Note sur le capital commercial
Dans le livre II du capital, Marx donne la formule du capital industriel (en tant que capital-argent) : A-M-P-M'-A'. A Désigne l'argent initial injecté dans le procès de valorisation (il peut être partiellement prêté par le capital financier). M désigne les marchandises productives, les moyens de production : matières premières et auxiliaires – capital constant circulant –, machines et bâtiments – capital constant fixe -, et force de travail – capital variable circulant-. P désigne le moment de la production : extraction de survaleur via l'exploitation du travail vivant, lequel effectue en effet un surtravail. M' désigne les marchandises produites, qu'il faut écouler sur le marché, pour réaliser la (sur)valeur. A' désigne la somme d'argent initiale + la survaleur.
Si la marchandise produite n'est pas vendue sur le marché, la valeur n'est pas réalisée. En outre, il s'agit d'accélérer la rotation de ce capital-argent productif, pour augmenter le taux de profit. Autrement dit, M' doit se convertir en A' le plus rapidement possible.
Le capital commercial vise la réalisation de la valeur de M', et l'accélération des cycles de rotation du capital productif. Il se formule ainsi : A-M-A'. A est la somme d'argent investie pour acheter les marchandises produites par le capitaliste industriel, qu'il s'agit de vendre sur le marché. A' est le profit commercial. Comment ce profit se réalise-t-il ? Marx l'explique dans le livre III du Capital. A vrai dire, le capitaliste commercial achète les marchandises en-dessous de leur prix de production (le prix de production étant : coûts de production + taux de profit moyen). Dès lors, il ponctionne une part de la survaleur sur le capital industriel pour réaliser son profit. On constate dès lors que le capital commercial est improductif, et que son profit dépend de l'exploitation du travail vivant par le capital industriel. Si la rotation du capital commercial ralentit, la rotation du capital industriel ralentit, et dès lors le taux de profit diminue. La crise commerciale s'explique de cette manière. Elle peut être liée à une sous-consommation, qui est la résultante de rapports antagoniques entre salaires et capital.
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