuellement, est une temporalité ouverte et continue.

 

Avant la vie, il y a la vie, actuelle. Après la vie, il y a la vie, actuelle. Evidence d'une éternité, rejet indéfini d'une indétermination.

 

Affirmation 13 : Cette apparition est l'éternel retour du même.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, toute la vie qui s'auto-affecte, est éternelle, mais elle est aussi un déploiement progressif (cf. Affirmation 11).

 

Cette apparition, toute la vie qui s'auto-affecte, est éternelle, mais elle est aussi une "première" vie (cf. Affirmation 6).

 

Synthèse = Retour éternel du même.

 

Affirmation 14 : Cette apparition est la conséquence d'une disparition

 

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, est la conséquence de la disparition de "tout ce qui a vécu", de tout ce qui s'est déployé.

 

Cette apparition, un éternel retour, est la conséquence d'une disparition, elle est un "au-delà".

 

 

Affirmation 15 : Cette apparition est une anamnèse

 

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, est le souvenir d'elle-même, telle qu'elle s'est déjà produite "autrefois" ou "bientôt".

 

Cette apparition est une pluie d'or, ou Danaë, elle donne la juste impression d'être une répétition.

 

Affirmation 16 : Cette apparition est la saisie du souffle, la saisie d'elle-même.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, telle qu'elle s'identifie à toute la vie qui s'auto-affecte, ou à son éternel retour, est la saisie du souffle.

En effet, le vent vivant, tiède et âcre, tel qu'il traverse les montagnes, est cet accès immédiat à la vie qui respire, toujours et encore dans cet espace-temps ouvert et continu.

 

 

 

Affirmation 17 : Cette apparition est rigolote.

 

Explicitation :

 

D'une part, cette apparition est rigolote et moqueuse de par le fait que toute sa profondeur sacralisée est contenue dans le pet, le vent, la respiration, toutes ces choses triviales et quotidiennes.

 

D'autre part, cette apparition, un éternel retour, est rigolote, car elle se conjugue à telle obsession attachée à quelque "au-delà", alors qu'elle est elle-même cet au-delà.

 

 

 

Affirmation 18 : Cette apparition est la joie, la faveur, le plaisir, l'ennui étonné

 

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, est la joie car elle est rigolote (cf. Affirmation 17).

 

Cette apparition, un éternel retour, est la faveur, car elle est l'affirmation qui rejette toute expiration possible.

 

Cette apparition, un éternel retour, est le plaisir, car elle est toujours chaque fois cette vie "à venir" qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière, car elle est la saisie effective de la possibilité d'une paix.

 

Cette apparition, un éternel retour, parce que tout ce qui vit a les yeux mi-ouverts, et cligne son seul œil, est un ennui étonné.

 

Affirmation 19 : Cette apparition est écoutée par un seul sentir.

 

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, toute la vie qui s'auto-affecte, n'est pas la réalité perçue par quelque "entendement" isolé, ou par les dits "5 sens" détachés les uns des autres, ni même par quelque "Mâle humain" qui serait doté de "facultés spécifiques".

 

Cette apparition, un éternel retour, toute la vie qui s'auto-affecte, est écoutée par une seule oreille, l'oreille d'un chat, d'une jument, d'un cochon d'inde, d'un moucheron, d'un arbre, d'une bactérie, en un mot ledit sens est oreille ou nez du sur-vivant et de son homéostasie non-neutre.

 

Que perçoit cette oreille, ce sentir, ce goût ?

 

Elle perçoit, écoute, l'écho, l'éternel, l'insistance, à défaut d'entendre l'ek-sistence.

 

 

Affirmation 20 : Cette apparition est un seul langage

 

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, toute la matière qui s'auto-affecte, n'est pas quelque somme de "mots" audibles seulement par quelque "espèce humaine" détachée de tout sens générique. Elle est hurlement à la lune, coups de sabots, miaulement d'une bestiole qui irrite, au même titre que tout Pharma-cône.

Elle est un seul langage, où il n'y a pas de négation niée ou néfaste, puisque la vie ne peut se nier, cette non-niaise vie.

 

Elle est un seul langage, où il n'y a "pas" de distinction, car elle est une assurément, oui bien ce seul langage où il n'y a "pas" de dualisme, où le mal est donc simplement différent du bon, mais aussi le laid du moche, le faux de l'adéquat, l'extérieur de l'intérieur, l'intelligible du sensible, le passé de l'avenir, l'espace du temps, l'abstrait du concret, la durée de l'éternel, le mode de la substance, la mort de la vie, le biologique du physique. Unité insécable.

 

Un seul langage, qui répète toujours : Point. Vie. Matière. Affirmation (et leurs variations : leur dépliement).

 

Apparition = un seul langage = univocité, affirmation focalisée.

 

 

 

 

Affirmation 21 : Cette apparition est Dieu(e) :

Explicitation :

 

Cette apparition enveloppe toutes les propriétés qui constituent l'essence, l'insistance de Dieu(e) : elle est une (cf. A2), elle est nécessaire (cf. A3), elle est la puissance (cf. A4), elle est omniprésente, omnisciente et omnipotente, car elle est toute la vie qui s'auto-affecte actuellement d'une certaine manière (cf. A5, 6, 7, 8), elle est éternelle (cf. A9, 10, 11, 12, 13), elle est l'au-delà (cf. A14), elle est inondée de lumière (cf. A15), elle a l'humour des seigneurs (cf. A17), elle est le souffle (cf. A17), elle est un seul sens, une seule oreille (cf. A19), elle est un seul langage (cf. A20).

Cette apparition est Dieu(e), nous sommes, en tant que sur-vivants, des dieux les un pour les autres, et l'androgyne céleste qui nous transcende peut-être est très suggestive dans sa malice : divinité déviée, divinité verticale.

 

 

 

Affirmation 22 : Cette apparition est un destin

Explicitation :

 

Cette apparition, un éternel retour, toute la vie qui s'auto-affecte, est un destin.

A l'origine elle est une : la première. Puis elle se pluralise, et enfin se réunifie, pour se remémorer soi, pour se reconstituer une, originelle.

 

Après les divisions et destructions, la paix ?

 

 

 

 

 

Affirmation 23 : Cette apparition est désobstruée

Explicitation :

 

Il faut désobstruer l'histoire de l'apparition, nous conseille Heidegger. Cela signifie qu'il faut rechercher dans l'histoire la pensée la plus primitive, celle à partir de laquelle nous pesons l'Être, ladite apparition.

Oui, il faut aller chercher les plus anciens, ce qui sont au plus proche de notre "à venir", en tant qu'ils s'en souviennent très clairement.

Ces penseurs sont les égyptiens, les indiens, les australiens, etc. Ils nous promettent en le suggérant cet éternel retour...

 

 

Affirmation 24 : Cette apparition est amour

Explicitation :

 

Cette apparition est l'amour, car elle est l'humour, ce présent souvenu en une seule fois, et ainsi inondé d'une clarté miraculeuse quoique banale.

Le visage d'un être que vous finirez par aimer follement, lorsqu'il surgit pour la première fois, est incandescent, et vous ne pouvez l'expliquer : c'est qu'il est votre avenir, dont vous vous souvenez, une promesse, dont vous savez qu'elle est tenue, une vie, que vous avez déjà vécue, et ce pour toute l'éternité.

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